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Les différentes manœuvres de la truite ferrée
Publié en ligne le mercredi 3 décembre 2008
 




Toute la panoplie des différents cours d’eau, du ru à la majestueuse rivière, l’environnement encombré du lit et des berges ou au contraire des espaces largement dégagés, l’impétuosité ou bien la lenteur des flots amènent différentes stratégies quant à la bonne méthode pour arriver à cueillir la truite ferrée.
Alphonse Arias fait un tour d’horizon des différentes possibilités en les analysant et en proposant les solutions appropriées.

Texte et photographies Alphonse Arias

 

L’idéal est de prévoir, avant la touche, la meilleure solution du moment afin de prévenir des désagréments divers que la truite dansant au bout de la ligne mettrait sans nul doute à profit pour fausser compagnie au pêcheur.
Je vous propose d’analyser les principaux cas de figures rencontrés avec les solutions qui me semblent les mieux adaptées, afin que votre main puisse caresser amoureusement les belles et élégantes truites après des combats sans tâche.

Quatre situations sont possibles :
-  courant fort et espace,
-  courant fort et pas d’espace,
-  courant lent et espace,
-  courant lent et pas d’espace.

Manifestement, il ne peut y avoir une seule méthode pour manœuvrer les truites ferrées, mais une ou plusieurs stratégies par rapport à la grosseur du poisson, à la force du courant, à l’environnement émergeant ou immergé, à la nature des berges ainsi qu’à la façon de pêcher. Certes, l’idéal chaque fois que cela sera possible, est d’avoir la truite en amont de la position du pêcheur. Pour ce faire il ne faut pas un courant trop fort, trop d’obstacles au-dessus et autour du pêcheur sans oublier ce qui est sous l’eau. Une action de pêche dirigée vers l’amont facilitera évidemment la chose. De plus le pêcheur pendant l’action de pêche doit prévenir la bonne méthode pour amener la truite à lui. Pour cela il faut qu’il connaisse en un éclair les obstacles, les souches, les branches, toutes les entraves possibles ainsi que les courants rapides, les chutes d’eau, les calmes.
Dans tous les cas, dans la mesure du possible, il y a lieu de privilégier les positions qui permettront d’avoir les touches en amont.
Le pêcheur doit aussi prévoir, de descendre d’un ou plusieurs pas dans l’eau ou sur la berge. Des règles de prudence s’imposent : en effet, dans l’eau, des branches immergées, des racines, des cassures, des obstacles divers, des galets glissants peuvent déséquilibrer et faire tomber le pêcheur.
Les lunettes polarisantes dans ce domaine là aussi représentent une compagne bien précieuse.
Le sens de l’observation doit permettre l’anticipation de la méthode à suivre pour mieux faire ce qui est possible et éviter les difficultés. Il en est de même sur la berge avec tout ce qui peut provoquer une chute. Il y a lieu, entre autre, de se méfier des ronces agressives et tenaces qui empêchent de bien marcher, qui peuvent provoquer un accident et pour le moins faire manquer une belle truite. Soyez attentif également à tout ce qui peut vous blesser le torse, le visage et la tête.

Bien sûr, quand une truite est ferrée, dans certains cas, il faut faire vite mais attention à trop de précipitation qui pourrait ternir non seulement la partie de pêche mais aussi les semaines suivantes pour ne pas dire les mois suivants. Prudence donc en marchant dans l’eau et sur les berges avec une mention particulière pendant la manœuvre de la truite ferrée.
Les truites, surtout les belles, ont déjà eu des démêlés avec les pêcheurs. Elles mettront à profit toute erreur de ces derniers pour leur fausser compagnie grâce aux obstacles divers et aux grands courants.
D’ailleurs leurs positions en activité et leurs habitats ne sont pas les fruits du hasard. En cas de danger ou lorsqu’elles se sentent piégées par un leurre ou un appât elles savent d’avance en général ce qu’elles doivent faire.

Rivières moyennes ou grandes

Les mêmes stratégies sont à suivre tant dans les rus, ruisseaux et torrents dégagés que dans les différentes plages lisses ou moutonnées, les bordures, les courants ou les coups marqués des grands ou moyens cours d’eau.

