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Le vairon en grande rivière
Publié en ligne le dimanche 3 janvier 2010
 

Comme beaucoup, j’ai débuté au manié avec des montures « godilles » à disque achetées dans le commerce.
Toutefois, je me suis rapidement rendu compte qu’elles n’étaient pas forcément adaptées à la prospection des grands cours d’eau que je pratique habituellement.
Il fallait donc revoir ma façon de pêcher... et la monture qui va avec.

Texte et Photos Olivier Mariette

 

Séduit par la nage « planante et erratique » des montures godilles j’ai été en revanche immédiatement confronté à leur manque cruel de poids pour peigner correctement une grande rivière, m’obligeant à pincer une chevrotine en tête sur le nylon, ce qui n’est pas fait pour le solidifier !
J’ai surtout rapidement été très agacé par tout le « cérémonial » à respecter à chaque changement de vairon : nécessité d’une aiguille à locher (si facile à perdre !), obligation de faire un bas de ligne à boucle relié au corps de ligne par un émerillon à agrafe (pour enfiler le vairon avec l’aiguille sans casser et refaire perpétuellement un nœud !), bloquer la monture avec une pointe de cure-dent (penser à en avoir une réserve sur soi !) pour qu’elle ne « cintre » pas le poissonnet au lancer, enlever la chevrotine puis la remettre, etc... Bref, allant au bord de l’eau pour pêcher et non pour bricoler, je trouvais ça plutôt fastidieux !
Etant pragmatique, il m’est de plus égal de passer du temps à la maison pour fabriquer des montures si elles me font gagner de précieuses minutes en action de pêche par leur simplicité de mise en œuvre.
Après un petit « brainstorming » (tempête dans mon cerveau !), je suis arrivé à la conclusion qu’une monture « mixte » (plombée interne et externe) devrait bien mieux convenir à mes rivières. Pourquoi mixte ? Parce que je crois qu’avec une grosse chevrotine en tête, le vairon, certes, plonge très rapidement mais a une nage trop saccadée (brutale, pourrait-on dire), piquant du nez vers le fond à chaque relâcher tel un « Stuka ».
L’adjonction d’une petite plombée interne contrebalance cet effet indésirable tout en conservant l’avantage d’un montage lourd qui pêche « creux » rapidement mais atténue le plongeon du vairon en le faisant descendre plus « à plat », plus naturellement.
Je suis donc parti sur une base de la géniale monture « Drachkovitch » avec, à la place de la corde à piano habituellement enfoncée dans le corps du vif un petit plomb clou, un peu dans l’idée des montures mises au point par Olivier Plassereau.
Vous remarquerez d’ailleurs que mes montures sont assez semblables à celles développées par le regretté Jean-Jacques Lardy même si nous ne nous sommes jamais concertés !
De plus, preuve de leur efficacité, voilà maintenant onze ans que je les ai conçues sans jamais sentir le besoin de les faire évoluer depuis !

L’outillage

S’il faut un minimum d’habileté pour les construire, ces montures ne nécessitent que peu d’outils :
Un cutter pour le dacron, une pince ronde pour former les boucles en corde à piano, une plate pour torsader la corde et une coupante (une pince plate avec une section tranchante peut aussi convenir) et c’est tout !

Le matériel

Il faut donc :
-  De la corde à piano (appelée aussi corde inox) pour la pêche en 30 et 70/100.
-  Des chevrotines : en base, je monte des n°9 (4,5gr) adaptées à mes Gaves pyrénéens mais je descends régulièrement en action de pêche à 2,5gr pour prospecter les fins de plage ou les rivières plus petites. Des « tiges striées » de 1,7gr de chez « Lemer », achetées en conditionnement de 100 pièces pour en réduire le coût.
-  Du dacron en résistance de 8 à 12lbs (4 à 6kg) pour les raccords hameçon/monture. Je préfère de beaucoup le dacron au nylon qui casse et vrille et même à la tresse de pêche classique qui parfois glisse au nœud et dont le tressage pas assez serré permet parfois aux hameçons de se planter dedans !
-  Des hameçons « triple rond » n°12 Vanadium de chez « VMC ». J’aime leur piquant et leur finesse de fer qui permet (mais pas toujours !) de les ouvrir en tirant progressivement pour dégager la monture bloquée au fond de l’eau derrière un gros caillou.
Depuis l’an dernier je les prends en rouge car j’apprécie le « signal sang » qu’ils donnent aux flancs du vairon. Mais ça c’est davantage dans ma tête que dans celle des poissons car des hameçons noirs ou argentés prennent aussi des truites !
Pour la même raison que les tiges striées, je les commande aussi par boite de 100 chez mon détaillant.
-  Du fil de cuivre en 35/100 indispensable pour ligoter le vairon sur la monture. Le mien est un « fond de bobine » (une bonne centaine de mètres quand même !) acheté il y a plusieurs années dans une entreprise de bobinage industriel pour la modique somme de 20 francs, bobine comprise !

