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Publié en ligne le vendredi 26 février 2016
 

La plombée est régulièrement le centre d’intérêt, de discussion, voir de polémique, quand on parle de pêche aux appâts naturels. Il est en effet évident que le poids des cendrées mis en œuvre est très important mais le comportement de la ligne, donc sa "capacité à pêcher" est intimement lié à la disposition et à l’étalement de ceux-ci. Les principes de base n’ont rien de complexe dans la confection d’une bonne plombée, encore faut-il suivre scrupuleusement quelques règles incontournables et s’y tenir strictement.

Texte et Photos Christophe BOUET

 

La pêche au toc a toujours été une des pêches de la truite la plus abordable. D’une part pour le peu de matériel à posséder pour la pratiquer et d’autre part pour le côté dépouillé et simpliste de son action et de ces montages : Quelques plombs pincés sur du fil et un hameçon suffisent. A l’époque où les truites étaient plus nombreuses et les pêcheurs un peu moins, on pouvait se permettre de pêcher assez lourd avec des plombées surdimensionnées traînant sur le fond. On changeait plus volontiers de poisson que de tactique car la canne, le nylon, les plombs, l’hameçon ou l’appât présenté n’était pratiquement jamais remis en cause. Mais tout évolue, et devant des poissons plus éduqués et un peu moins abondants, les pêcheurs se sont mis à se poser des questions. Ceux qui n’ont pas voulu progresser, ou qui ont abandonné en cours de route, proclament à qui veut bien les écouter qu’il n’y a plus de vrais poissons sauvages, puisque leurs seules prises se résument à des truites de kermesse. Les autres, ceux qui ont compris que la réussite nécessitait une évolution naturelle de la technique, ont modifié judicieusement leur matériel, réduit le diamètre du nylon et ont réalisé que sous la simplicité anodine de la plombée se cachait un élément essentiel à maîtriser correctement.

La bonne plombée est une des clés du succès

L’élément déterminant qui va donc conditionner la bonne pratique de la pêche aux appâts naturels est sans nul doute la plombée. Je pourrais même parler des plombées, tant il est évident que la plombée unique et polyvalente n’est qu’une utopie. C’est un peu l’artificiel du pêcheur à la mouche, qui doit rechercher en permanence, coup après coup, secteur après secteur la recette idéale pour leurrer la reine des eaux vives. C’est pourquoi la plombée ne doit pas être construite par hasard et des règles élémentaires et indispensables doivent être prises en considération. Il est certains que le poids des cendrées ne sera pas suffisant pour réaliser une ligne pêchante, car la manière dont on va les disposer, tant dans l’étalement que dans la succession, aura bien sûr son importance.

Plusieurs paramètres définissent une plombée adaptée

Le but à atteindre est donc de constituer une ligne qui puisse laisser dériver de façon naturelle un appât dans une veine de courant de façon à le conduire discrètement jusqu’à la gueule d’une truite. En partant de cette évidence, il s’agit de répondre au mieux à trois critères qui vont déterminer le réalisme de notre montage. En premier lieu, il faudra nécessairement adapter le poids de la plombée à la puissance du courant, facteur essentiel à parfaitement maîtriser par chaque pêcheur au toc : c’est ce que l’on appellera le critère vitesse du courant. Il faut ensuite tenir compte de la profondeur de pêche qui va être conditionnée par les postes des poissons. En effet, en fonction de la saison, donc, invariablement, de la température de l’eau de la rivière, dame fario se positionnera plus ou moins profondément pour accorder sa tenue à son confort métabolique. Ce critère de profondeur de pêche influencera alors de manière significative la position des cendrées sur le bas de ligne. Le troisième et dernier critère, lui aussi partie prenante dans la disposition des plombs est le type de poste pêché. Peu fréquemment remis en question lors de sa partie de pêche, la plombée doit en permanence s’adapter à chaque situation rencontrée pour pouvoir régler au plus juste le comportement de la ligne : c’est le critère configuration du poste.

La progressivité de la plombée

La progression du poids des plombs sur le bas de ligne doit être impérativement respectée. Le premier plomb, au plus proche de l’hameçon, appelé plomb de "base" ou également plomb de "touche", sera toujours le moins lourd. Puis la grosseur des autres cendrées ira régulièrement en augmentant jusqu’à la dernière, la plus haute sur la ligne. Cette progressivité est absolument nécessaire pour obtenir une ligne souple, sans cassure et d’une présentation aussi naturelle que possible. C’est d’ailleurs la quête des pêcheurs au coup et des pêcheurs à la mouche qui recherchent souplesse et discrétion dans la présentation de leurs appâts ou de leurs mouches artificielles, s’adressant chacun à des poissons particulièrement méfiants. Le même principe de progression est alors utilisé pour leurs bas de ligne, en se conformant très scrupuleusement à ce système de "queue de rat". L’extrémité pêchante, moins lourde et donc plus sensible et plus discrète, aura alors toutes les chances d’être entraînée en premier par le courant pour se présenter idéalement à la truite en poste (voir croquis 1).

