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Ecouter pour se protéger
Publié en ligne le vendredi 1er mars 2013
 

Les sens des poissons n’ont jusqu’alors jamais passionnés les foules et moins encore le milieu scientifique. Cependant nombre de pêcheurs sont curieux et soucieux de mieux connaître nos chers compagnons de jeu. Savoir comment s’alimente, se dirige ou se protège la truite est bien sûr un atout indéniable pour une pratique intelligente de notre passion et tend souvent à fournir une explication plausible à ses différentes réactions. Aussi, comprendre les mécanismes par lesquels elle pourra collecter les sensations élémentaires qui l’entourent, les analyser et les interpréter sera forcément riche en enseignement. La vue, voir même l’odorat, lui sont bien sûr de précieux auxiliaires pour remplir cette fonction, mais il faut savoir que l’ouïe, par l’intermédiaire de la ligne latérale, pourra également l’informer avec une fabuleuse précision.

Texte Christophe BOUET

Photos Jean-Jacques LARDY, Jean RICONO et Christophe BOUET

 

Si elle veut survivre, la truite, comme les autres poissons d’ailleurs, doit être en " alerte " permanente. Demeurer informée de tout ce qui se passe autour d’elle peut lui éviter bien des désagréments mais aussi lui permettre de se nourrir efficacement. Poisson chasseur par excellence, notre belle sauvage possède une vue extrêmement développée et parfaitement adaptée au milieu turbulent qui est le sien. Sujet d’un article complet que j’ai déjà traité voilà quelques temps, sa vision n’est cependant pas le seul sens mis à contribution pour que la truite puisse s’orienter et s’alimenter. Si la vue et l’odorat sont très importants, l’ouïe joue cependant un rôle primordial quant à la perception de tous mouvements dans l’eau. En effet, grâce à sa ligne latérale, la truite va pouvoir percevoir les différences de pression, de vibration et d’écoulement des eaux qui s’opèrent autour d’elle.

Peu d’études scientifiques

Malheureusement, les publications scientifiques ne sont pas spécialement abondantes sur le sujet et il faut remonter dans les années 70 pour retrouver des écrits suffisamment étoffés sur l’ouïe. Peu de chercheurs et de laboratoires se sont en effet spécialisés sur le sens des poissons et les recherches fondamentales sur le fonctionnement de la ligne latérale n’enthousiasme guère ceux qui tiennent les cordons des subventions. Il est certain que des études se révèlent fort coûteuses et comme peu de décideurs, parrains financiers ou autres, ne portent un intérêt suffisant pour la recherche fondamentale sur les sens des poissons d’eau douce, les travaux sérieux n’en sont que plus rares. Le dernier en date, du professeur Dijkgraff, plus dirigé sur l’orientation des poissons face à des obstacles (barrages naturels ou non, passe à poissons...) montre le vide scientifique qu’il existe au niveau des influx nerveux, générateur de la transmission des informations.

Un milieu bruyant

Le milieu aquatique est totalement différent de celui dans lequel nous évoluons et il nous est particulièrement difficile d’appréhender ce qui se passe sous l’eau. Ainsi, l’environnement aquatique n’est pas toujours celui que l’on imagine. On fait à ce sujet une grossière erreur en appelant l’eau " le monde du silence ". Si vous voulez-vous en persuader plongez-y la tête et vous vous rendrez compte du vacarme qu’il y règne. Et encore, nos oreilles ont été conçues pour entendre dans l’air et non dans un milieu liquide ! Les poissons d’eau vive doivent de surcroît affronter le bruit assourdissant de l’écoulement de l’eau accentuée, contrairement à l’air, par la densité du milieu. Ainsi, chaque mouvement de l’eau provoqué aussi bien par un pêcheur qui marche, un banc de vairon qui nage ou un insecte qui se débat à la surface va transmettre une onde sonore se propageant avec plus ou moins d’intensité et de rapidité. C’est cette onde sonore, non seulement engendrée par les mouvements du liquide mais aussi par le bruit du déplacement de l’eau, qui va être analysée et décryptée par la truite.