Analysons deux principaux cas de figures :
Le courant n’est pas assez fort pour empêcher de maintenir en amont la truite ou de l’y faire monter et aucun obstacle ne gêne.

Dès que la truite est ferrée il faut s’attendre dans bien des cas à ce qu’elle profite du courant le plus fort pour s’en aller franchement en aval, sauter ou même se mettre en vrille. Elle peut vouloir rejoindre son habitât pour se caler dans quelque obstacle, rentrer dans un amas de branches, troncs, herbiers, broussailles immergées... Elle joue bien souvent sa peau ! On peut la comprendre !
Une fois le ferrage effectué avec succès si l’on pêche en marchant dans l’eau il faut tourner carrément le dos à l’aval et faire en sorte que la truite se situe en amont de la position du pêcheur. Ceux qui pratiquent une action de pêche vers l’amont, je le rappelle, ont la tâche plus facile. Pour les inconditionnels de la pêche vers l’aval ils doivent faire remonter la truite pour se trouver plus bas qu’elle.
Une fois la truite fatiguée il convient de la laisser glisser à portée de main ou d’épuisette en s’aidant du courant ou de la canne si l’eau est calme.
Bien que moins élégant, l’on peut amener la truite doucement au sec sur un banc de sable ou de gravier. Pour ma part j’aime bien saisir sur l’eau, avec la main, la truite vaincue. Aussi dans un dernier sursaut un certain nombre, in extremis, me faussent compagnie. Et c’est tant mieux pour elles, j’en suis ravi et me surprend à plonger dans des rêveries de précarité de l’existence... La caresse du regard pendant la " bagarre " puis la caresse de la main, souvent ultime hommage à la truite vaincue et à nouveau la caresse du regard lors de la fuite inespérée ... du bonheur, rien que du grand bonheur d’un côté ou de l’autre ou des deux côtés à la fois !

Si vous pêchez depuis la berge faites remonter la truite tout en la dirigeant vers le bord puis procédez comme si vous étiez dans l’eau. Evidemment si vous surplombez et si vous ne pouvez pas accéder à l’eau il faudra lever la truite quand elle ne bougera plus... à moins qu’elle soit trop grosse !
Dans les deux cas, un ou plusieurs pas en aval avec les recommandations de sécurité, peuvent rendre bien des services et un gain de confort. Avec un peu d’habitude l’on arrive à synchroniser la remontée de la truite et les pas en aval. Evidemment il faut bien négocier la tenue de canne et la longueur de la ligne pour jouer dans le confort et l’élégance. L’on doit bien cela aux sublimes et racées farios sauvages à qui l’on doit tant de bonheur.

Le courant est trop fort pour maintenir la truite en amont, la faire monter ou bien des obstacles gênent cette manœuvre.

Si vous êtes dans l’eau, tournez le dos à l’amont tout en tirant la canne dans la direction où vous souhaitez amener la truite, de préférence vers la berge et dans une eau plus calme. Quelques pas très prudents vers l’aval si cela est possible, vous rendront bien des services surtout si la truite se laisse dévaler dans un grand courant. Vous devez négocier la bonne longueur de la ligne out en tournant la canne, haute ou plus basse selon le comportement de votre adversaire.
Si la truite reste dans la couche d’eau du fond et si la végétation le permet une canne assez haute fera l’affaire. Si la truite vient en surface ou saute, une canne basse vous donnera plus de satisfaction.
Dans tous les cas votre objectif est de sortir habilement la truite des grandes turbulences pour la conduire dans une onde plus calme où vous la laisserez se fatiguer. Comme pour tout le reste le bon sens est souverain...
Si vous êtes sur la berge, tournez également et progressivement le dos à l’amont en dirigeant la truite vers le bord où l’eau devient plus calme. Là encore des pas vers l’aval en tournant la canne vers la rive de pêche vous aideront bien. Encore faut-il que ce soit possible en respectant strictement les règles de sécurité. Ronces, branches, galets, roches, etc... peuvent, je le rappelle, provoquer des chutes. Prévenez celai, soyez prudent, ne perdez pas la tête à cause de la jolie truite qui tente de vous fausser compagnie.
Dans tous les cas, dans l’eau ou du bord, votre canne et votre ligne doivent faire un angle le plus droit possible. La longueur de la ligne doit être raisonnée, là aussi avec bon sens, pour un maximum de confort et si j’ose dire d’élégance.
Vous devez être le plus à l’aise possible, par rapport à l’espace dont vous disposez.
Il y a lieu de ne pas négliger les autres truites des environs. Pour cela la manœuvre de la truite doit se faire le plus discrètement possible en évitant au maximum de surplomber, de trop gesticuler, de projeter votre ombre et celle de la canne sur les zones que vous n’avez pas encore pêchées.