Le montage

Je commence par soigneusement ébavurer à la pince coupante les tiges striées de leurs ergots latéraux car sinon ils scient rapidement un vairon. Le fil de cuivre sera amplement suffisant pour le maintenir correctement sur la monture.




Ici débute la phase la plus délicate du montage : la fabrication et la mise en place de la mini boucle en corde à piano de 30 /100. Une fois la boucle formée à la pince ronde, deux ou trois torsades avec une pince plate suffisent à la bloquer. L’excédent de corde est ensuite coupé (attention aux risques de projection dans les yeux !) en deux longueurs inégales afin d’être plus facilement introduites et ressortir chacune par les deux ouvertures latérales de la tige striée.





Les deux extrémités de la corde sont alors torsadées cinq ou six fois pour épouser au plus près le corps de la tige (sans trop forcer néanmoins car sinon la corde risque de casser !).
Le surplus est alors sectionné et la torsade rabattue vers la tête de la monture.



Sur l’anneau de corde inox sont noués deux brins de dacron par un nœud Duncan (dit aussi uni ou du pendu). Les hameçons sont ensuite positionnés à la longueur souhaitée par un nœud simple puis bloqués par un nœud en « 8 ». C’est peu académique mais ça permet de les fixer avec une assez bonne précision à la distance voulue ! Je prends soin également de serrer énergiquement ce nœud en « 8 » pour éviter tout risque de glisse.


Certes, mon système n’est pas réglable en fonction de la taille des vairons, c’est pourquoi, quand je pêche ces derniers, je ne sélectionne que les sujets de taille moyenne, soit entre 5 et 6cm environ.
De toute façon les vairons trop petits se déchirent trop rapidement sur ces montures et les trop gros, outre le fait qu’ils engendrent plus de loupés sur les touches, descendent aussi moins bien au ras du fond du fait de leur plus grande « prise » au courant.
Ainsi, l’hameçon de tête est positionné à mi-longueur de la tige, ce qui, une fois le vairon en place, permettra de le planter entre la tête et la dorsale de ce dernier.
Le deuxième triple dépassera le clou de quelques millimètres afin d’être fixé entre la dorsale et la caudale du poissonnet.
Le fil de cuivre est alors torsadé deux ou trois fois sur la boucle en corde inox et légèrement serré. Je le coupe ensuite de biais (ça permet ensuite de transpercer plus aisément le corps du vairon à l’arrière des ouies) à une longueur de 10 ou 12cm. C’est suffisant pour passer derrière la tête du poissonnet, faire un passage dans la boucle en corde à piano de la tige et ligaturer la gueule de l’appât afin de le maintenir fermement en place.
Reste à couper quelques cm de corde à piano en 70/100 et à rabattre les extrémités à environ 1,5cm l’une de l’autre. Cette corde est ensuite enfilée sur la boucle en 30/100 de la tige (sur l’autre coude sera noué mon bas de ligne) et une chevrotine est fermement pincée en son milieu, cadenassant l’ensemble.

Voilà, c’est fini ! C’est certes une monture assez longue à fabriquer mais somme toute robuste, simple d’utilisation et modulable en changeant de plombée d’un coup de pince.
Rien n’empêche de la modifier à volonté, ne serait-ce, par exemple, qu’en remplaçant son armement double par un seul triple, en rendant la longueur des empiles en dacron adaptables à la taille des vairons par un système coulissant ou en la transformant en monture ultra légère pour ruisseau en supprimant la chevrotine et sa corde inox de maintien en 70/100.



Ces montures font mon bonheur depuis des années, si elles vous plaisent, n’hésitez pas à vous en fabriquer quelques unes et ce, pour deux raisons : elles sont libres de « copyright » et de plus prennent du poisson !

 
 
 

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