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La truite au vif
Publié en ligne le jeudi 2 septembre 2004
 




Pour la majorité des pêcheurs de truite, dire que l’on pêche au vairon signifie l’installation d’un petit poisson sur une monture, laquelle sera animée avec soin afin de lui redonner une apparence de vie. Cependant, alors que les choses sont bien différentes pour la pêche des autres poissons carnassiers, on associe toujours la pêche au vairon à une pêche au poisson mort manié. D’ailleurs, lorsque l’on dit pêcher au vairon combien nous pose la question pour savoir s’il s’agit d’un vairon mort ou vivant ? peu, assurément ! Pourtant, cette technique est véritablement efficace sur les truites de belles tailles et un petit poisson vivant reste une esche d’exception.

Texte, dessins et photos : Christophe Bouet

 

J’ai toujours été étonné de constater que très peu de pêcheurs de truite pratiquaient la pêche au vif alors que cette technique est très largement répandue lorsqu’il s’agit de pêcher les carnassiers dans nos eaux de seconde catégorie. De même, je me demande toujours pourquoi en France on associe systématiquement la pêche au vairon à la technique du poisson mort manié sans penser que notre petit poisson appât était bel et bien vivant avant qu’il soit tué pour être installé sur une monture ?
Il y a là quelque chose qui m’échappe un peu !
Je sais bien que la truite est particulièrement opportunisme et fait preuve de beaucoup d’éclectisme en matière d’alimentation, mais nous ne sommes tout de même pas sans savoir que notre belle sauvage est un redoutable prédateur pour tous les poissonnets qui cohabitent avec elle ... truitelles comprises. Je ne saisi donc pas trop pourquoi un vif, cet appât de tout premier choix, est donc « snobé » de la sorte par les pêcheurs de truite. Certes, on voit bien ça et là quelques pêcheurs aux appâts naturels qui utilisent parfois des vairons vivants en début de saison mais on s’aperçoit vite que ces derniers l’abandonnent rapidement pour se tourner par la suite vers des esches plus traditionnelles tels que les vers, teignes, patraques ou autres larves aquatiques et terrestres. Il y a bien quelques rares irréductibles qui emploient un petit poisson vivant à longueur d’année mais cette utilisation reste néanmoins marginale et en fait peu de pêcheurs prennent conscience qu’ils passent à côté d’un appât de tout premier ordre.

Un piège à grosse

Contrairement à la pêche avec des appâts vivants classiques qui font surtout appel à l’instinct alimentaire de notre belle mouchetée, la pêche au vif va essentiellement agir sur son instinct de prédateur. C’est d’ailleurs cet instinct de prédation qui est à la base des techniques de pêche aux leurres et au vairon mort manié dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Cependant, même s’il est vrai que la pêche au vif se révèle être d’un rendement moins régulier sur une saison que les autres pêches aux appâts vivants, elle est par contre bien plus efficace pour leurrer ces grosses farios qui nous font tant rêver. Misant toute son efficacité sur l’instinct territorial que possède chaque truite, un vairon vivant présenté comme il se doit avec insistance aux abords des « chaves » profondes n’a pas son pareil pour décider une toute grosse à l’engamer violemment. Devenue presque exclusivement carnassière avec l’âge, cette friandise de choix pénétrant impunément dans son repaire a en effet peu de chance de laisser une truite indifférente ... même si elle a la réputation d’être imprenable !

