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La pêche en nymphe
Publié en ligne le lundi 2 juin 2008
 




Bon nombre de pêcheurs hésitent avant de pratiquer la pêche à la nymphe, technique qu’ils pensent être plus difficile à maîtriser que la pêche en sèche ou en noyée.
Cependant, plus facile à apprendre qu’on veut bien le laisser croire, cette technique de pêche à la mouche est devenue incontournable pour le moucheur et probablement l’une des plus productives.
Petit tour d’horizon d’une technique aussi subtile que passionnante.

Texte Christophe Bouet
Photographies Lionel Armand et Christophe Bouet

 

Il fut un temps ou l’absence de gobages sur une rivière était synonyme de pêche en mouche noyée. Ce « ratissage » systématique de tous les courants susceptibles d’abriter des truites en activité était certes rentables mais nombres de postes, notamment en bordures, étaient bien souvent ignorés. Ainsi, pour aller chercher les poissons qui se trouvaient en dehors des veines de courant habituellement « peignées » avec une mouche noyée, les premières présentations « travers » ou « amont » firent leur apparition. De la même manière, les mouches prirent progressivement du poids afin d’aller chercher au plus profond des truites qui refusaient de monter chercher sous la surface une mouche noyée. Ce changement radical de technique de pêche donna naissance à ce que l’on appelle aujourd’hui la pêche à la nymphe. Ainsi, certains pêcheurs imaginatifs et innovants comme Jean-Pierre Guillemaud, plus connu sous le sobriquet de PIAM, ont développé une technique à part entière visant à exploiter un niveau d’eau qui ne l’était pas jusqu’alors en proposant aux truites des insectes pendant leur stade larvaire.

Un matériel adapté

Il est bien évident que pour pêcher avec des mouches parfois très lourdes, il était nécessaire de faire aussi évoluer son matériel. Ainsi, les cannes à mouche sont devenues plus puissantes et plus rapides afin de pouvoir propulser des nymphes lestées de plombs puis plus récemment de tungstène. De la même manière, ces cannes possédant une forte action de pointe devaient être vite mises en action par une soie lourde en tête. C’est pourquoi des profils de soies plus massifs en tête de ligne comme par exemple les fuseaux décentrés WF se sont d’avantage développés et que des soies comme les triangles taper TT ont vu leur apparition pour palier à ce besoin de rapidité de mise en action de la canne. En général, dictée par la rivière que l’on va pêcher et surtout par le poids de la nymphe que l’on utilisera, la soie utilisée sera comprise entre les numéros 4 et 6 en considérant une soie de 5 comme un bon compromis d’adaptabilité et de polyvalence.

L’action de pêche

Le but de cette technique de pêche bien spécifique étant de présenter correctement une mouche artificielle dans la couche d’eau se situant entre le fond et la surface, il faut toujours savoir ou elle se trouve et à qu’elle profondeur elle évolue. Je sais pertinemment qu’il est plus simple de l’écrire que de le faire mais vous verrez qu’avec un peu d’habitude on fini assez facilement à « sentir » sa nymphe lorsqu’elle est sous l’eau un peu comme le fait un pêcheur aux appâts naturels lorsqu’il pratique cette discipline sportivement avec des lignes faiblement plombées. En matière de prospection, il est préférable d’effectuer des lancers trois quart amont et de laisser dériver sa nymphe jusqu’au travers de la rivière pour éviter les dragages moins perceptibles qu’avec une mouche sèche. De la même façon, on évitera de « coiffer » le poisson avec la soie ou le bas de ligne. Comme chaque rivière est différente et qu’elle ressemble rarement à un long fleuve tranquille, il est indispensable de pouvoir s’adapter pour être efficace. Ainsi, cette généralité de lancer trois quart amont peut être revue pour opérer directement vers l’amont, voir plein aval. Dans tous les cas, c’est la rivière qui décide et les veines de courants qui servent de poste aux truites en activités. Le plus difficile à appréhender dans cette technique est de pouvoir trouver la bonne profondeur en lançant sa mouche, plus ou moins lestée en fonction de la force du courant, suffisamment en amont pour qu’elle puisse « descendre » à la bonne profondeur lorsqu’elle va passer devant la truite repérée ou supposée. Ensuite, reste la maîtrise de la dérive en récupérant vite le mou créé dans la ligne pour pouvoir contrôler la dérive, de percevoir à temps le moment ou l’on devra ferrer et bien sûr d’éviter les dragages. En écrivant ces quelques lignes, je m’aperçois qu’il s’agit finalement des mêmes recommandations que l’on pourrait faire à un pêcheur qui pratiquerait en sèche avec l’exception près que cette fois-ci tout se déroule sous l’eau sans que l’on puisse voir la plupart du temps ce qu’il s’y passe. En conséquence, cette dimension supplémentaire impose une attention et une concentration toute particulière.

