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La pêche aux leurres en grande rivière
Publié en ligne le samedi 3 mai 2008
 




Il n’est pas toujours facile, pour le pêcheur de truites aux leurres, de passer avec succès cette période charnière qu’est la fin du printemps et le début de l’été.
C’est une nouvelle fois en s’adaptant et en modifiant sa stratégie que le pêcheur aux leurres continuera à connaître le succès. Qui plus est pour faire face à des débits qui faiblissent le retour à la grande rivière s’impose plus que jamais.

Texte : Pascal Lehérissier
Photos : Christophe Bouet et Gérald Montgelaz

 

L’euphorie de l’ouverture passée, de nombreux pêcheurs aux leurres exercent avec assiduité leur talent durant les premiers mois du printemps. Un certain nombre raccroche dès les premiers beaux jours considérant alors que la pêche aux leurres est beaucoup moins adaptée pour capturer du poisson. Certains pêchent alors aux larves ou à la mouche artificielle, en espérant obtenir de meilleurs résultats. En fait, il reste toujours possible de faire de splendides pêches aux leurres pour peu que l’on sache s’adapter aux nouvelles conditions, et que l’on pense notamment à pêcher dans les grandes rivières.

Qu’est-ce qu’une grande rivière ?

Le terme de grande rivière, tout comme celui de grosse truite d’ailleurs dépend, bien entendu, des bassins versants qui peuvent être radicalement différents. En Bretagne ou en Normandie, la grande rivière, ce sera la partie médiane ou aval des fleuves côtiers une fois qu’ils ont reçu leurs principaux émissaires. Ces grandes rivières mesurent parfois à peine plus de 15 mètres de large. En basse montagne, la grande rivière prend parfois des allures de fleuve et sa largeur dépasse allégrement les trente mètres, Certaines grandes rivière à salmonidés comme la Dordogne présentent quant à elles des profils beaucoup plus larges.

S’adapter au niveau de l’eau

Il faudrait être devin pour connaître aujourd’hui le débit de nos cours d’eaux de 1ère catégorie à la fin du printemps et au début de l’été. Qui plus est, le niveau des eaux demeure un phénomène purement local. A l’heure où j’écris ces lignes, c’est la sécheresse en Vendée ou dans les Deux Sèvres alors que la plupart des montagnes françaises connaissent des niveaux d’enneigement particulièrement élevés à la mi-mars. On peut difficilement présumer du niveau des rivières dans l’hexagone mais les tendances générales s’observent régulièrement d’une année sur l’autre, ce qui permet d’élaborer de bonnes stratégies. Il ne faut pas, bien sûr, oublier d’adapter ses tactiques aux conditions réelles rencontrées sur le terrain, mais la tendance reste globalement fiable : les débits risquent de devenir une nouvelle fois très faible cet été.
Le début du mois de mai correspond à des débits corrects et à des eaux à température parfaitement adaptée à une intense activité des salmonidés. Les truites font alors preuve d’une rare pugnacité vis à vis des leurres. Observons toutefois une période toujours plus difficile à négocier pour le pêcheur aux leurres, celle des éclosions massives d’insectes. Les truites sont plus délicates à séduire, sauf pour les moucheurs bien entendu.
Petit à petit, les débits vont s’affaiblir et les eaux se réchaufferont rapidement. A la fin du mois de juillet, les salmonidés entreront dans une période difficile car le faible débit va favoriser le réchauffement rapide des eaux. Tout cela aura pour conséquence de concentrer l’activité des truites sur de courtes périodes. On pense bien entendu aux heures les moins chaudes de la journée, tôt le matin et tard le soir. Sachez que s’il vous est dur de vous lever tôt le matin, il y a de grandes chances pour qu’il en soit de même pour vos collègues pêcheurs. Sachez également que nos amis moucheurs ont souvent tendance à exercer leur talent en fin de journée, c’est le célèbre coup du soir. Il est donc fort probable que vous vous trouviez confronté à une forte concurrence si vous vous aventurez sur les parcours de pêche en fin d’après midi. Les moucheurs ont un rythme de pêche beaucoup plus lent que les pêcheurs au lancer, il y a donc très rapidement un grand risque que les deux techniques se gênent. C’est bien connu, s’il y a gêne il n’y a pas de plaisir. Alors au final, va pour le coup du matin.

Des chances de captures accrues

Comme bon nombre d’entre vous, je pratique en début de saison essentiellement dans les petits cours d’eau. Il y a d’ailleurs une fort bonne raison à cela. On y rencontre des poissons mordeurs et l’on est capable de les couvrir à la perfection. Pour les grandes rivières, c’est beaucoup plus délicat sauf en cas de forte période de gel qui a pour conséquence de réduire les débits. Très souvent, les débits très forts empêchent une présentation idéale du leurre. Les puissantes veines d’eau ballottent notre poisson nageur ou notre cuiller. Les truites ne les voient jamais passer ou presque dans leurs fenêtres d’observation. En résumé, la prospection des fortes veines d’eau laisse augurer des résultats particulièrement aléatoires pour le pêcheur aux leurres. Lorsque les débits s’amenuisent, ces postes prometteurs deviennent accessibles et les truites qui hantent ces lieux ont été assez peu sollicitées. Qui plus est, leur population est souvent renforcée par de beaux sujets descendus de l’amont à la mi-saison.
Le comportement des truites change également. En début de saison, dans l’eau forte et froide, elles restent la plupart du temps calées sous une roche et profitent de la nourriture qui passe à proximité immédiate. Plus tard, elles se mettent en chasse, n’hésitant pas à parcourir de longues distances pour chasser les petits alevins de truites ou les vairons. Petit à petit, la notion de territorialité devient plus floue. Poste de repos et poste de chasse deviennent franchement distincts, bref les truites deviennent plus actives. Il est donc intéressant de coller activement à cette baisse progressive des eaux. Ce périple saisonnier m’amène donc à me diriger vers les parcours aval des cours d’eau au fur et à mesure de la réduction des débits. C’est toute une stratégie de pêche qu’il faut alors développer si l’on souhaite connaître le succès.

