Accueil >> Pêche de la truite >> Pêche à la mouche  
 
Voir tous les articles de la rubrique "Pêche à la mouche"
La pêche de la truite
Connaissance de la truite
Pêche à la mouche
Pêche aux appâts naturels
Pêche au vairon manié
Pêche aux leurres
Tactique de pêche
Gestion et aménagement
Le club de la truite
Le jeu annuel
La lettre de la truite
Les cadeaux du site
La boutique
Les Salmonidés
Une grande famille
Les services du site
Les recettes de cuisine
Les petites annonces
Foire aux questions
Les forums
Le niveau des rivières
Information et actualité
Le matériel de pêche
La presse halieutique
Les belles prises du site
Les salons / expos
Le dictionnaire de la pêche
L'art halieutique
Les coins de pêche
Les bons coins en France
Les bons coins à l'étranger
Parcours et réservoirs
L'annuaire de la truite
Zoom sur un site
L'annuaire du site
La pêche en France
Les fédérations de pêche
La pêche et la loi
La réglementation
La réciprocité
Contactez-nous
Administration du site
Nos partenaires
Nos coups de cœur
 
La vilaine jurassienne
Publié en ligne le vendredi 9 mai 2003
 

Tous les moucheurs ou presque possèdent une mouche fétiche, une petite " botte secrète " qui fonctionne lorsque rien d’autre ne donne de résultat. On lui attribut souvent des vertus particulières, à tort ou à raison, qui en font le sauve-bredouille par excellence. Chacun à sa petite histoire, parfois cocasse, qui justifie l’indéniable supériorité de " sa " mouche favorite : la situation, le poisson pêché ou le dénouement victorieux d’une partie de pêche vient toujours à l’appui de celle qui à été l’élue et qui gagnera toute notre confiance. Pour certain il s’agira d’une petite Altière, d’une grise à corps jaune ou d’un Sedge brun, pour moi ... c’est la Peute.

Texte et photos Christophe BOUET

 

La paternité de cette mouche étonnante revient à Henri Bresson, célèbre pêcheur et monteur professionnel. la Peute, à l’allure décoiffée, ne ressemble précisément à rien de bien connu mais serait probablement la mouche que je conserverais si un jour nous devions, règlement absurde l’obligeant, n’en garder qu’une seule. Attachante par son histoire burlesque et les résultats que je lui dois, je ne pourrais assurément pas m’en passer. Depuis qu’elle a vu le jour, cette artificielle a fait prendre à des milliers de pêcheurs d’innombrables poissons dans toutes les eaux de la planète. Son secret ? Un modèle d’ensemble n’imitant rien de bien précis et qui suggère par sa taille, son montage, ses couleurs ou sa flottaison, une multitudes d’insectes que l’on croise un peu partout sur nos rivières gauloise. Quand on questionne Henri Bresson à ce sujet et qu’on l’interroge sur le succès de cette mouche, il nous répond gentiment que c’est ..... " La vérité des poissons " : Cela veut tout dire !

Des boîtes à mouche bien garnies.

Autant vous dire tout de suite que je met à profit les nombreuses poches de mon gilet pour les garnir d’autant de boîtes à mouche qu’elles peuvent me le permettre, chacune contenant bien sûr une multitude d’artificielles en tous genres. Pourtant, la plupart du temps, je n’utilise pas plus de cinq ou six modèles à chaque sortie et souvent les mêmes d’une fois sur l’autre. Et lorsque mes amis me demande pourquoi je craque si souvent sur un nouveau modèle et pourquoi je monte régulièrement de nouvelles imitations qui viendront s’entasser dans mes boîtes, j’aime à leur répondre que ..... c’est au cas où !

Mais quelques que soit le plaisir ridicule que je puisse avoir à détenir cette réserve pléthorique de mouches je ne pourrais me passer des quelques exemplaires de Peutes que j’emporte à chaque fois que je part à la pêche.

Un Joker en cas de besoin.

J’ai découvert cette mouche voilà une dizaine d’année en lisant un article de Marc SOURDOT paru dans la presse spécialisée de l’époque. Cet article vantait les qualités pêchante de la Peute et mettait en évidence l’attachement de l’auteur pour cette artificielle. Jusque là, il est vrai que je n’avais jamais vraiment prêter attention à cette mouche qui figurait pourtant depuis fort longtemps dans la collection du célèbre "sorcier du Vesoul", Henri Bresson. Pour l’anecdote, je décidais d’en acquérir quelques exemplaires montés sur hameçon de 14 dans les deux tonalités, claire et foncée. Pressé dans découdre avec mes jolies compagnes de jeu, je me rend dans la même semaine à Marcilly-le-Château où l’Yonne, splendide rivière morvandelle, fait rouler ses eaux brunes entre près et prairies Nivernaises. Au mois de juin le niveau était idéal et déjà un confrère pêchait à une centaines de mètres en dessous du pont qui enjambe la rivière. Courtoisie oblige, je vais saluer le dit confrère qui me fait part de son agacement : Cela fait plus d’une heure qu’il observe et essaye de leurrer plusieurs ombres qui montent régulièrement, laissant derrière eux de magnifiques remous. Las de cette situation, après une brève discussion, ce moucheur fort sympathique me cède aimablement la place afin qu’il puisse soulager ses nerfs mis à rude épreuve pendant qu’il s’acharnait sur ces ombres. Oubliant mon récent achat, je commence par monter un petit sedge brun qui est une mouche des plus régulière et particulièrement prenante sur les ombres de cette rivière. Comme le pêcheur que j’avais remplacé, j’insiste sur ces poissons qui gobent paisiblement sans s’intéresser à ma mouche. Je passe alors méthodiquement une vingtaine de petite imitation sans succès et sans déranger le moins du monde ces beaux ombres Morvandiaux. Alors que je les observais, il me vint l’idée d’essayer les Peutes que je venaient d’acquérir. Montée sur hameçon de 14, ce n’était certes pas un modèle utilisé " classiquement " pour la pêche de l’ombre, mais ...... en désespoir de cause ! Rapidement nouée en pointe de mon bas de ligne, j’effectue un premier passage, puis un second où intervient le fameux gobage tant attendu. Après une courte bagarre, la mise à l’épuisette dans les règles, le décrochage et la remise à l’eau, ce sont deux autres de ses congénères qui subiront le même sort. La tentation avait du être bien forte, pour que ces ombres viennent se saisir d’une mouche de cette taille ! Hasard ou réelle efficacité de ce modèle, seul ces magnifiques ombres bleu argent auraient pu me le dire. Toujours est-il que je venais d’être conquis par cette mouche.

