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La Donzette
Publié en ligne le mardi 3 février 2004
 

Il existe un nombre incalculable de montures à vairon mort manié, certaines un peu plus efficaces que d’autres, que leur propriétaire ont la plupart du temps conçues sur la base d’une monture déjà existante surtout dans le but de la personnaliser ou bien de l’adapter à des conditions particulières d’utilisation. Peu d’entre eux ont en effet eu l’idée originale de concevoir une monture à la fois innovante et réellement prenante sur nos chères compagnes de jeu. C’est pourtant ce que fit Paul Donzé qui mis au point en 1955 une curieuse monture qu’il baptisa par la suite du joli nom de "Donzette". Ce leurre naturel, à mi-chemin entre la monture à poisson mort et le poisson-nageur, se révéla si efficace que les quelques pêcheurs qui l’utilisent encore ne disent pas qu’ils pêchent au vairon mort manié mais simplement "à la Donzette" !

Texte et photographie Christophe Bouet

 

A l’image de la cuiller à vaironner que je vous avais présentée voilà quelques mois dans un article spécifique, la Donzette est un leurre peu connu des pêcheurs alors que cette monture est encore fréquemment utilisée dans sa région d’origine, la Franche Comté. C’est en effet avec le double avantage de posséder l’incontestable pouvoir attractif d’un appât naturel et celui d’un poisson nageur que la Donzette est capable de leurrer dans bien des cas des poissons pourtant réputés difficiles. Car de toute évidence cette monture est particulière et l’attrait qu’elle suscite auprès des pêcheurs n’est plus à démontrer même si ces derniers restent plutôt discrets sur son utilisation. Cependant, tout secret est bien difficile à dissimuler car certains touristes pêcheurs qui l’ont connu lors d’une visite dans la région l’ont bien vite utilisés ailleurs en France, et même à l’étranger. Il est en effet bien évident que ceux qui ont eu la curiosité de l’essayer sur les eaux du Dessoubre, de la Loue ou du Doubs ont été très vite conquis par son efficacité. Ceci expliquant cela, ces mêmes touristes pêcheurs ont la plupart du temps ramené dans leurs bagages la Donzette pour obtenir par la suite des résultats identiques dans leur région d’origine.

Une histoire qui commence en 1955

Née de l’observation du comportement des truites lorsqu’elles sont en chasse dans les bancs de vairon, Paul Donzé a créé son premier modèle de monture en 1955 sur les bords des belles et limpides rivières calcaires francs-comtoises. Le souci de Paul était de donner à un leurre l’apparence d’un petit poissonnet blessé comme il avait à maintes reprises observé au bord de l’eau. Ce n’est qu’après trois années d’expérimentation et de modification que naîtra le modèle original que nous connaissons aujourd’hui et que Paul baptisa du joli nom de Donzette. N’étant destinée qu’à une utilisation personnelle dans un premier temps, Paul Donzé la commercialisa en 1958 sur la demande de nombreux pêcheurs qui comprirent rapidement l’intérêt et l’efficacité de cette monture. A cette époque, elle est uniquement fabriquée pour recevoir des petits poissons appâts de 5 à 6 centimètres qui correspond le plus couramment aux vairons qui sont utilisés pour la pêche de la truite. Avec le rapide succès commercial que rencontra Paul, ces montures seront ensuite déclinées en différentes versions destinées à être employées avec des poissonnets de 7 à 8 centimètres (en 1961) puis de 4 centimètres (en 1965) et de 8 à 10 centimètres (en 1968). Malgré le décès de Paul Donzé, cette monture est toujours commercialisée par quelques détaillants qui poursuivent sa fabrication et ont même étendu la gamme en y ajoutant différents grammages.

