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L’art de se fondre dans le milieu
Publié en ligne le mardi 4 mai 2004
 



Souvent négligée au profit de la technique de pêche, la tactique d’approche et la prospection le long des berges du cours d’eau est pourtant un point capital de notre action de pêche. Il est évident que la présentation d’un leurre, quel qu’il soit, destiné à tromper la méfiance de notre belle mouchetée est bien sur importante mais la manière dont on va s’y prendre pour arriver à nos fins est tout aussi essentielle puisque sans cette faculté de passer inaperçu aux yeux des truites, il n’y aura tout simplement pas de capture possible.
Alors pour arriver à tirer notre épingle du jeu, Jonathan MIRANDA nous explique qu’il n’y a qu’une solution ...... se fondre dans le milieu !

Texte : Jonathan MIRANDA
Photos : DR, Nicolas CHASSIN et Jonathan MIRANDA

 

Sous cette expression peu commune et je vous l’accorde quelque peu métaphorique, se cache la part la plus importante de la pêche et de sa pratique. L’art de se fondre dans le milieu n’est autre que la capacité du pêcheur à se faire discret lors de ses prospections. Même si cela semble simple et dépassé, cette technique à part entière est l’élément de base de notre passion. Cette discrétion se retrouve, en effet, dans toutes les techniques de pêche existantes et s’inscrit dans tout le processus incitant le poisson à prendre l’esche ou le leurre. Gardons bien à l’esprit que par simple négligence de cet aspect, la plupart de nos autres efforts (présentation de l’esche ou lancer de qualité par exemple) seront obligatoirement parasités.
La compréhension, et donc la maîtrise, de cet aspect est primordial si nous souhaitons mettre toutes les chances de notre côté dans notre pratique favorite. Se fondre dans le milieu nous accueillant nécessite donc de connaître mais aussi de s’imprégner des différentes interactions se jouant dans cet écosystème qu’est la rivière. A nous d’avoir en tête les données biologiques de dame fario afin de pouvoir « penser truite » lors de nos différentes prospections.

les sens de la truite

La connaissance de l’appareil sensoriel de la truite constitue cette base que tout pêcheur devrait connaître. Tout ce qui touche aux perceptions de notre belle mouchetée doit, en effet, nous servir à adapter notre comportement en action de pêche. La connaissance de sa vision et de sa perception des vibrations constituant des incontournables. En vous renvoyant pour plus de précisions sur deux articles présents dans le site :

  1. Sa morphologie et ses caractéristiques (lire l’article).
  2. la truite en eau rapide : une adéquation parfaitement réussie (lire l’article).

Sur le plan de la vision, deux aspects principaux sont à prendre en considération :
Le premier touche à la perception des couleurs et des formes. Dame truite ne semble pas distinguer très précisément les couleurs mais plutôt des nuances de gris et des tons plus ou moins denses. En outre, son œil possède beaucoup plus de bâtonnets que le notre ce qui lui permet de mieux réagir aux changements de luminosité et de mieux discerner dans des conditions sombres (nuit ou turbidité importante du cours d’eau par exemple). Ajoutons que son œil est capable de détecter les mouvements sur un champ de 180 ° même si sa vue ne semble vraiment performante que vers l’avant. Tous ces éléments sont importants à connaître afin d’adapter notre propre comportement en condition de pêche. Nous le verrons plus loin.
Le deuxième aspect est la capacité de la truite à discerner les choses en mouvement. Pour nous la durée d’un moment est de 1/18ème de seconde alors que celle de la truite (et de tous les poissons d’eaux vives) est de 1/50ème de seconde ; soit plus du double. En résumé, la truite perçoit deux fois plus de choses que nous dans le même laps de temps. On peut donc dire que la truite voit le monde qui l’entoure deux fois moins vite que nous. Elle vit dans un milieu où tout se meut au ralenti par rapport à la vision de l’être humain. Plus concrètement, la dérive d’un sedge dans un courant rapide sera difficilement distingué par le pêcheur alors que la truite verra passer l’insecte au ralenti.

Sur le plan des perceptions des vibrations, dame fario possède un capteur formidable : sa ligne latérale. Celle ci s’étire sur chacun de ses flancs depuis la base de la nageoire caudale jusqu’aux ouies. Elle rejoint, à ce niveau, le centre nerveux de la truite situé dans le cerveau. Cette ligne capte toutes les vibrations émises dans l’eau ou sur les berges en donnant des informations précises au cerveau concernant la direction, la vitesse et la force émise. Elle synthétise, donc, l’origine et la localisation de ces vibrations : prédateur ou proie potentielle notamment.