Une pêche oubliée à tort

Même si je ne m’explique pas totalement ce manque d’intérêt pour la pêche au vairon vivant, on peut cependant avancer plusieurs hypothèses qui me semblent être les causes de cette désaffection. La première qui me vienne à l’esprit est la logistique contraignante à mettre en œuvre pour le transport mais aussi et surtout pour la conservation des vifs. En effet, pour pouvoir pêcher régulièrement au vif il est nécessaire de pouvoir avoir toujours à disposition une petite provision de poissonnets, pas toujours facile à conserver chez soi. Cependant, c’est un inconvénient que rencontrent les pêcheurs au vairon mort manié qui doivent disposer eux aussi de vairons vivants afin d’installer un poisson appât fraîchement tué sur leur monture. La seconde hypothèse que l’on pourrait formuler est la difficulté de se procurer nos fameux vairons qui ont malheureusement disparu dans de trop nombreux cours d’eau. Toutefois, il faut savoir que le vairon, certes excellent, n’est pas le seul poisson appât que l’on peut utiliser comme vif pour la truite : les ables, chevesnes, gardonneaux, blageons, goujons, loches et chatouille (lamproie de planer) font parfaitement l’affaire pour peut qu’ils soient naturellement présents dans la rivière qui sera pêchée. La troisième et dernière hypothèse pourrait être l’image que semble refléter cette technique de pêche. Elle a longtemps souffert de la mauvaise presse faite pour la pêche au toc avant que l’on puisse finalement se rendre compte que la pêche aux appâts naturels était bien plus subtile et fine que les non-initiés pouvaient se l’imaginer. Cet état de fait a bien sûr beaucoup changé depuis quelques années mais les esprits sont souvent obtus et il est bien long pour faire évoluer les mentalités.
Si vous vous reconnaissez parmi les trois cas que je viens d’évoquer pour expliquer le désintéressement des pêcheurs face à la pêche au vif, je vous invite à essayer et de faire abstraction de ces petits inconvénients qui seront j’en suis sûr bien mineurs lorsque vous aurez touché vos premiers poissons ... réputés imprenables.

Un matériel classique

Pour pouvoir pêcher correctement au vif, il convient simplement d’avoir un matériel classique et commun à l’ensemble des pêches aux appâts vivants : une bonne canne au toc de 4,50 mètres à action de pointe et un moulinet à tambour fixe de qualité rempli d’un nylon de résistance adaptée à notre pêche. En effet, il ne faut pas tomber dans la finesse excessive car plus que dans une autre technique, la possibilité de toucher de très beaux poissons est bien réelle et il serait totalement irresponsable de pêcher en dessous de 16/°°. Je choisi habituellement un nylon de 20/°° fluo en corps de ligne et j’opte depuis peu pour un fil en fluorocarbone de 16 à 18/°° pour confectionner le bas de ligne qui doit mesurer entre 40 cm et 1 mètre en fonction de la technique employée. En me basant sur mon expérience de cette pêche, je pense que c’est le meilleur compromis que j’ai trouvé entre une résistance acceptable et une présentation qui doit rester discrète. Ces diamètres correspondent généralement aux situations de pêche les plus communes et peuvent vous servir de base pour confectionner une ligne adaptée à la pêche au vif. Néanmoins, il faudra bien sûr adapter les diamètres de fils en conséquence si vous pêchez sur une rivière puissante et encombrée que vous savez peuplée de très grosses truites ou bien si vous choisissez un petit ruisseau de montage ou les « grosses » farios ne dépassent qu’exceptionnellement les 30 cm. Mais même dans ce cas, il ne faudra pas tomber dans un excès de finesse et ne réduire qu’exceptionnellement la taille de son bas de ligne à un minimum de 14/°°.

Pêche à la sondée (toc)