Une histoire amusante.

Henri Bresson doit le secret de sa mouche à un gitan rencontré au bord de l’eau et qui lui révéla l’importance que revêtait à ses yeux la plume de canne sauvage pour monter des mouches artificielles. Convaincu par cet homme, le soir même, il confectionna quelques modèles très dépouillés avec des plumes de flanc de canne qu’il avait en sa possession et en donna quelques exemplaires à son ami et compagnon de pêche, Michel GOUX, qui comme lui les oublia au fond de sa boîte. Le temps passe, puis, lors d’un coup du soir, alors que nos deux comparses tentent de leurrer des ombres gobeurs qui refusent toutes leurs imitations, Henri repense à sa mouche du gitan. Il en prend une au fond d’une de ses boîtes et la noue rapidement à sa pointe de bas de ligne. Lancer, poser, gobage et un ombre est piqué au premier passage. Ce poisson a donc aimé sa plume de canne. Nouveau lancer, reposer, regobage et un second poisson piqué. Michel GOUX, qui était de l’autre côté de la rivière et qui avait suivi avec attention ces deux captures avec envie lança à Henri BRESSON :

- Qu’elle mouche as tu ?
- Une gris blanc toute chiffonnée, tu sais, celle que je t’ai donnée en avril.
- Quoi, cette peute là ?

Il faut savoir que le terme de peute désigne en patois Franc-Comtois une demoiselle disgracieuse. Par extension, ce mot s’emploi également pour signifier d’une chose qu’elle est vilaine. Ainsi, cette mouche venait d’être baptisé par Michel du jolie nom de Peute.

Une mouche à tout faire.

A mon sens, elle est la parfaite illustration de la mouche générique : elle imite tout et n’importe quoi et l’on peut l’utiliser aussi bien en sèche, qu’en émergente ou carrément en noyée. Mouche de basse flottaison par définition, la Peute de petite ou de moyenne taille imite bien les éphéméroptères en général. Un gros modèle peut parfaitement faire monter une belle truite au coup du soir sur une éclosion de trichoptères ou même de mouche de mai. Dans ces conditions elle peut se révéler particulièrement meurtrière, surtout en dérive animée. Toujours de grosse taille elle imite les grands heptagénudés. Dans les petites tailles, c’est un excellent piège à ombre, même ceux réputé difficile : j’ai encore en mémoire cette fantastique partie de pêche au mois d’avril deux mil deux à Pont-d’Ain où les ombres de la basse rivière d’Ain, réputés difficiles, ont particulièrement appréciés cette artificielle. Je l’utilise en guise de mouche passe-partout aussi bien pour pêcher les gobages que pour pêcher l’eau. En cas de refus, il suffit assez souvent de l’humecter et de la froisser un peu pour en faire une émergente parfaite et pêcher juste dans la couche superficielle de l’eau. En noyée, c’est une excellente mouche à monter en sauteuse car sa plume molle ondule idéalement dans le moindre petit courant et je lui doit ainsi nombre de mes captures avec cette technique, que ce soit truites, ombres, chevesne ou vandoise.

En résumé, comme je le disais au préalable, c’est vraiment la mouche passe-partout ..... la mouche à tout faire.

Y croire !

A la limite de la superstition, voir du fétichisme, la Peute ne saurait être absente de ma boîte à mouche. Cependant, même si je la considère comme un Joker gagnant, cela ne veux pas dire que je l’utilise à tout bout de champ. Au contraire, je me la réserve plutôt dans les situations plutôt difficile et l’utilise souvent pour me sortir de cas laborieux. Je n’irais pas jusque dire que c’est une mouche miraculeuse mais je dois quand même vous avouez qu’elle a fréquemment été l’actrice principale de l’issue réussie d’une séance de pêche .... sauf peut-être pour les poissons. Mais que représente-t-elle vraiment aux yeux d’un poisson ? Un insecte terrestre, une grosse phrygane ou une émergente de grosse éphémère ? Voilà bien des questions qui resterons probablement sans réponses et qui me font penser que finalement le plus important c’est d’y croire. Car, dans ces conditions, on pêche avec confiance et finalement c’est peut être l’une des raisons de son efficacité. La foie que l’on mise sur sa mouche nous donne sans nul doute une assurance exceptionnelle ..... et c’est déjà commencer par bien pêcher. N’est-ce pas l’essentiel ?

 
 
 

Espace publicitaire pechedelatruite.com

Copyright © Pechedelatruite.com