La répartition des cendrées

Le comportement de notre ligne ne peut être naturel que si l’on respecte la progression croissante du grammage des plombs en remontant sur la ligne, mais aussi la progression dans la répartition des cendrées. En effet, la distance entre les plombs doit être décroissante et régulière au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’hameçon sans jamais déroger à cette règle capitale. Espacés progressivement entre eux, les plombs ainsi disposés vont contribués à assouplir la ligne, dictée par la nécessité d’une conduite fluide dans le courant. Plus l’espacement sera important, tout en respectant cette condition de progressivité d’étalement, plus on disposera d’une ligne souple, volante et légère, qui sera particulièrement adaptée à la prospection des grandes veines de courant constant, comme par exemple les radiers. Al’inverse, en resserrant les cendrées, on va posséder, même avec un poids de plombs identique, une ligne plus massive, disposant obligatoirement d’une moins grande liberté d’action. Ce type de montage, pénétrant plus rapidement dans l’eau, est à rechercher pour pêcher une zone restreinte, souvent courte, que l’on rencontre fréquemment en ruisseaux et en petites rivières rapides. Cet étalement progressif doit aussi prendre en considération le critère de profondeur de pêche que l’on a évoqué précédemment et lié essentiellement à la tenue de miss fario. Postée, par eaux froides d’ouverture par exemple, en bordure, dans des amortis de courant à proximité du fond, elle est généralement peu disposée à faire de long déplacement pour se saisir d’une proie. On devra donc concevoir une plombée moins étalée et concentrer celle-ci vers le bas pour devenir plus compact. Celle-ci évoluera plus profondément et travaillera doucement sur chaque poste avec un appât lourd tel que les vers ou les teignes. Le contraire est également de mise pour pêcher par eaux chaudes d’été, entre deux eaux ou même juste sous la surface, des truites très mobiles et plus que jamais exigeantes sur une présentation offrant une grande liberté à un appât normalement plus léger -mouche de maison, larve aquatique, sauterelle- qu’en début de saison. Ceci est possible même avec un poids total de plombs identiques. Il est alors nécessaire d’espacer beaucoup plus les cendrées entre elles et de placer l’ensemble de la plombée bien plus haut sur la ligne (voir croquis 2).

L’importance du plomb de "touche"

Je prenais tout à l’heure l’exemple des pêcheurs au coup en parlant de la progression dans la succession et dans l’étalement de la plombée. Il est judicieux de se servir de leurs conceptions au sujet du plomb de terminaison pour optimiser notre ligne. Dernier maillon de la plombée, c’est lui qui va positionner notre appât à l’endroit où l’on désire le faire. Mais c’est aussi lui qui va avertir la truite que quelque chose d’anormal bride l’appât qu’elle tient en bouche. Il faut donc établir un compromis entre ces deux éléments en s’obligeant à placer le plomb de "touche" au plus près de l’hameçon pour pêcher précis, mais suffisamment éloigné pour ne pas entraver la sensibilité de la ligne. Sur des coups très réduits et agités, il convient de limiter la distance entre l’hameçon et le plomb de "touche" à 6-8 cm au maximum, empêchant ainsi les multiples courants adjacents de faire sortir l’appât du poste sans que nous nous en apercevions. Cela pourrait toutefois être fréquent et invisible à nos yeux de pêcheur si la liberté de l’appât était plus grande. Par contre, une distance de 10-15 cm me paraît fort raisonnable sur des postes de pleine eau (plages, radiers, grandes veines de courant) alliant à la fois discrétion, contrôle de la ligne et sensibilité du montage. Il est évident qu’avec cette proximité entre le plomb de "base" et l’hameçon, les touches deviendront bien plus rapides et plus brèves, mais nous y gagnerons assurément en sensibilité, en sensation, mais surtout nous arriverons à maîtriser au mieux la conduite précise de notre appât là où nous voulons qu’il passe. Si l’on s’efforce de respecter ces règles, alors la conception de la plombée semblera beaucoup plus simple et nos belles mouchetées nous paraîtront... bien plus nombreuses.

 
 
 

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