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Marmorata la géante
Publié en ligne le dimanche 23 février 2003
 

La Marmorata est une espèce de truite inféodée au bassin de la mer Adriatique, originaire des rivières de Slovénie. Cette espèce se caractérise par une teinte d’ensemble verdâtre argentée assez sombre, les flancs sont rehaussés de très petits points d’un bleu étincelant et en font un magnifique poisson de sport.

Jean-Jacques LARDY (Pulsion pêche) est probablement l’un des meilleurs spécialistes français de la marmorata qu’il connaît parfaitement. Il est guide de pêche mandaté sur le parcours de TURI PESCA, l’une des meilleures destination pour la marmorata, et propose à ses clients de revenir avec des souvenirs inoubliables.

Texte et photos Jean-Jacques LARDY

 

Morphologiquement la Marmorata est assez semblable aux autres truites. Simplement, elle a la tête plus puissante, la bouche plus grande et très largement fendue. La dentition plus imposante et crochue rappelle ses mœurs carnassières.

Une robe caractéristique

La confusion avec n ’importe quelle autre truite est impossible, rien qu’à la vue de sa robe, dos foncé, reflets argentés et splendides motifs verts à bruns foncés ornant ses flancs constellés de petits points bleus qui lui donne son appellation de " truite marbrée. Les autres caractéristiques marquantes sont son absence totale de points rouges (pour les poissons de souche), une nageoire adipeuse beaucoup plus développée que celle des autres truites, des nageoires plus larges et plus puissantes que la truite commune et une nageoire caudale surpuissante ornée de tirets et de pointillés formant un splendide motif. On reconnaît une Marmorata en poste rien qu’à sa caudale, de forme spécifique et au contraste clair-obscur formant ce fameux motif (elle ne vit que dans des rivières aux eaux limpides et claires). L’allure générale est plus massive que celle des truites Fario, car nous avons affaire à un redoutable prédateur, avec un taux de croissance élevé, pouvant atteindre des tailles phénoménales. Pour exemple en juin 97 en Slovénie, une femelle de 1,21 mètres pour 25 kg a été trouvée mourante sur le lac de Mosté na soci en aval de Tolmin. Tous les ans en Slovénie, il se capture des poissons de plusieurs kilos. En Italie, les prises de six à dix livres ne sont pas exceptionnelles, mais restent en dessous des poids atteints par celles de Slovénie.

Comportement

La Marmorata est lucifuge, comme le sandre, elle craint la lumière vive. Elle se montre peu durant la journée, cachée sous les gros blocs de roches, les racines ou à l’abri d’une souche. Elle se met en poste dès que la luminosité est faible. Le mauvais temps la rend très active et agressive et c’est presque toujours par temps couvert, fortes chutes de pluie ou de neige, au plus fort de l’orage que j’ai pris ou vu prendre des Marmorata en pleine journée. Ces truites chassent surtout la nuit, les captures sont réalisées le matin ou tard le soir dans les secteurs de gorges. La "grande marbrée" n’aime pas la compagnie et son tempérament solitaire et agressif la pousse souvent à s’embusquer où on ne l’attend pas. C’est un poisson puissant, pas seulement au bout de la ligne mais dans sa résistance aux puissants courants des grandes rivières. Le pêcheur devra en tenir compte, car c’est précisément cette puissance musculaire qui explique que la Marmorata puisse se trouver dans les secteurs des cours d’eau où les autres truites ne prennent pas le risque de s’établir.

Un puissant prédateur

La nature a doté la Marmorata de moyens extraordinaires pour traquer ses proies : détente fulgurante, vitesse, puissance et dents acérées. Le tout allié à un mimétisme encore plus performant que la truite Fario, car la splendide livrée ne semble pas avoir d’autre fonction que d’échapper à la vue des petits poissons, voire des autres truites, dans les rivières où elle cohabite seulement avec d’autres salmonidés. A la différence des autres truites, dès son plus jeune âge, la marbrée est essentiellement carnivore. Elle préfère chasser les petits poissons plutôt que de courir après les vers et les insectes (peu nutritifs). Ses proies préférées sont le vairon, la loche et tout autre petit poisson vivant dans son milieu. Les gros spécimens se délectent aussi des autres truites et n’hésitent pas à attaquer des fario d’une livre et plus. L’ombre commun, en Slovénie, paye un lourd tribut aux grosses Marmorata. Cette dernière est lucifuge, il faudra donc la rechercher tôt le matin et tard le soir. Les jours gris et par mauvais temps, profitez d’un brusque coup de vent, d’un orage, d’une chute de neige ou d’une baisse de pression atmosphérique. Sa puissant musculaire lui permet de s’établir dans des secteurs où aucun autre poisson ne peut se tenir. Il faudra donc la rechercher dans les grands courants, même bouillonnants, rognant une berge creuse, le long des gros blocs rocheux et tout amas de branches et obstacles barrant le lit de la rivière. Un poste de choix : l’amont immédiat d’une chute d’eau, elle se poste juste avant le dévers. En fait, dans tous les postes où un autre poisson se trouverait en difficulté à lutter contre le courant.

