Accueil >> Pêche de la truite >> Pêche aux appâts naturels  
 
Voir tous les articles de la rubrique "Pêche aux appâts naturels"
La pêche de la truite
Connaissance de la truite
Pêche à la mouche
Pêche aux appâts naturels
Pêche au vairon manié
Pêche aux leurres
Tactique de pêche
Gestion et aménagement
Le club de la truite
Le jeu annuel
La lettre de la truite
Les cadeaux du site
La boutique
Les Salmonidés
Une grande famille
Les services du site
Les recettes de cuisine
Les petites annonces
Foire aux questions
Les forums
Le niveau des rivières
Information et actualité
Le matériel de pêche
La presse halieutique
Les belles prises du site
Les salons / expos
Le dictionnaire de la pêche
L'art halieutique
Les coins de pêche
Les bons coins en France
Les bons coins à l'étranger
Parcours et réservoirs
L'annuaire de la truite
Zoom sur un site
L'annuaire du site
La pêche en France
Les fédérations de pêche
La pêche et la loi
La réglementation
La réciprocité
Contactez-nous
Administration du site
Nos coups de cœur
 
Concentrée ou étalée ?
Publié en ligne le vendredi 3 février 2006
 




Eminent spécialiste de la pêche aux appâts naturels, Marc Delacoste à toujours défendu la simplicité en matière de pêche au toc.
Toutefois, même si la plombée de la ligne se doit aussi d’être volontairement simple pour être efficace, elle revêt néanmoins une importance de tout premier ordre.
C’est pourquoi il n’est pas inutile de rappeler quelques principes fondamentaux sur l’étalement et la composition d’une des pièces maîtresse de la technique : la plombée.

Texte de Marc DELACOSTE
Photos : Christophe BOUET

Avec l’aimable autorisation de

 

Aux yeux des profanes, la plombée n’est qu’un détail, matérialisé par quelques « petits grains » de plombs pincés sur la ligne. Mais le pêcheur au toc en dérive naturelle sait toute l’importance qu’elle revêt. Et aux yeux du débutant, c’est une perpétuelle source de doutes. Ces interrogations ont déjà « torturé » plusieurs générations de pratiquants, et constituent un sujet de réflexion quasiment inépuisable. Rappelons pour mémoire qu’à la pêche au toc en dérive naturelle, le pêcheur doit faire dériver sa ligne naturellement dans les courants où sont postées les truites. La plombée doit varier pour être ajustée aux conditions de pêche du moment et assurer une dérive correcte et si possible tendant vers l’optimale.

Le poids

La première des variations possibles qui vient à l’esprit est bien évidemment le poids. Le fait de disposer plus ou moins de plombs sur la ligne change en effet radicalement la présentation. Mais c’est loin d’être le seul ajustement possible. La plombée peut également varier par d’autres biais, notamment son étalement. Ainsi, pour un poids donné, une plombée peut être constituée d’un nombre de plombs variable, ces derniers pouvant en outre être plus ou moins espacés. De sorte que, bien que pesant autant, la plombée pourra être plus ou moins étalée ou concentrée, ce qui lui confère sous l’eau des comportements différents. Lesquels ? Et quels avantages et inconvénients présente chaque option ?

Vite au fond

Une plombée concentrée, constituée de quelques plombs rapprochés les uns des autres, est plus compacte et plus dense que si elle est étalée. Elle « perce » donc plus facilement les courants de surface et se met en place rapidement. A partir de là, il est aisé d’en déduire qu’elle est idéale pour pêcher les courants rapides et les postes de dimensions réduites. C’est particulièrement le cas des parcours torrentueux, dans lesquels l’appât n’a que peu de temps et de place pour arriver au fond, dans la zone de touche. Une plombée concentrée répond parfaitement à ces impératifs. Elle est également tout à fait indiquée dans les ruisseaux, où les courants sont certes moins tumultueux que dans les torrents, mais où la dimension réduite des postes avantage une plombée de petite dimension et donc concentrée. En fait, c’est la technique la plus simple. Elle donne en outre une ligne qui réagit rapidement et répond « au scion et à l’oeil ». Pour ces raisons, je dirais qu’il faut l’utiliser chaque fois qu’elle peut l’être.
Mais la plombée concentrée a ses inconvénients comme ses limites. Par exemple, elle provoque une « cassure » sur la ligne, cette dernière étant alors nettement moins souple. Elle entraîne par conséquent une prise de contact quasi immédiate entre le pêcheur et la truite, ce qui peut être la cause de nombreux manqués si le ferrage n’est pas instantané. Avec une plombée concentrée, il ne faut pas dormir et être surpris par la touche. Distraits s’abstenir !
Cependant, elle réduit encore les problèmes d’engamage, qui sont déjà rares lorsqu’on pêche en dérive naturelle. En outre, la plombée concentrée est forcément limitée en poids. Au-delà d’un certain grammage en effet, elle est trop accrocheuse pour être utilisée en dérive naturelle. Mais nous entrons là dans le domaine des grandes cannes et des plombées portées à l’aplomb du scion...