L’ultra-léger en grande rivière

Mai reste un mois très favorable pour les pêcheurs aux leurres. Les cours d’eau présentent généralement un profil parfait et les truites sont véritablement actives. Dans les cours d’eau de moyenne importance, c’est l’époque parfaite pour pêcher à l’ultra léger. Cette technique fait appel bien entendu à un matériel spécifique qui permet de présenter de petits leurres sur des postes réduits et peu profonds. Il va de soi que si l’étiage sévère se confirme, les grands cours d’eau seront susceptibles d’être pêchés avec cette technique dès le début de cette période.

Le matériel pour l’ultra-léger

La canne pour pêcher à l’ultra-léger mesure en général entre 1,8 mètre et 2.1 mètres. Sa (faible) puissance lui permet de lancer efficacement des leurres entre 1 et 3 grammes. Les modèles à action de pointe sont aujourd’hui les plus représentés car ils permettent de lancer loin et précis. Pour le moulinet, un modèle de taille réduite et pas trop lourd contribue à équilibrer la canne. Méfiez-vous des micro-moulinets, à la bobine un peu trop petite, qui ont souvent tendance à provoquer des perruques. Pour le nylon, je reste un inconditionnel des fils fins mais je reste également un inconditionnel des fils suffisamment solides. Un 12/100 permet généralement de lancer efficacement de petits leurres et ne rebutent pas trop les truites. Il m’arrive même de pêcher avec du 14/100 sur les parcours encombrés que je sais riches en grosses truites. Pour ne rien vous cacher, j’ai cassé en 12/100 au cours de l’année 2004 sur une truite d’environ 50 centimètres qui avait juste décidé de redescendre à toute vitesse une veine d’eau. Si je peste encore sur cet incident, ce n’est pas parce que j’ai perdu un poisson nageur dans l’histoire mais plutôt parce que j’ai laissé partir une truite avec deux hameçons qui lui clavaient la gueule. La pêche aux leurres est indiscutablement une pêche sportive et la sportivité passe inévitablement par le respect du poisson. Pêcher trop fin et casser souvent sur des poissons n’est pas une attitude sportive.
La prospection se fait classiquement de l’aval vers l’amont en restant particulièrement discret dans ses déplacements. Sur ce type de parcours, les postes peuvent être véritablement nombreux. La moindre grosse pierre provoque un remous susceptible de servir de poste d’embuscade. Ici, une veine de courant se pince et provoque une accélération.
Un peu plus loin, une longue chevelure verte ondule en permanence et offre un poste de surveillance de premier choix. La rivière n’est en fait qu’une multitude de petits postes, très variés d’aspect et qui offrent tous la possibilité de cacher une truite. Une véritable traque impose donc une pêche rapide et précise à l’aide de petits leurres. Au final, le faible niveau des eaux nous révèle que les veines d’eaux apparemment uniformes sont en fait composées de nombreux petits postes, susceptibles d’offrir un terrain d’embuscade.

Choix des leurres

Côté leurres, il va de soi que les modèles classiques sont toujours efficaces. Les petits poissons nageurs ainsi que les cuillers tournantes ont depuis fort longtemps séduit des générations de truites en été. Les modèles qui retiennent mon attention ont une qualité indispensable : leur mise en action rapide. J’utilise donc des poissons nageurs présentant des qualités de nage parfaite. 5 cm est une taille courante pour un poids de 3 grammes. Côté cuiller tournante, les modèles de moins de 3 grammes avec une palette arrondie se mettent à tourner dès qu’ils touchent l’eau, leur nage papillonnante leur permet de bien prendre appui sur l’eau, ce qui permet de récupérer à un rythme tout à fait raisonnable. Les cuillers mouche de petite taille sont également très prenantes. Un petit conseil particulièrement important : les palettes trop brillantes provoquent des éclats lumineux souvent trop puissants. Rien ne vaut les palettes ternies par un long usage.
Si l’eau est vraiment basse, certains parcours se limiteront en une succession de petites chutes d’eau (il serait plus logique de parier de petits filets d’eau) et d’une vaste cuvette d’eau calme présentant parfois une bonne profondeur. Les truites se situent alors généralement à proximité de la chute d’eau, mais très souvent elles seront cachées dans l’eau calme, à l’ombre d’une pierre ou d’une souche où il sera difficile de les voir. Les micro poissons nageurs seront alors tout indiqués pour les séduire. Le Bevy Minnow de Lucky Craft, le Tiny Fry 38 de Illex, le Panish de Smith ou le dernier Rapala de 2.5 cm seront alors parfaits pour tenter ces truites difficiles. Un nylon très fin est alors de rigueur, et c’est dans ces conditions extrêmes qu’il m’arrive de sortir le 10/100. C’est dire si la pêche devient alors difficile...

 
 
 

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