Les indicateurs : une aide précieuse

Comme je l’évoquais tout à l’heure, la perception du moment opportun nous permettant de deviner qu’un poisson à saisi notre nymphe n’est pas aisée lorsque l’on pêche en aveugle. Ce phénomène est d’autant plus délicat que l’on pratique en rivière rapide et que la soie ou le bas de ligne ne sera pas toujours simple à observer en fonction des zones de turbulences ou de luminosité. C’est pourquoi il est important d’utiliser un indicateur qui va nous permettre de suivre des yeux le trajet du bas de ligne et de déceler tout comportement anormal, aussi subtil soit-il. Il existe plusieurs types d’indicateurs qui vont du morceau de laine fixé sur le bas de ligne, de la mouche sèche en potence ou encore de la pâte synthétique flottante. Le repère visuel qui semble le plus utilisé est l’indicateur de type rigoleto. C’est une sorte de mini flotteur qui nous indique grâce à ces couleurs vives le comportement de la ligne. Nombreux sont ceux, trop puristes à mon goût, qui bannissent ce type d’indicateur sous prétexte qu’il s’agit à leurs yeux d’une pêche au « bouchon ». Laissons là ce genre de considération ridicule et efforçons nous plutôt de réfléchir pour optimiser sa technique plutôt que de s’entêter dans un intégrisme un peu dépassé. Pour en revenir à ces indicateurs de type rigoleto, j’ajouterais qu’ils sont particulièrement intéressants avec de petites nymphes sur des cours d’eau profonds avec un courant régulier. D’une part ils sont très visibles et d’autres part ils flottent bien et permettent d’effectuer un posé très en amont tout en conservant la nymphe à la bonne profondeur. Le morceau de laine ou encore le petit pompon de laine fluorescente verte, jaune ou orange est très utilisé en Amérique. Cet indicateur est assez intéressant en terme de visibilité mais comporte trop d’inconvénient à mon goût pour qu’il puisse trouver sa place dans mon gilet. Très gourmand en produit hydrophobe pour qu’il puisse flotter correctement, il devient très désagréable à utiliser lorsqu’il est imbibé d’eau que ce soit pour le lancer ou pour les dérives qu’il rend parfois difficiles. La pâte synthétique flottante que l’on malaxe pour la rendre plus souple avant de durcir au contact de l’eau me paraît la solution la plus pratique et la plus polyvalente. On peut choisir très facilement la quantité que l’on place sur le bas de ligne et la position peut être modifiée à tout instant. C’est probablement la méthode qui remporte le plus d’adepte grâce à sa simplicité et sa rapidité de mise en oeuvre. Une autre solution consiste à placer en potence une mouche sèche très flottante. C’est le cas des gros sedges fabriqués en poils de cervidés. Non seulement elles sont visibles mais en plus elles passent probablement plus inaperçues qu’une bille de polystyrène qui dérive en surface avec en prime la possibilité d’y prendre une truite.

La pêche au fil

Si la pêche avec indicateurs est souvent nécessaire lorsque la profondeur est au moins égale ou supérieure à la longueur de la pointe du bas de ligne, on peut toutefois s’en passer dans bon nombre de rivières françaises dès l’instant où les conditions de pêche et les débits sont corrects. C’est ce que l’on appel la pêche au fil. En fait, il s’agira de soigner particulièrement la dérive puisque seul le bas de ligne permettra de détecter les touches. Pour ce faire, l’ensemble soie / bas de ligne devra être bien rectiligne et à la limite de la tension afin de pouvoir réagir à la moindre traction. Pour faciliter les choses, vous devez graisser le bas de ligne juste avant la pointe. Cela l’empêche de couler et le rend bien plus visible. Par contre, la pointe doit être au contraire dégraissée à l’aide de produits spécialisés ou au pire avec du liquide vaisselle. C’est la jonction entre la partie flottante et la partie plongeante qui sera la plus indiquée pour visualiser une anomalie dans la dérive de la nymphe. La solution d’intercaler dans la fabrication de son bas de ligne un ou plusieurs brins de nylon fluorescent est récent et peut être intéressant en matière d’indicateur. Proposés dans des coloris blanc, vert ou orangé, ces nylons sont très visibles et permettent d’être vus dans des conditions de luminosité assez difficiles. Toutefois, et c’est là le défaut majeur de ce type de procédé, la différence de caractéristiques physiques entre le fil translucide composant le bas de ligne et le fil fluorescent que l’on aura intercalé ne permet pas à mon avis d’avoir un bas de ligne correctement équilibré et complètement progressif. Ce système, même s’il est perfectible peut toutefois rendre bien des services lorsque l’on manque d’expérience dans cette discipline. Ainsi, les dérives sont mieux contrôlées et les touches plus facilement détectables. Lorsque les truites prennent franchement, tout est très simple ; mais ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut. Il faut donc ferrer dès que le comportement du bas de ligne vous semble anormal. Il est toujours délicat d’expliquer et de définir la perception de la touche d’autant qu’il arrive parfois où l’on ferre pratiquement d’instinct sans pouvoir réellement expliquer clairement ce qui a motivé le geste. C’est aussi ce qui fait le charme de cette technique.