Née de l’observation

Destinée à reproduire le plus justement possible le comportement des vairons lorsque la truite est en chasse dans leur banc, la Donzette imite à merveille le poissonnet qui, blessé, nage de manière régulière mais saccadée ... souvent le ventre en l’air !
On peut d’ailleurs aisément observer ce phénomène dans les rivières qui possèdent une forte densité de vairons et dont les eaux sont suffisamment limpides pour les apercevoir sur les gravières au moment de la fraye. Pour ceux qui ont eux chance de pouvoir observer une chasse de truites dans ces bancs de vairons, vous aurez probablement constaté la nage désordonnée de ceux-ci lors d’une attaque puis le nombre important de poissonnets qui vont simplement être blessés par cette chasse spectaculaire mais particulièrement violente. Pour ceux qui ont observé une scène similaire, vous avez probablement constaté que les vairons ainsi blessés vont être "ramassés" par les truites (car ces chasses se font souvent à plusieurs individus) qui reviendront rapidement sur les lieux. C’est de cette observation que Paul Donzé a eu l’idée de créer une monture capable de présenter un vairon blessé, nageant le plus souvent sur le flanc ou littéralement sur le dos et se déplaçant par de grands bonds rectilignes et réguliers entrecoupés de brèves saccades.

Un principe original

Le principe de la Donzette reprend donc les caractéristiques évoquées plus haut en ce qui concerne le vairon blessé : C’est à dire une nage régulière mais saccadée et la position un peu particulière d’un poissonnet blessé. Mais ce qui étonne souvent le pêcheur qui ne connaît pas bien cette monture est sans nul doute le montage du vairon sur la monture. Souvent surpris par cette position singulière, les pêcheurs sont étonnés de voir que le petit poisson est monté à l’envers sur la monture, c’est à dire le ventre en l’air, dos contre le plomb et la bavette. C’est, je pense, cette similitude qu’il existe entre la Donzette et un poison-nageur, tant dans la conception même de la monture que dans la nage de celle-ci, qui surprend toujours le néophyte. Ainsi, il est fréquent de voir des pêcheurs utiliser la Donzette avec des poissonnets montés à l’envers, le ventre contre le plomb. Il est bien évident que dans ces conditions la nage de ce leurre-appâts est différente et bien moins attractive.

Montage de la Donzette

Le montage n’est pas très compliqué mais demande un peu de pratique pour être réalisé correctement. La monture de Paul Donzé est basée sur le principe d’une épingle à nourrice et le montage du poissonnet doit se faire avec la plus grande attention. Une fois l’agrafe de la monture ouverte, il faut enfiler par le dos le vairon fraîchement tué, un peu en arrière de la nageoire dorsale. Le bout de l’épingle doit ressortir pratiquement en bout de course par la gueule du poissonnet. Il suffit ensuite de refermer l’agrafe pour que le plomb agrémenté de la bavette vienne se coller directement contre la tête du poisson mort (voir dessin). Il vous reste ensuite à fixer les deux hameçons sur le dos du petit poisson appât pour rendre opérationnel le leurre. Ce qui demande un peu de pratique c’est de parvenir à placer l’agrafe à la bonne hauteur sur le vairon pour ne pas le cintrer ou le tordre une fois installé sur la monture. Cependant, avec un peu d’habitude on parvient assez rapidement à monter correctement le poisson mort sur la Donzette. Il est important de soigner son montage car, comme pour l’ensemble des montures à poisson mort manié, si le poissonnet n’était pas monté convenablement la qualité de la nage serait alors compromise et pourrait rendre la monture totalement inefficace.