Les répercussions en action de pêche

Avant de parler de l’action de pêche proprement dite, il convient de traiter du matériel utilisé pour traquer notre belle mouchetée. Sans faire une liste exhaustive, on peut le diviser en trois grandes catégories : les vêtements, l’ensemble canne moulinet et tous les accessoires tels que les enrouleurs ou les pinces. Pour chacun des éléments listés, on peut dire qu’ils devront arborer une couleur sombre se rapprochant du vert ou du marron pour les vêtements et du noir ou du gris pour les cannes moulinets. La truite percevant les nuances et les tons, l’utilisation de ces couleurs sombres est recommandée et non pas des couleurs trop vives ou fluorescentes trop perceptibles. Les accessoires tels que enrouleurs ou casquettes comportent, eux aussi, des pièges à éviter. Les couleurs trop vives ,et surtout les objets argentés ou chromés pouvant refléter sur l’eau la lumière du soleil, constituent des risques de localisation nous concernant. La truite située en amont pourra fuir à la perception d’une luminosité exacerbée sur son poste. Pensons donc à ranger dans nos poches du gilet tous ces objets brillants comme les pinces ou les ciseaux. Ces conseils de prudence semblent enfantins et dérisoires, et pourtant, ils doivent nous amener à « penser truite » pour mieux comprendre son fonctionnement dans la rivière et donc mieux adapter nos diverses prospections piscicoles.

La discrétion dans l’approche ! Voilà une action qui semble simple à réaliser, et pourtant ! Combien de faits et gestes cela rassemble-t-il ? Des centaines peut-être ! Cela commence déjà au sortir de la voiture. Claquement doux des portières. Mise en tenue rapide mais silencieuse, en évitant les discussions trop appuyées. Auscultation et observation du cours d’eau avec minutie et discrétion : caché derrière un obstacle pour visualiser la surface de l’eau et d’éventuels poissons en chasse. Soleil en face de soi afin d’éviter la propagation de notre ombre sur le coup choisi et donc l’assombrissement de la zone à prospecter. Objets chromés ou argentés rangés pour ne pas se faire repérer de dame fario grâce à sa vision capable d’appréhender les changements de luminosité. L’entrée dans l’eau constitue un moment privilégié mais très délicat. Evitons tant que possible les chocs sur la berge ou dans l’eau qui vont entraîner un surcroît de vibrations dans l’eau et donc être détecter par la ligne latérale de la truite. Souvent pris par la passion qui nous anime et donc l’envie d’attaquer notre partie de pêche, il est fréquent d’oublier ces règles de bon sens certes connues et reconnues mais ô combien précieuses au bord de l’eau.

L’approche du coup réalisé, place à l’action de pêche. En premier lieu, la préparation au lancer intègre la réalisation du montage voire l’eschage de l’appât sur la ligne. Le montage du bas de ligne devra tenir compte des conditions hydrographiques du jour et de l’appât utilisé. Crin plus fin pour conditions d’étiage, nylon plus gros pour les périodes de grosses eaux. La plombée sera également fonction des conditions d’eau du moment et de toute manière progressive ; sans lourdeur excessive. L’hameçon doit tenir compte de l’esche ou du leurre choisi. Là aussi adaptation en grosseur et aussi en couleur au choix d’appât ou de leurre. La truite bénéficiant d’une vue ralentie par rapport à nous, elle aura vite fait de s’apercevoir de la supercherie, notamment si l’hameçon est grossier. Evitons, par exemple, d’escher une teigne sur un n°6 de couleur argentée. Et préférons des couleurs « passe partout » comme le bleu et le noir ou le doré pour la teigne.

Du ferrage au .... relâché

La partie la plus excitante mais aussi la plus dangereuse en ce qui concerne nos capacités de discrétion. Qui n’a pas perdu toute sa maîtrise devant le ferrage et la prise d’une « belle mamie ». En oubliant notamment toutes notions de temps et surtout d’environnement. En premier lieu, la touche nécessite une maîtrise de soi intacte afin de préserver nos capacités de réactions et ce afin de réussir le ferrage du poisson, ni trop tôt, ni trop tard. Celui ci devra s’effectuer avec conviction et amplitude. Par la suite, « le ramené » du poisson nécessitera la prise en compte des particularités du coup pêché en amenant le poisson à se débattre dans une zone déjà prospectée. Ceci afin d’éviter de faire fuir d’éventuelles truites postées. En règle générale, « l’échouage » se fera vers l’aval puisque celui ci aura déjà été prospecté. « Le relâché », lui, devra s’effectuer dans la même lignée avec en sus un respect du poisson pris et de la délicatesse dans la remise à l’eau. Tous ces éléments de discrétion trouvent leur raison d’être dans le fait que la truite, grâce à sa ligne latérale, peut percevoir d’infimes vibrations et donc être alertée lors de ces actions. A nous de faire preuve de vigilance et de concentration y compris dans ces moments d’excitation halieutique.

A la vue de ces quelques éléments, on s’aperçoit que la pêche de la truite en eaux vives nécessite de réelles capacités d’adaptation et de concentration. Ces qualités doivent nous amener à mieux connaître le milieu nous accueillant, et par là, à s’imprégner de celui ci. Dans toutes les techniques de pêche, la discrétion représente la base de notre pratique puisque sans elle toutes nos actions futures ne seront que diminuées voire annihilées. A nous de nous fondre dans ce milieu qu’est la rivière pour mieux appréhender et donc mieux « leurrer » ses formidables occupantes mouchetées.

 
 
 

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