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La vie du soir
Publié en ligne le samedi 7 juin 2003
 

Un coup du soir se déroule en plusieurs phases. Les vagues d’éclosions se succèdent au point qu’il est parfois délicat de savoir quelle mouche choisir et quelle tactique aborder. Voici comment y voir un peu plus clair.

Texte Bernard MAILLET

Photos Jean-Jacques LARDY, Christophe BOUET, DR et Bruno Calendini

Avec l’aimable autorisation de Fabrice MONNEL et

 

Ce qui caractérise les derniers jours du printemps, c’est le nombre et la diversité d’insectes présents sur l’eau, dès le matin. Ces invertébrés aquatiques et terrestres dérivant au gré du courant déclenchent chez les poissons des moments d’intense d’activité alimentaire. Dès le mois de juin, tout peut en effet arriver à partir de neuf heures du matin. Si les conditions sont favorables, la pêche en sèche s’avère souvent fructueuse toute la journée. Cependant, ce mois bénit se distingue aussi et surtout par l’avènement des premiers vrais " coups du soir". Ces fameux coups du soir qu’un bon nombre d’entre nous attend avec impatience. Ce sont en effet des moments souvent riches en émotions, même Si parfois, ils se singularisent autant par leur brièveté que par leur incertitude...

Des vagues successives

Ce peut être une lapalissade, mais le coup du soir dépend de la présence suffisante d’insectes sur l’eau. Sa durée, dans le meilleur des cas, excède rarement une heure et demie. Parfois, elle peut être réduite à moins d’un quart d’heure le dernier avant l’heure légale. Ce moment si particulier débute généralement lorsque les derniers rayons du soleil quittent la rivière. Mais il peut aussi commencer plus tôt sur les secteurs ombragés de la rivière. En juin, un temps doux après une journée chaude et ensoleillée est généralement propice. Mais les caprices météorologiques (vent violent, forte pluie, brume) peuvent toutefois gâcher la partie au dernier moment. En juillet et août, lors des périodes de canicule, il ne faut pas espérer grand chose dans la journée. Les seules chances se situent tôt le matin, à la fraîche, et au coup du soir. Ces périodes d’activité sont néanmoins de courte durée. En revanche, et pour la raison bien simple que les insectes ailés ont besoin d’un certain niveau d’hygrométrie pour évoluer dans les airs, on peut assister à de très belles éclosions juste après une petite pluie bienfaisante. Ainsi, en période estivale, un temps humide peut favoriser le coup du soir. Si les conditions sont propices, le coup du soir se déroule fréquemment de la manière suivante. Dans les rivières riches en insectes aquatiques, on observe, en début de soirée, de nombreux éphéméroptères volant au-dessus du cours d’eau ou dérivant à sa surface. Dans cet ordre important, de nombreuses familles y sont représentées de la plus petite à la plus grande espèce. En fonction du type de rivière et de l’endroit, on peut, dès le mois de juin, y retrouver les éphéméridés (mouches de mai), les heptagénudés, les baétidés, les leptophlébiidés, les éphémérellidés, les caénidés, etc. Sur certains parcours, les minimoucherons (chironomidés, simulidés) peuvent également être présents, ce qui ne gâte en rien le quotidien de la truite, même si leur présence nous complique parfois la tâche... Devant cette pléthore d’insectes divers, dérivant au gré du courant, on peut s’attendre à utiliser des imitations dont la taille peut varier de l’hameçon n°12 au n°22, en fonction du menu choisi par les poissons. Les émergences ou les chutes d’éphéméroptères provoquent des gobages sur la rivière. D’abord peu nombreux, ils sont causés par des poissons de taille modeste. Gardons-nous de les pêcher trop hâtivement, pour éviter de déranger inutilement l’endroit. Puis les gobages provoqués par des truites de belle taille apparaissent et s’intensifient pour s’interrompre presque instantanément. Ils reprennent un moment plus tard, avec plus d’ardeur, à l’approche de la nuit. Ces temps morts sont généralement de courte durée. Ils se situent entre l’émergence des subimagos et la chute d’imagos d’éphéméroptères. C’est enfin le moment de tenter sa chance... Et pour cela, il s’agit d’utiliser l’imitation adéquate.