C’est le montage idéal pour pêcher les postes étroits et profonds : les dessous de rives, les grands remous, les blocs rocheux, les embouchures de petits tributaires ou encore les contre-courants. Le montage de la ligne est fort simple : il est composé d’un corps de ligne en 18 ou 20/°° fluo et d’un bas de ligne de 40 cm en fluorocarbone de 16/°°. Corps de ligne et bas de ligne sont reliés par un petit émerillon baril qui sert de butée à une olive de 2 à 5 grammes. Comme le font la majorité des pêcheurs de carpes, il est judicieux de placer une petite perle en matière plastique entre l’olive et l’émerillon afin de protéger le nœud. Vous choisirez votre plombée en fonction du cours d’eau prospecté, suffisamment lourde pour bien conduire votre ligne mais cependant assez légère pour ne pas trop brider le vif. On peut avantageusement glisser sur le corps de ligne des petits indicateurs de type « rigoletto » qui serviront à bien visualiser la dérive de la ligne en action de pêche. L’hameçon est bien sûr, comme dans toute pêche aux appâts vivants, adapté à la taille de votre vif mais il me semble qu’un hameçon numéro 6 soit une base qui doit correspondre à la majorité des vifs utilisés.
La technique employée est particulièrement simple : On laisse descendre sa ligne dans tous les profonds susceptibles d’abriter une truite et on attend une dizaine de seconde avant de ramener par petites tirées brèves sur la ligne. Celle-ci doit demeurer toujours bien tendue en action de pêche et passer lentement au plus près des caches et des postes supposés tout en gardant une réelle autonomie au poisson appât pour qu’il nage naturellement en dehors des phases de récupération. Il faut surtout bien insister sur les postes qui vous paraissent intéressants car les grosses truites sauvages sont parfois un peu longues à se décider à attaquer un petit vairon qui vient les provoquer. D’ailleurs, l’attaque est toujours violente et je ne saurais que trop vous conseiller de rendre un peu la main avant de ferrer puis de tenter de placer le plus rapidement possible la truite en pleine eau pour éviter qu’elle ne cherche à regagner immédiatement sa cache, augmentant ainsi considérablement le risque de casse.
Cette technique est bien adaptée aux cours d’eau petits ou moyens au profil assez irrégulier qui offrent l’avantage de présenter nombre de postes très diversifiés que l’on pourra prospecter méticuleusement au vif à la sondée.

Pêche à la dandine

Seule la technique est différente de la pêche à la sondée car le montage de la ligne et les postes à prospecter sont identiques. Cette technique de pêche ressemble à la pêche de la perche ou du sandre au poisson d’étain : On laisse descendre le vif jusqu’au fond puis on le remonte doucement d’une dizaine de centimètre avant d’effectuer une rapide accélération vers le haut avant de l’accompagner de nouveau dans sa descente sur le fond. Cette animation est bien sûr un peu moins marquée, moins saccadée que pour la pêche du sandre ou de la perche mais s’apparente néanmoins fortement à cette technique très rentable lorsqu’elle est bien pratiquée par les pêcheurs de carnassiers.

Pêche à la coulée (rouler)

C’est une pêche qui est idéale pour prospecter les grandes rivières courantes où les truites sont très peu sollicitées aux appâts vivants. Cette technique est particulièrement intéressante sur les zones dites « à ombres » ou « à barbeaux » où l’on trouve des postes de pleines eaux offrants de beaux courants réguliers et des fonds pas trop encombrés. Elle permet de prospecter les secteurs ou les truites sont difficiles à localiser et nous autorise de pouvoir pêcher assez loin tout en conservant une relative finesse. Nous utiliserons un matériel identique à la pêche au toc avec la seule différence que l’on optera plus judicieusement pour une plombée en dérivation sur un brin de fils plus faible que le corps de ligne. Pour le brin en dérivation, j’utilise ordinairement la même qualité de fils que le bas de ligne mais d’un diamètre que je choisi de 2 ou 4/°° plus petit. Ainsi, lors d’un accrochage par la plombée, c’est souvent la dérivation qui casse permettant de récupérer la ligne. En ce qui concerne le bas de ligne, il est composé d’un fils en florocarbone de 16 à 18/°° et mesure 60 à 80 cm. Pour ce qui est de l’action de pêche, il faut lancer trois quart amont et laisser dériver la ligne pour qu’elle décrive un vaste arc de cercle devant soi. Pour réaliser une bonne dérive et toujours conserver une bonne perception tactile des touches, il faudra contrôler la bannière au moulinet en maintenant la canne haute et en gardant toujours un œil sur la pointe. En effet, le nylon, systématiquement récupéré, ne devra jamais créer de ventre sous la canne et devra rester toujours relativement tendu afin d’éviter que la bannière ne s’immerge. Cette conduite de la ligne est un peu inhabituelle et demande une petite adaptation pour être réalisée dans de bonnes conditions.