Mode de chasse

Le courant a beau lui apporter une grande quantité de nourriture, notre truite carnivore semble l’ignorer totalement. Mais dès que l’éclat argenté d’un poisson en perdition se produit à proximité de son poste, elle déclenche sa fulgurante attaque. Sa proie est capturée en une fraction de seconde et broyée dans ses puissantes mâchoires avant d’être entraînée dans les profondeurs de son repaire. L’éclat et les vibrations d’une cuiller, d’un poisson nageur ou d’un devon bien manœuvré ou quoi que ce soit qui rappelle un petit poisson, déclenchent les mêmes réactions. Ces observations concernant le comportement de la grande marbrée conduisent directement à une conclusion quant aux modes de pêche la concernant : les meilleures techniques sont la pêche au vif et au poisson mort manié (là où cela est permis), au poisson nageur, à la cuiller, surtout ondulante et au devon à saumon. Adoptez la technique de "l’enmerdette" sur les poissons repérés. Même si vous y passez du temps, elle se révèle souvent payante car le tempérament agressif de la Marmorata reprend souvent le dessus sur sa méfiance.

Une animation heurtée

Il faut calquer l’animation de son leurre sur le comportement de la Marmorata, ne pas récupérer à vitesse rapide et uniforme, mais le faire évoluer irrégulièrement et lentement au ras du fond et des obstacles. En quelques mots, le faire vivre ; les cuillers tournantes seront en limite de rotation, les poissons nageurs seront déséquilibrés par des coups de scion, et surtout n’hésitez pas à faire boucler devant des poissons repérés ou supposés (le cercle qui tue), cela déclenche souvent une attaque fulgurante.

A la mouche aussi

Les mœurs carnassières de la marbrée sembleraient exclure toute possibilité de la pêcher à la mouche. Il n’en est rien ! Il faut simplement renoncer à pêcher en surface, mais au streamer. Une grosse mouche à hélice, bien travaillée et amenée sur les "points chauds", a les mêmes chances qu’un autre leurre.

Même en nymphe

Une anecdote : " Dans les moments creux du milieu de l’après-midi, les Marmoratas étant calées sous les blocs, de nombreuses Fario se mettent en poste derrière les cailloux. Je m’amusais donc avec un matériel plus léger à les prendre en nymphe à vue. Chaque prise était remise à son élément et presque aussitôt remplacée par une autre. Le remue-ménage occasionné par la prise de plusieurs Fario sur un même poste (amont d’une chute encombrée de gros blocs) finissait souvent par faire sortir une Marmorata qui prenait ma nymphe. La bagarre, âpre et puissante, mais surtout inégale (sur du matériel léger) se soldait souvent par une casse magistrale, mais les quelques marbrées que j’ai pu prendre ainsi me comblaient".

Question matériel : Il ne faut pas faire dans la dentelle !

Pour le lancer : une canne à mort manié, un moulinet de bonne facture ayant un frein fiable, du Nylon de 24 à 30 centièmes - je déconseille la tresse qui occasionne trop de décrochages et ouvertures des hameçons sur les gros poissons -. Ces diamètres de Nylon ne seront pas de trop pour déloger une grosse Marmorata d’une berge creuse et vous n’aurez pas souvent le dernier mot.

Les leurres : cuillers ondulantes, genre cyclops de chez Mepps en 8 grammes, 12 grammes, voire plus. Couleur : argent, or, bleu... Poissons nageurs : Rapala et autres, coulant ou flottant, grand plongeurs en 8 à 15cm. Mais aussi, devons à saumon pour les fosses profondes.

Appâts naturels : gros lombrics maniés par eaux sales.

A la mouche : une canne de 9 à 10 pieds pour soie 7-8, une soie WF7 ou WF8, pointe plongeante. Bas de ligne tissé plongeant et une pointe d’un mètre en 26 à 30/100e (ne pas oublier une bonne réserve de backing). De gros streamers en marabout ou en lapin, artique fox noir de préférence, jaune sale ou grosse imitation de zonker sur lestés en tête.

D’énormes sensations

L’action de pêche consiste alors à projeter ce leurre de manière à ce qu’il passe (lors des tractions exercées sur la soie) sous les berges, au ras des obstacles. Au streamer, les attaques sont très violentes (ce n’est pas forcément vrai avec les autres leurres ou le mort manié). Le combat est long et acharné. Tantôt, elle se plaque au fond comme une ventouse en remontant le courant, l’instant d’après elle dévale le courant à pleine puissance en cherchant à rompre la ligne après les obstacles, même une cascade ne l’arrêtera pas. Les principales causes d’échec sont les décrochages (gueule très dure, ouverture de l’hameçon) et la rupture de la ligne par frottement sur les rebords des berges ou des blocs immergés.

 
 
 

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