Inutile d’agiter sa casquette

Lors d’une éclosion simple, c’est-à-dire lorsque peu d’espèces sont présentes sur l’eau, le choix de l’artificielle est relativement aisé. Ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas lors d’une éclosion complexe où une multitude d’insectes divers se retrouve simultanément à la surface de la rivière. D’autant plus que bien souvent, la truite peut rapidement et définitivement changer de menu pour ne se préoccuper que d’un type d’insecte particulier, à l’exclusion de tous les autres. Il s’agit donc d’ouvrir l’œil et le bon. Ne nous préoccupons donc pas des insectes évoluant là-haut, dans les airs, ceux qui se reproduisent dans de gracieux vols pendulaires, au-dessus des courants ; ou bien encore ceux qui ont pour habitude de remonter massivement la rivière, à la recherche d’une eau agitée pour y pondre. Même Si on peut s’attendre à en retrouver un certain nombre sur l’eau un peu plus tard, ces insectes-là n’intéressent pas les poissons, du moins par pour l’instant. Il est donc inutile d’agiter la casquette au-dessus de la tête dans le but de capturer un insecte au vol pour pouvoir l’identifier. C’est à la surface de l’eau qu’il faut tâcher de reconnaître l’invertébré qui a la faveur du poisson, car c’est précisément à cet endroit que celui-ci vient s’en saisir. Si la diversité d’insectes présents sur l’eau rend la probabilité plutôt hasardeuse, la forme, la puissance des gobages ainsi que les endroits où ils se produisent peuvent néanmoins nous donner quelques indications. Ainsi, des gobages bien marqués et sonores, situés en pleine eau, déterminent souvent la prise de subimagos ou d’imagos de bonne taille. A l’inverse, les gobages discrets, pour ne pas dire timides, effectués en fin de "gour ", sur les lisses, sont généralement causés par la prise d’imagos de petite ou de moyenne taille, ou par de petits moucherons. Cependant, ce que l’on prend parfois pour des gobages ne sont en fait que des remous. Au crépuscule, avec une lumière qui décroît rapidement, il n’est pas toujours aisé de faire la différence. Ces remous sont provoqués par des poissons qui se saisissent de nymphes d’éphéméroptères sous face, juste avant leur émergence. Il n’est donc pas inutile, le cas échéant, de posséder quelques nymphes légères qui peuvent parfois sauver la bredouille.

L’arrivée des Trichos

Bien souvent, le coup du soir se caractérise par des moments d’intense activité, interrompus par des temps morts de courte durée et ce, tout au long de la soirée. Puis, subitement, tout semble définitivement s’arrêter et la rivière retrouve son calme, comme si la fête était finie. Calme relatif cependant, car tout à coup, des gobages bruyants, des remous puissants se produisent un peu partout et viennent bouleverser de nouveau la quiétude du cours d’eau. Les truites viennent parfois même gober dans nos bottes et d’autres nous font sursauter en sortant de l’eau pour y retomber dans une gerbe d’éclaboussures ! Que diable se passe-t-il ? Quelle est la cause de ce tapage ? Ces manifestations soudaines sont à coup sûr l’œuvre des trichoptères, que l’approche de la nuit décide à émerger pour les uns, et à venir pondre, pour les autres. Dès l’apparition de ces gobages, il est fortement recommandé d’utiliser une imitation de cet insecte. Cet invertébré est certainement le plus facile à copier et toutes les artificielles censées le représenter font l’affaire. Il s’agit cependant de respecter sa taille et sa tonalité d’ensemble. L’émergence et la ponte massive des trichoptères mettent généralement les truites dans un état de folie boulimique où elles perdent toute prudence. Cependant, leurs moments d’égarements ne nous mettent pas à l’abri de l’insuccès. Certains pièges sont à éviter, et il nous appartient de les déjouer afin d’éviter une humiliante bredouille. Certains soirs en effet, la truite préfère se saisir de l’insecte juste avant son émergence, sous la surface. A ce stade, les nymphes de trichoptères sont particulièrement vulnérables et le poisson le sait. Les pourchassant dans tous les azimuts, il s’en empare impitoyablement, provoquant non pas des gobages, mais des remous. Dans ce cas particulier, la truite ne reste pas en poste, mais chasse littéralement sur un périmètre donné, à la manière d’un croiseur. Il ne s’agit donc plus de pêcher un poste, mais plutôt de couvrir une zone de chasse à l’aide d’une imitation appropriée.

Des femelles qui plongent

De même, la ponte des trichoptères s’effectue de différentes manières en fonction de l’espèce. Certaines d’entre elles déposent leurs oeufs à la surface, en voletant, en glissant ou en dérivant tout en tapotant l’extrémité de leur abdomen sur l’eau. D’autres espèces plongent littéralement et nagent pour gagner le fond de la rivière afin d’y laisser leurs oeufs. Ce manège peu discret gagne rapidement l’intérêt des truites qui les pourchassent comme précédemment. Dans ce cas, l’utilisation d’un subsedge savamment animé donnera sans aucun doute de bons résultats. Si le fait de connaître par cœur le nom de chaque espèce d’insecte n’a jamais permis à quiconque de capturer plus de poissons, le fait d’utiliser une imitation appropriée représente néanmoins un atout non négligeable. Le plus dur reste cependant à faire : bien la présenter...

 
 
 

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