L’ouïe : siège de l’audition et de l’équilibre

On ne pense pas instinctivement que les poissons possèdent des oreilles car il est vrai qu’à notre image ils n’ont pas de " pavillons " auditifs. Grâce à un système qui fonctionne un peu comme une cage de résonance, la truite peut parvenir à entendre les différences d’écoulements des eaux et capter ainsi les changements de pressions dus aux vibrations se propageant dans le milieu liquide. Siège de l’audition, l’oreille interne, alimentée par des terminaisons nerveuses, renseigne la truite de manière remarquable sur tout ce qui l’entoure. Proie, prédateur, obstacle et abri peuvent donc être perçues même quand les conditions environnementales ne si prêtent guère, à l’occasion par exemple de crues ou de chasses nocturnes. En outre, comme ce qui se passe chez les êtres humains, l’oreille de la truite, et les poissons en général, est la base de l’équilibre. C’est alors l’appareil auditif qui prend en charge la détection de toute modification de notre position et qui va nous en informer. Le principe est exactement le même pour la truite à la différence près que le milieu dans lequel elle vit est un peu particulier. Les eaux courantes ont pour spécificité, à contrario des eaux closes, d’être turbulentes et donc très instables. Dès lors, l’oreille interne de notre belle fario jouera un rôle prépondérant dans sa stabilité, luttant contre les incessants changements de pression du courant.

La ligne latérale

Outil de l’oreille interne et précieux organe sensoriel, la ligne latérale va permettre à la truite de détecter tous les changements et variations de pression. Cette ligne débute juste à l’arrière de l’opercule pour se terminer à la naissance de la queue. Située sur chacun des flancs de notre belle mouchetée, elle est relativement visible mais dissimule cependant de nombreuses petites ouvertures sous les minuscules écailles de la truite. Chaque ouverture s’ouvre sur une petite poche sensible, pleine de liquide, et qui va réagir à chaque ondes transmises par le milieu environnant. Ces informations vont être collectées par le canal latéral parcourant, sous la peau, la ligne latérale et reliant chacune des poches par un réseau de terminaisons nerveuses complexes. Le canal latéral, formidable rameau sensoriel, est connecté directement à la partie postérieure du cerveau et le renseigne donc de la moindre variation de pression. Ainsi, chaque déplacement d’eau autour de la truite, même de faible amplitude, sera enregistré et dirigé vers le cerveau pour y être interprété. Dame fario sera donc avertie si des congénères, d’autres poissons ou bien des proies potentielles viennent à s’approcher d’elle. De même, si la truite, d’un naturel plutôt craintif, perçoit des ondes insolites ou inconnues elle pourra en conséquence organiser au mieux sa fuite.

Discrétion sonore oblige

Le sens auditif représente donc un formidable complément de la vision, même si chez la truite c’est la vue qui va finaliser la décision d’attaquer ou non une proie. Une discrétion exemplaire est alors requise si nous, pêcheurs, ne voulons pas être détectés avant même d’entrer dans le champ focal de notre belle sauvage. Cependant, être discret ne veut pas dire qu’il faille arrêter de parler quand on est à la pêche ou ne pas élever la voix pour appeler son camarade et lui indiquer un gobage qu’il n’avait pas aperçut. Non ! Bien au contraire ! Les sons sont en majorité réfléchis sur la surface de l’eau et le peu d’ondes sonores qui passeront cette barrière seront rapidement absorbées. En revanche, marcher dans l’eau de manière indélicate, faire rouler les cailloux sous les semelles de ses waders ou piétiner lourdement la berge produira des vibrations se propageant suffisamment loin pour éveiller la méfiance de la truite. Il ne suffit donc pas seulement, à l’imitation d’Indiana Jones, de ramper sur la berge pour se soustraire à la vue d’un poisson... encore faut-il le faire en silence !

 
 
 

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