La pêche à vue

C’est une pêche vraiment sensationnelle tant dans l’émotion qu’elle procure dans la recherche des truites que dans les sensations éprouvées au moment de l’engamage de la nymphe. Cette technique consiste à s’approcher d’une truite en toute discrétion, de lancer sa nymphe sans éveiller ses soupçons et de la ferrer au bon moment. Pour ce faire, il convient de remonter la rivière discrètement en étant particulièrement économe dans ses gestes, sans provoquer de vagues si vous progressez en marchant dans l’eau et à fondre votre silhouette dans le paysage. Car si vous voyez une truite, il faut bien avoir à l’esprit qu’elle peut vous voir aussi ! Je ne serais que trop vous conseiller dans cette pêche de rester au maximum sur la berge lorsque la rivière n’est pas très courante. Non seulement vous aurez une bien meilleure visibilité mais vous pourrez plus facilement vous dissimuler à la vue d’une truite repérée en vous aidant de la végétation rivulaire. Pour la pêcher, le lancer arbalète sera alors le plus adapté en prenant la nymphe serrée entre vos doigts, en bandant le ressort de votre canne et en lâchant la mouche pour qu’elle puisse être propulsée jusqu’au poisson. Plus délicat en eaux courantes, pour repérer une truite il faut vraiment être minutieux et passer « au peigne fin » le fond de la rivière. Il faut alors déterminer un secteur et le diviser en petites portions d’un ou deux mètres carrés. C’est toujours agaçant de faire fuir une truite que l’on n’aura pas vue !

La pêche à la roulette

Cette technique de pêche en nymphe est souvent mal considérée par les pêcheurs à la mouche qui la voient plus comme une pêche au toc qu’une véritable pêche à la mouche. Dans tous les cas, elle n’a pas son pareil pour la prospection des eaux agitées et /ou profondes. Elle est pratiquée avec des mouches très lourdes et est très efficace dans des eaux qui sont rarement exploitées par les techniques conventionnelles de pêche à la mouche. On utilise donc des modèles de nymphes fortement lestées et habituellement de grande taille pour essayer de faire « sortir » les truites de leur cache. La perception des touches est très variable et cela peut se traduire par un coup de marteau dans le scion ou un simple arrêt d’un millième de seconde dans la dérive. Comme à chaque fois, dès que vous avez un doute sur le comportement de votre ligne ... ferrez ! En conservant la canne haute on peut sentir la nymphe rouler sur le fond et permet une réponse au ferrage très rapide. La pêche en fait assez simple ..... en tout cas en théorie. Il suffit en effet, de choisir une nymphe, pas trop petite si vous débutez dans la technique, et de la poser en amont du poisson repéré. Si vous manquez d’expérience, faite un réglage un peu en aval de la truite pour choisir la bonne densité de la mouche pour qu’elle puisse atteindre la bonne profondeur. Si la nymphe passe trop haut, c’est qu’elle est soit trop légère soit que vous ne lancez pas suffisamment en amont. Une fois la nymphe choisie, c’est à vous de jouer ! Avec un peu d’habitude et une certaine expérience, vous trouverez directement sans faire d’essai la mouche qui correspondra en terme de poids à la profondeur où se trouve la truite et vous saurez à quelle distance il vous faut la poser en amont. Ensuite, il vous faut effectuer un lancer dans la veine de courant qui conduira votre nymphe vers la gueule de la truite. Vous devez observer attentivement et en permanence la truite en poste sans vous soucier de voir ou non votre nymphe car c’est le comportement de la truite qui vous indiquera si elle prend ou non. En effet, le moindre écart et dans le meilleur des cas l’ouverture et la fermeture de la gueule de la truite seront les signes qu’elle a pris votre nymphe et que vous devrez ferrer. Parfois, ces signes ne seront pas aussi flagrants et c’est votre expérience et votre connaissance du poisson qui fera la différence. Car comme je me plais à le dire, la nymphe est une pêche d’instinct et d’intuition .... et c’est ce qui fait qu’elle est pleine de charme et d’intérêt.

 
 
 

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