Voilà, " votre " truite est quasiment rendue, vous avez évité les pièges de quelques obstacles immergés qu’elle recherchait instinctivement, vous l’avez empêchée de rejoindre le radier.
Elle est à la surface d’une eau assez calme et suffisamment profonde, image merveilleuse car vous distinguez aisément les tâches rouges et brunes de sa magnifique robe vernissée aux nageoires toutes tendues. Vous n’évaluez pas à quel point vous avez une chance géante d’avoir une image vraie, une image d’exception et excessivement belle dans un monde fouetté par les illusions et les marchands du pseudo. Vous au moins vous vivez une histoire naturelle ! Il ne reste plus qu’à l’amener délicatement vers votre main ou votre épuisette sans gestes brusques et si cela est plus confortable dans une position accroupie.
Une canne souple permettra un bon confort de pêche, notamment dans les lancers, une manœuvre efficace et plus élégante ainsi que moins de truites décrochées.

Rus, ruisseaux et torrents

Ils possèdent assez souvent de la végétation, des encombrements, parfois des cascades. Les manœuvres des truites ferrées sont donc différentes de celles des grands et moyens cours d’eau. Toutefois lorsque ces derniers ont des postes difficiles (les meilleurs) dans des endroits restreints remplis d’embûches il faudra procéder comme dans les petits cours d’eau. Par exemple quand les frondaisons ou des obstacles immergés ou émergeants imposent une pêche sous la canne ou presque avec peu d’espace pour manœuvrer.
Plus souvent qu’en grand cours d’eau il sera nécessaire de brider les truites, surtout les belles, faute de quoi vous aurez le bonjour de quelques souches, racines, branches, radiers etc...
Je le rappelle prévenez la touche, ne soyez pas pris au dépourvu. Sachez ce que vous devez faire au moment du ferrage.
En un clin d’œil votre sens de l’observation doit vous permettre l’analyse précise de la situation. Si vous pêchez un poste difficile, restreint, entouré d’encombrements divers, de grands courants, si vous ne disposez pas d’espace pour manœuvrer, alors, la bonne méthode me semble être celle qui consiste à brider la truite sur le lieu de la touche ou à proximité dans une zone calme. Certes ce n’est pas très élégant mais c’est, je pense le seul moyen de mettre toutes les chances de votre côté pour être maître de la situation.
Dans le cas contraire, la truite s’empêtrera dans un obstacle ou prendra le plus fort du courant. Si vous ne pouvez l’extraire de cet obstacle ou si vous n’arrivez pas à la sortir rapidement, faute d’espace, adieu la belle !
Si vous disposez d’assez de place faites en sorte, là encore, de maintenir ou d’amener la truite en amont de votre position, de l’empêcher d’aller dans des endroits " sales " ou très rapides. Maintenez ou amenez la truite dans le calme jusqu’à ce qu’elle se fatigue puis cueillez là. Dans certains cas il vous sera impossible de la saisir à la main ou avec l’épuisette. Il faudra donc la lever ou la faire glisser sur la berge en négociant bien évidemment la bonne longueur de la ligne afin de ne pas avoir de problèmes avec l’environnement.