Plus souple

Quand elle ne convient pas, on optera pour une plombée étalée. C’est souvent le cas lorsqu’on doit pêcher lourd en dérive naturelle. Des plombs plus nombreux et donc plus petits, mais aussi répartis sur une longueur de ligne plus importante, forment une plombée étalée plus souple et bien moins accrocheuse. Dans son livre L’Art de pêcher la truite, paru en 1952, Léon Foch indique que des pêcheurs utilisent des plombées constituées de plus de 50 plombs. De véritables « serpents » !
Il s’agit là d’exemples extrêmes bien entendu, que Foch ne cite que pour mieux les dénoncer. Mais ça illustre bien l’esprit de cette plombée, diluant son poids sur plus de longueur afin de réduire sa densité. En plus des pêches lourdes, les plombées étalées sont également intéressantes dans les cas où les courants sont juste assez « porteurs ». La pêche au toc en dérive naturelle nécessite en effet des courants pour faire vivre et dériver la ligne. Mais il arrive que ceux-ci soient faibles et à peine suffisants. Pour obtenir une évolution correcte du montage, outre bien sûr le fait de l’alléger, il est judicieux également d’étaler la plombée en diminuant le poids de chaque plomb et en les étalant sur une longueur de ligne plus importante. La plombée ainsi constituée est plus portée, a moins tendance à descendre et évolue plus en « suspension ». Lorsqu’on sait que cette évolution un peu décollée correspond mieux au comportement des truites dans des eaux réchauffées, on comprendra évidemment tout l’intérêt des plombées étalées dans les difficiles conditions estivales, avec leurs eaux basses et réchauffées.

Progressive

En franchissant encore un pas dans la complexité, on peut également constituer des plombées étalées progressives. Cette technique consiste à diminuer le poids à mesure qu’on s’approche de l’hameçon. Du « Iourd » côté canne et du « léger » côté appât, en quelque sorte. Cette progressivité peut s’obtenir de trois façons : en diminuant la taille des plombs (et donc leur poids) à mesure qu’on s’approche de l’hameçon, en augmentant leur espacement à mesure qu’on s’approche de l’hameçon, ou en couplant les deux et en jouant ainsi à la fois sur le poids des plombs et sur leur écartement.
Ces plombées sont certes moins souples que les plombées étalées non progressives, mais présentent tout de même des avantages. Elles permettent notamment d’utiliser du poids pour percer de forts courants tout en bénéficiant de souplesse pour mieux présenter et ne pas se trouver « sur le raide » dès qu’une truite s’empare de l’appât. Elles sont tout indiquées pour pêcher les grandes rivières, qui possèdent des veines de courant puissantes et profondes. Cette configuration nécessite du « lourd » pour percer les courants de surface et descendre près du fond où sont postées les truites, tout en présentant bien dans des postes assez vastes où les poissons peuvent se montrer sélectifs. Il faut donc utiliser des plombées performantes, à mettre en oeuvre chaque fois que la plombée concentrée ne peut être employée.
Cependant attention aux excès comme une dégressivité qui n’en finit plus et des plombs déclinés au demi-numéro ! Et évitons les idées reçues. Je pense notamment en écrivant ces mots au mythe de « l’arrondi » sous l’eau, qu’est censé permettre une plombée progressive si on la retient un peu. Voilà bien une pure vue de l’esprit, matérialisée par de beaux schémas, tout à fait valables sur le papier mais plus rarement sous l’eau, hélas. A moins de pêcher directement à 90° de la pointe du scion, il est rigoureusement impossible de former cette gracieuse courbe qui assurerait une présentation optimale. Ce serait trop beau ! Mais ce n’est pas pour autant que la plombée progressive doit être abandonnée, ses avantages étant indéniables dans certains cas.

Comme au coup

La question de l’étalement n’est pas spécifique au toc en dérive naturelle. C’est en fait un sujet qui concerne toutes les pêches basées sur le comportement alimentaire des poissons, quels qu’ils soient, et pour lesquelles la présentation naturelle d’un appât est primordiale. Comme au coup, par exemple...

 
 
 

Espace publicitaire pechedelatruite.com

Copyright © Pechedelatruite.com