Savoir l’utiliser

Comme pratiquement toutes les bonnes montures à vairon mort manié, la Donzette donne de bons résultats tout au long de la saison de pêche mais il est vrai qu’elle est particulièrement redoutable pendant la période de reproduction du vairon entre avril et juin. Cependant, il convient de ne pas commettre une erreur que l’on rencontre assez couramment : En effet, lors de son utilisation, nombreux sont les pêcheurs qui mettent un émerillon devant la monture, probablement déformé par l’habitude qu’ils ont pris en pêchant aux leurres traditionnels. C’est une chose à éviter impérativement avec la Donzette car cela la rend totalement inopérante. En effet, cette monture ne vrille pas le fil lors de la récupération comme le ferait une cuiller ou un devon qui oblige le pêcheur à avoir obligatoirement recours à un émerillon. Utiliser cet accessoire serait alors une erreur monumentale qui aurait pour incidence de faire tourner sur elle-même la Donzette pendant sa récupération et ainsi annihiler toutes les caractéristiques qui ont été développées lors de la conception de la monture. L’idéal est de faire un nœud classique de cuiller, sans laisser de jeu dans la boucle, pour ne pas donner trop de liberté au leurre.
La Donzette est une monture qui peut s’utiliser un peu partout sur des rivières très différentes. Cependant, elle offre le meilleur rendement sur des cours d’eau dont la profondeur se situe entre 50 centimètres et 2 mètres et dans des courants lents ou moyennement soutenus. Mieux vaut éviter de l’utiliser dans des rivières où le courant est trop important car la bavette provoquera alors beaucoup trop de tirage pour la faire nager correctement. Dans des conditions autres que celles évoquées, il est plus sage d’employer d’autres types de montures plus appropriées.
J’aimerais également porter à votre connaissance un petit détail qui a son importance si l’on veut prendre du plaisir à pêcher à la Donzette ... et surtout éviter de perdre son calme. En effet, lors du lancer, il est indispensable de freiner légèrement du doigt la sortie du fil en fin de course, juste avant que la monture ne touche l’eau, sous peine de voir le bas de ligne s’emmêler dans les hameçons.

Une pêche en remontant

Comme la plupart des montures que j’utilise pour la pêche de la truite, je pêche avec la Donzette en lançant plutôt vers l’amont que vers l’aval. Cette façon de faire rend plus facile la prospection des postes et surtout autorise la monture à pêcher plus creux. En pêche aval, il est pratiquement impossible de maintenir à contre courant une monture, de surcroît lorsqu’elle possède une bavette, à plus de 20 ou 30 centimètres de fond. Il convient donc de lancer trois-quarts amont et d’accompagner la dérive un tout petit peu plus rapidement que le courant afin de conserver la bannière toujours tendue et surtout pour faire travailler la monture sous l’action de sa bavette plastique. Les attaques ont souvent lieux lors du passage devant le pêcheur, au moment ou la monture prend le courant de face et commence à accélérer pour dévaler vers l’aval. J’ai souvent constaté que la truite suivait le leurre, parfois de très près, pour ne l’attaquer que lorsque ce dernier modifiait son comportement, sa trajectoire ou sa vitesse. Ainsi, c’est fréquemment lors du passage amont/aval que l’attaque se produit quand la monture semble vouloir échapper à sa poursuivante. Cette raison tactique que je viens d’évoquer n’est pas la seule pour expliquer pourquoi il est préférable d’utiliser la Donzette en remontant plutôt qu’en descendant : Conçue pour imiter un vairon blessé, il me semble bien plus raisonnable de voir évoluer un poissonnet nageant sur le dos qui se laisse entraîner maladroitement au rythme du courant alors que l’inverse serait un non-sens !

Si la lecture de ces quelques lignes vous a donné l’envie de vous essayer à la Donzette, vous constaterez rapidement que mes propos, certes très enthousiastes vis à vis de ce leurre, sont parfaitement réalistes et ne sont pas le fruit d’un délire journalistique comme cela se rencontre malheureusement de plus en plus fréquemment en matière de leurres pour dame truite. Cependant, même si le leurre miracle n’existe pas et n’existera probablement jamais, sachez que la Donzette, bien utilisée, fera "craquer" de nombreuses et belles farios sauvages.
Dernière petite recommandation : Evitez de parler de trop de ce que vous venez de lire et encore moins de la redoutable efficacité de cette monture ... J’ai peur que par la suite on puisse m’en vouloir !

 
 
 

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