Pêche à la ligne flottante

Cette pêche classique se pratique tout simplement en remplaçant les indicateurs de touche de la ligne conçue pour la pêche au toc par un petit flotteur trapu de type « Toulousain » ou même de type « boule niçoise ». Ce dernier sera équilibré au mieux par plusieurs cendrées assez étalées sur la ligne permettant une plus grande souplesse en action de pêche. Le bas de ligne est un peu plus long que pour la pêche à la sondée (50 à 60 cm) afin de laisser une certaine liberté de mouvement au poissonnet qui servira d’appât. Nous ne reviendrons pas sur le matériel à employer car il est identique aux autres techniques de pêche évoquées dans cet article, ce qui nous permettra de nous adapter en cours de pêche et de pouvoir répondre efficacement aux différentes configurations des postes que nous pouvons rencontrer sur un cours d’eau à salmonidés. En ce qui concerne la technique de pêche à la ligne flottante, elle est plus particulièrement destinée pour la prospection les postes assez profonds, les vastes plats au courant réguliers ou encore les grands remous bordés par une veine d’eau puissante. C’est aussi le meilleur moyen pour pêcher en longue coulée sous les voûtes de branchage, inaccessibles autrement. Pour avoir une efficacité optimale, il est nécessaire de pouvoir régler la position du flotteur de manière à faire évoluer le vif au raz du fond, tenue qu’adopte en général la grosse majorité des truites lorsqu’elles atteignent un certain âge ... et une taille en conséquence.

Pêche à la tirette

La technique de la pêche à la tirette est particulièrement intéressante sur les grands plats aux courants plutôt lents et en général partout où l’eau n’est pas trop puissante. En effet, il s’agit de lancer le vif bien en amont du poste à prospecter, en position trois quart amont et de faire passer le plus doucement possible à l’endroit désiré notre vif. L’animation est des plus simple car il nous faut faire progresser le poisson appât par petites tirées en relevant sans à coups la canne puis en récupérant l’excédant de fils avant de recommencer. Entre chaque tirée, il est conseillé de laisser reposer le vif quelques secondes en place, opération ayant pour objectif d’attirer la curiosité des truites. D’ailleurs, c’est souvent après une courte pose de ce type, alors que l’on relève la canne pour effectuer une nouvelle tirée, que notre belle sauvage se décide à gratifier le vif d’un violent coup de gueule. Cette réaction plutôt sauvage à souvent de quoi étonner le pêcheur novice qui ne s’attend pas en général à ce type de réaction de la part d’une truite. On utilise un montage s’approchant de la pêche à la dandine avec une olive coulissante de 5 à 8 grammes montée sur le corps de ligne. Un émerillon baril uni le corps et le bas de ligne qui aura une longueur de 60 à 80 cm. L’ajout d’une petite perle plastique entre l’olive et l’émerillon garantira une bonne protection et évitera ainsi d’endommager le nœud.

Une pêche à découvrir

Vous aurez compris au fil de ces quelques lignes que la pêche au vif est une pêche riche en possibilité et que vous trouverez obligatoirement une technique qui correspondra non seulement avec votre tempérament de pêche mais aussi à la configuration de la rivière que vous avez l’habitude de prospecter. Cette pêche pleine de charme vous permettra sans aucun doute de réaliser de fort beau coup de ligne et il est fort à parier qu’après quelques sorties vous aurez une vision différente et sans préjugé vis à vis de cette pêche aux appâts vivants. J’émets donc le souhait, en guise de conclusion pour cet article, qu’elle trouve dans l’avenir ces lettres de noblesse comme l’a trouvé récemment la pêche aux appâts naturels. Je reste en effet convaincu que chaque technique de pêche peut être respectueuse et respectable car seul l’état d’esprit et le comportement que vous adopterez au bord de l’eau fera que votre pêche sera sportive, belle ... et noble.

 
 
 

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