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Une pêche qui bouge
 

La truite est un peu notre poisson emblématique, le plus connu et l’un des plus recherchés. On pourrait croire que sa pêche est figée dans le temps. Pourtant Si l’on y regarde de plus près, on remarque une évolution lente, mais sûre, des comportements, des mentalités et des techniques.

Texte Michel TARRAGNAT

Photos Christophe BOUET et Jean-Jacques LARDY

Avec l’aimable autorisation de

 

L’ouverture a toujours été un grand moment, une date mythique marquant le début d’une nouvelle saison et le retour des pêcheurs au bord de l’eau. Mais est-ce vraiment encore le cas aujourd’hui ? Plus rare et plus difficile à prendre, la truite a-t-elle toujours autant la cote ? Il semble que oui. Les détaillants situés en régions à truites que nous avons interrogés connaissent toujours cette fameuse affluence dans les jours qui précèdent, avec l’inévitable " coup de feu " la veille de l’ouverture sur la vente des appâts vivants (teigne, ver et vairon). La presse halieutique continue à faire ses meilleurs scores en février-mars, et les départements à forte tradition salmonicole semblent mieux résister à l’érosion de la vente des permis que les autres (cf tableau 1).

1. Evolution des effectifs de trois régions (de 1989 à 2000)

1. Evolution des effectifs de trois régions (de 1989 à 2000)
Régions
Départements truites
Départements non truites
Sud-Est Hautes-Pyrénées : + 0,76 % (15 456) Gers : - 21,3 % (9 737)
Est Doubs : - 21,7 % (19 169) Côte-d'Or : - 27,7 % (21 728)
Alpes Hautes-Alpes : - 13 % (8 774) Bouches-du-Rhône : - 17 % (10 632)

Toutefois cette affirmation demande à être nuancée. Il existe, en effet, des exceptions notables, comme le Massif central où la baisse des effectifs est régulière, y compris dans des départements comme la Haute-Loire ou le Cantal qui ont pourtant un potentiel "truite " très supérieur à la moyenne nationale (cf tableau 2). Exode rural, perte de tradition, poisson plus éduqué ? Bien difficile à dire.

2. Evolution des effectifs du Massif Central (de 1989 à 2000)

2. Evolution des effectifs du Massif Central (de 1989 à 2000)
Massif Central
1989
2000
Baisse
Cantal 18 558 13 620 - 26,61 %
Haute-Loire 22 540 15 038 - 33,28 %
Allier 21 842 14 173 - 35,11 %
Cher 20 682 15 598 - 24,58 %
Puy-de-dôme 31 743 22 689 - 28,52 %

Quatre grandes tendances

Mais ceci ne veut pas dire que rien n’ait changé. Notre société est de plus en plus citadine, ce qui entraîne des modifications de comportement et de perception de la nature. La pêche n’échappe pas à cette tendance et évolue vers un loisir de consommation. En ce qui concerne la truite, cela se traduit chez le citadin par quatre grandes tendances :

-  1. Le développement des pêcheries : en région fortement urbanisée ou (et) victime des méfaits de l’agriculture intensive en plaine, ils sont de plus en plus nombreux à délaisser les rivières "sauvages " au profit des réservoirs ou des parcours artificiels payants, régulièrement empoissonnés. Un constat pas forcément très encourageant, mais qui vient nous rappeler que ce que veut avant tout le pêcheur lambda, c’est prendre du poisson, de préférence pas trop loin de chez lui, et si possible toute l’année (en réservoir).
-  2. L’engouement pour la mouche : autrefois considérée comme une pêche élitiste, elle s’est fortement démocratisée depuis une vingtaine d’années, probablement parce qu’elle est perçue par le citadin, et notamment par les nouveaux venus, comme plus respectueuse de la nature. Les guides de pêche connaissent bien ce phénomène. Pour reprendre l’exemple donné par l’école de pêche française (L’EFP), dont la clientèle est essentiellement urbaine, la demande des stages " mouche " est environ 2,5 fois plus importante que pour les autres techniques truite (toc, lancer, vairon ....). Mais cette orientation ne doit pas faire oublier que les pêcheurs traditionnels, notamment au toc, restent très nettement majoritaires en France, même s’il en existe sans doute de fortes disparités régionales.
-  3. La polyvalence : On pourrait craindre l’apparition d’un clivage entre pêcheur rural traditionnel et moucheur citadin, mais il semble que cette vision, sans être forcément irréaliste, soit caricaturale. D’une part, la pêche au toc évolue rapidement depuis quelques année. D’autres part, on assiste à l’apparition de pêcheurs citadins polyvalents, qui passent sans états d’âme du toc à la mouche et au lancer en fonction des conditions ou de leur envies. Des pêcheurs pragmatiques en quelque sorte. Espérons que cette tendance ira en s’accentuant.
-  4. La sophistication du matériel : L’équipement du pêcheur de truite, toutes techniques confondues, est de plus en plus moderne et cher. Toutefois, il faut nuancer et faire la distinction entre le pêcheur occasionnel peu motivé et le passionné. L’occasionnel s’équipe peu et se contente d’ensembles bas ou moyen de gamme, souvent achetés en grande surface, dont le prix est en baisse régulière à qualité égale. Le passionné, en revanche, achète de plus en plus de matériel haut de gamme , le renouvelle plus souvent, et son budget est en augmentation constante. Le pêcheur de truite " branché " est de mieux en mieux habillé : waders néoprène, polaire, goretex, lunettes polarisantes, petits accessoires, etc. Il se documente également davantage (littérature, vidéo).

Cette tendance est générale, mais la technique qui en a le plus bénéficié ces derniers temps est la pêche au toc, qui accusait un certain retard. Incontestablement, la pêche aux appâts naturels évolue. La mode est aux cannes plus courtes et plus souples (type " anglaise "), équipées d’un tambour fixe, même s’il existe un marché pour les " italiennes " (bolognaise de 7 à 8 mètres). Les cannes à fil intérieur sont en perte de vitesse. La finesse est également en train de passer dans les mœurs, avec un corps de ligne fluo en 16 ou 18/100 et des bas de ligne en 12, 14 ou 16/100.

Les guides de pêche

Il existe un autre moyen d’estimer la popularité de dame fario : l’évaluation des guides de pêche. Et là les choses sont beaucoup plus claires. Les séjours " truite " représentent de loin la majorité de la demande pour l’école française de pêche, qui propose pourtant des prestations " toutes espèces " dans la plupart des régions de France. Il semble donc que la pêche de la truite fasse toujours rêver et qu’elle ait encore de beaux jours devant elle.

 
 
 

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