Quelques cas particuliers se présentent régulièrement aux pêcheurs téméraires qui n’hésitent pas à prospecter des postes excessivement difficiles d’accès. Inutile d’insister sur la qualité de ces postes qui ne sont quasiment pas pêchés donc très porteurs. L’inconvénient majeur réside dans la difficulté parfois du ferrage mais aussi de la manœuvre de la truite. Il est parfois impossible de se déplacer latéralement, Je ne vois que deux solutions, soit brider jusqu’à épuisement soit sortir d’autorité et immédiatement la truite qu’il convient d’envoyer sur la berge ou dans un endroit dégagé. On peut déplorer un manque de délicatesse, certes, et en écrivant cela je pense aux âmes sensibles mais ça fait partie de la pêche. Cela n’éradiquera jamais une souche autochtone et ne fera jamais autant souffrir les truites, et ce gratuitement, comme c’est le cas, entre autre, pour les pompages abusifs en période de sécheresse.
Il est vrai qu’en ruisseaux d’altitude et même parfois ailleurs la croissance des truites est lente ou très lente. Elles ne dépassent qu’exceptionnellement une vingtaine de centimètres. Elles sont matures vers 14 cm. La pêche prend alors une sympathique tournure de randonnée sportive dans un cadre souvent magique, grandiose et bucolique. N’ayant affaire qu’à des petites truites pourtant âgées de 4 à 6 ans, pour la plupart, la manœuvre pour les cueillir s’en trouve évidemment simplifiée.
Lorsque la manœuvre de la truite ferrée doit être réduite au strict minimum comme je viens de l’expliquer une canne rigide ou semi rigide est souhaitable. Ainsi le pêcheur gagnera en efficacité ce qui n’aurait pas été le cas avec une canne souple.

Rappel de conseils pratiques

Dans toutes les phases de la pêche (sauf dans certains cas pour se décrocher) la ligne doit faire un angle le plus droit possible avec la canne. Pendant la manœuvre de la truite votre bon sens doit vous permettre d’avoir une longueur de nylon ni trop longue ni trop courte. Pour cela il faut que vous ayez un confort maximum tout au long de l’action. Dans la mesure du possible il y a lieu d’éviter les acrobaties, les gesticulations, les étirements qui peuvent mal se terminer...
En cas de non respect de la bonne longueur de nylon et de la bonne tenue de canne, outre le manque d’élégance et de confort vous risquez davantage de décrocher.
Ne donnez du mou à votre ligne sous aucun prétexte.
La discrétion est de rigueur, la sobriété de mise, je le rappelle vis-à-vis des autres truites mais aussi de celle qui gigote au bout de la ligne. Prise de panique et à portée de main elle peut repartir bien loin avec la force du désespoir et vous quitter à jamais. Soyez donc très discret, ne faites pas de gestes brusques, dissimulez vous au maximum, accroupissez vous le cas échéant.
Par contre dégustez sans modération, lorsqu’une fois cueillie dans votre main vous aurez le privilège de pouvoir admirer une fario sauvage dont la robe qui ne doit rien aux grands stylistes s’enorgueillit, comme par miracle, de carmin et de brun.

Petite conclusion

Dans le domaine de la truite ferrée, comme dans tout le reste du monde magique de la pêche à la ligne, que les néophytes se consolent, tous les pêcheurs commettent des, erreurs, même les très bons. L’important c’est d’en commettre le moins possible.
Et puis, mis à part les premières truites perdues par l’enfant débutant il y a lieu de s’incliner sportivement sans jurons, lorsque le pêcheur est battu par une jolie truite qui, elle, n’a pas commis d’erreur et a gagné.
Pour ma part j’en rigole et me surprend à complimenter mon "adversaire" d’avoir été la plus forte. Ainsi dernièrement je pêchais comme d’habitude sans épuisette et m’apprêtais à cueillir à la main une grosse truite. Après un combat mémorable, alors que j’étais très penché en la circonstance, dans un dernier soubresaut, la belle Dame m’a giflé le visage en m’aspergeant d’eau avec sa queue. Elle s’est décrochée, ce qui m’a provoqué un fou rire alors que j’étais seul et perdu dans un repli des Pyrénées !






Retrouvez les Ouvrages d’Alphonse Arias sur www.alphonse-arias.com

 
 
 

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