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La cuiller tournante : un leurre dédaigné
Publié en ligne le vendredi 21 février 2003
 

Bizarrement, très prisée lors des débuts de pratiquement tous les pêcheurs de salmonidés, la cuiller tournante devient vite délaissée, voir même dédaignée et méprisée lorsque que ceux-ci parviennent, au fil des années, à devenir des pêcheurs confirmés. Ce comportement étrange face à cette technique de pêche pourtant plus complexe et intéressante qu’il n’y paraît, n’est cependant fondé que sur la mauvaise réputation que l’on a bien voulu lui donner.

Texte Christophe BOUET

Photos MEPPS et Christophe BOUET

 

Les cuillers tournantes n’ont vraiment pas la côte auprès des pêcheurs de truites qui, paradoxalement l’ont très souvent utilisée lors de leur début halieutique avant de l’abandonner. C’est vrai que lorsqu’on traite régulièrement la cuiller tournante, au bord de l’eau comme dans des magazines spécialisés (même dans les bons), du nom peu valorisant de "ferraille", on a pas vraiment envie de pêcher avec ce type de leurre. Ainsi, ces pêcheurs œuvrent inconsciemment à sa mauvaise réputation et, c’est plus regrettable, à son inefficacité. Pourtant, ce leurre est un atout majeur si l’on se donne la peine de le faire travailler avec méthode et si l’on maîtrise parfaitement sa technique.

Jouer sur les sens

La cuiller va agir sur des principes un peu différents que peuvent exploiter les techniques de pêche habituellement mises en œuvre pour piéger dame fario. En effet, alors que pour la pêche au vairon mort manié, pour la mouche artificielle ou encore pour la pêche au toc nous allons tenter de présenter à la truite - sur un poste localisé - un leurre imitant de la nourriture qu’elle a pour habitude de consommer. La pêche à la cuiller tournante va au contraire faire déplacer le poisson jusqu’à elle en agissant sur les sens de la truite en dispensant des signaux qui vont provoquer son attaque. Nos chers poissons vivent en effet, comme tous les vertébrés supérieurs, sous l’influence de ses sens et la cuiller va exploiter ceux que les autres techniques délaissent. La cuiller exploite les sens les plus développés de dame fario en dehors de son odorat : l’ouïe et la perception des vibrations. L’oreille interne tout d’abord, à la fois organe de perception et centre de transmission pour le cerveau, est considérablement développée car, en plus de jouer un rôle important pour l’orientation, l’équilibre et la nage, c’est l’élément sensoriel déterminant dans la perception des bruits. La ligne latérale ensuite, véritable prolongement du cerveau : les microcannaux sensoriels qui la compose envoient en permanence au système nerveux central des informations sur les vibrations périphériques. La truite est donc un véritable échosondeur qui va être capable de détecter de fort loin la moindre anomalie et pouvoir l’analyser. Si l’on veut bien comparer avec les performances de l’homme, il faut savoir que la truite est en mesure de détecter des sons qui sont compris entre 30 et 30 000 vibrations à la seconde alors que le seuil de la perception chez un homme est de seulement 30 000 vibrations à la seconde.

Une conception qui ne doit rien à l’approximation

Les cuillers sont toutes issues d’un même principe : Une palette galbée tourne autour d’un axe métallique qui prend la force de son mouvement dans l’appui sur l’eau. Cette apparente simplicité cache néanmoins des études très poussées puisqu’une multitude de possibilités sont offertes en terme de vibrations. Ces études dirigées par les fabriquants, ont permis de mettre au point différents produits dont les applications doivent être autant d’armes équipant le pêcheur de salmonidés. Il n’est bien sûr pas suffisant d’avoir vingt ou trente cuillers pour bien pêcher car il faut avant tout savoir adapter le leurre qui convient au poste prospecté, à la force du courant, voire à l’attitude du poisson mais aussi aux conditions météorologiques que l’on va rencontrer sur place : couleur de l’eau, du ciel, et intensité lumineuse. La grande majorité des cuillers destinés à dame fario ont une plombée placée sur l’axe qui fait office de corps. Celles-ci ont toujours une nage rectiligne ce qui est souvent un avantage mais qui nous oblige à être tractée en permanence si l’on veut qu’elle garde sa rotation. Ce n’est pas le cas des cuillers possédant une plombée en tête ou quand la palette est directement montée sur l’axe (sans étrier) qui ont la qualité de se mettre en action plus rapidement et surtout qui continuent à tourner lorsque la cuiller coule sous son propre poids. Vous pouvez d’ailleurs facilement adjoindre une plombée en tête à vos cuillers à plombée axiale en pinçant sur le nylon une petite chevrotine devant le leurre.

Tout est histoire de signal !

Bien maîtriser les différents types de cuillers et savoir comment elles fonctionnent ne suffit malheureusement pas à prendre du poisson. Comme pour n’importe qu’elle pêche, la pêche à la cuiller subit des échecs que nous avons souvent bien du mal à expliquer : aucune "tape", des truites qui suivent sans prendre ou encore des poissons qui ne réagissent pas au passage du leurre. Dès lors, il est essentiel d’aborder un point capital si l’on veut augmenter ses chances de réussite. Comme le faisait remarquer à juste titre Frédéric HETZEL, journaliste halieutique et formidable preneur de truite, dans l’un de ses articles, il est primordial de connaître se qui relie la cause (la pêche) à l’effet (la prise), à savoir le comportement du poisson. On peut expliquer cette corrélation qui existe entre cause et effet : L’animal, et la truite en particulier, n’a pas un pouvoir d’analyse très performant mais compense cette faiblesse par un ensemble de conditionnements qui lui permettent de déjouer nos pièges depuis bien longtemps. Alors que nombreux pêcheurs la pensent bête pour s’attaquer à quelque chose qui ne ressemble à rien du tout de comestible, elle saisie ce leurre simplement parce qu’elle a répondu positivement au signal que nous lui avons établi en choisissant et animant le leurre convenablement. Il existe un processus complexe et très rigoureux qui va conduire la truite à se saisir de la proie qu’elle imagine que vous lui présentez : les vibrations engendrées par le brassage de l’eau par la palette mettent en éveil la truite qui va finaliser son attaque en localisant le bruit puis la couleur du leurre lorsqu’elle aura atteint ce dernier. Autant de signes déterminant qui devront se trouver réunis pour que l’attaque aille jusqu’à son terme.

Le travail de la cuiller

Il y a de nombreux facteurs inhibiteurs qui vont mener à l’échec votre partie de pêche à la cuiller : une vitesse trop rapide, un "plouf" bruyant lorsque la cuiller va entrer dans l’eau ou encore une interruption trop importante de la rotation du leurre. Le travail de la cuiller est en effet très important et pourra s’il ne correspond pas à l’effet recherché condamner totalement votre pêche. Une cuiller ne doit jamais être ramenée sur un rythme monotone, sans cassure, tant au niveau de la direction, de la profondeur que de la vitesse de récupération sous peine de n’intéresser que peut de truite. Le maniement est véritablement vivant et nécessite un travail de tous les instants : moulinage rapide, lent, canne tirée à droite, levée verticalement, moulinage rapide, canne baissée, moulinage lent, canne tirée sur la gauche puis levée, etc.... Si vous avez la chance de pratiquer dans des eaux cristallines observez les poissons : lorsqu’une truite suit votre leurre sans le prendre, il suffit souvent d’une rupture de rythme pour qu’elle s’en saisisse et, inversement, qu’elle abandonne son attaque si une cassure est détectée dans votre animation.

N’hésitez pas à changer de leurre

Les coloris, même s’ils ne sont pas aussi fondamentaux que pour d’autres techniques, peuvent avoir une incidence sur la réussite de votre pêche. Osez donc les changements en cas d’insuccès. Comme ce plaisait régulièrement à dire Henri LIMOUZIN, spécialiste de la pêche à la cuiller et conseiller technique pour un des plus grands fabricants de cuiller du monde, il faut marier la couleur au temps : palette argentée le matin lorsque le ciel est bien bleu, dorée lors des tons chauds du crépuscule ou de l’aube, cuivre ou noire par luminosité intense et fluorescente par grand fond. Le choix de la cuiller se fait en fonction du poste pêché : palette feuille de saule (type AGLIA LONG de chez MEPPS) pour les eaux rapides, palette massive (type AGLIA chez MEPPS) pour les eaux faiblement courantes, palette étroite (type COMET de chez MEPPS) pour les courants cassés par de nombreux rochers, plombée en tête pour exploiter les postes accidentés et plombée axiale pour les radiers .......... une véritable attention pour composer votre boîte de cuillers.

Vous ne devrez donc rien acheter au hasard car tout est aussi important qu’une collection de mouches artificielles : forme, couleur, taille et emplacement de la plombée. C’est de votre choix et de votre volonté de vous adapter que va dépendre votre pêche !

 
 
 

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