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La pêche à la « Lardy »
Publié en ligne le mercredi 2 mars 2005
 




Passionné par la pêche de la truite, Jean-Jacques Lardy est devenu en quelques années un nom connu et reconnu dans la petite famille des pêcheurs au vairon mort manié. Ainsi, il peut maintenant se flatter d’être l’un des rares guides de pêche professionnel devenu incontournable pour qui veut saisir et apprendre toutes les subtilités de cette technique. Perfectionniste, Jean-Jacques à d’ailleurs conçu et développé une monture à vairon mort manié originale ... et la technique qui va avec. Gros plan sur la monture « Lardy » et sur une technique de pêche aussi tactile que subtile.

Texte et photos de Christophe Bouet

 

En marge de son activité professionnelle, Jean-Jacques Lardy consacre une bonne partie de son temps à la pêche de la truite dans les belles rivières d’Auvergne, région dont il est originaire. Il y pêche depuis fort longtemps les Couzes Pavin et Chambon, l’Allagnon et le Chavanon qui abritent encore une bonne population de truites de fort belles tailles. D’ailleurs, s’il s’est spécialisé depuis de nombreuses années dans la pêche au vairon mort manié, ce n’est pas vraiment un hasard. C’est en effet dans l’optique de toucher du beau poisson, de prendre LA truite, ou tout au moins de sélectionner les plus gros spécimens, qu’il a naturellement choisi cette technique répondant parfaitement à sa quête. Homme de terrain avant tout, Jean-Jacques met à profit chacune de ses sorties pour évoluer. Recherchant essentiellement l’efficacité et la fonctionnalité dans son matériel, il a conçu voilà quelques années une monture à vairon mort manié originale et efficace qui correspond très précisément à ses attentes et à ses besoins.

A la recherche de la perfection.

Comme chaque pêcheur passionné, quel que soit d’ailleurs la nature de cette passion, Jean-Jacques a toujours été animé par le besoin de faire partager sa pêche. Ainsi, après avoir été pendant plus de vingt ans sollicité de toute part pour transmettre sa connaissance en matière de pêche de la truite au vairon mort manié, il décide en dix neuf cent quatre vingt quinze d’en faire sa profession et obtient avec succès le diplôme de guide accompagnateur de pêche auprès du CRPO de BLESLE (43). Dès lors, parcourant des rivières très différentes de part leur débit, leur profondeur ou leur configuration, Jean-Jacques ne trouvait pas de monture qui puisse être rapidement et intégralement adaptable aux nombreux profils de cours d’eau qu’il fréquente ainsi qu’aux diverses circonstances auxquelles il peut être confronté au bord de l’eau. De nombreuses montures sont bien sûr particulièrement intéressantes en terme d’action mais aucune n’est vraiment parfaites pour Jean-Jacques : soit elles sont difficiles à mettre en œuvre, soit elles nécessitent de petits accessoires pour installer le vairon, soit il est impossible de modifier rapidement son poids ou sa taille en fonction du poissonnet utilisé. C’est pourquoi, naturellement, il a pensé, fabriqué puis mis au point une monture simple mais totalement modulable qui pris sa forme définitive en dix neuf cent quatre vingt dix sept. Cette dernière, déposé un an plus tard au centre national de la propriété industrielle est maintenant fabriquée et commercialisée par ses soins et se sont quelques 5 000 montures par an qui sont vendues à ceux qui ont été conquis par sa simplicité d’adaptation et d’utilisation.

La monture « Lardy ».

La « Lardy est très certainement la plus petite monture actuellement commercialisée. Elle se compose d’une tige en plomb striée hérissée d’ergots d’un poids de 1,7 grammes dans laquelle circule longitudinalement une tresse de 16/°°. L’armement, se composant d’un triple en carbone numéro 12 en tête puis d’un numéro 14 en queue, est monté sur cette tresse de 5 à 6 centimètres de long. Le tout est bloqué en tête avec un plomb sphérique de 1,5 à 8 grammes et d’un court fil de cuivre qui sert à immobiliser la tête du vairon. L’installation de ce dernier est assez simple et ne nécessite pas l’usage d’une aiguille à locher ni d’autres accessoires. Il suffit pour cela de pousser la tige plombée à plat à l’intérieur de la bouche du poissonnet et de planter les hameçons triples sur le dos du vairon. Le petit fil de cuivre vient ensuite lui museler la gueule et permet ainsi son maintien en évitant ainsi que l’eau ne si engouffre lors des à coups de l’animation. En effet, si l’eau pénétrait dans la cavité buccale du vairon à chaque coup de poigné, il serait inévitablement déchiré très rapidement. Pour ne pas perforer l’abdomen du vairon pendant l’installation de la monture et l’action de pêche, Jean-Jacques a poussé la perfection jusqu’à insérer sur la tige plombée une petite gaine en silicone, garantissant ainsi une bonne tenue du poissonnet et une longévité accrue du montage.
Si l’ensemble peut paraître d’une simplicité déconcertante, voir même banal, c’est la somme des petites nuances apportées à sa confection qui font de cette monture un outil parfaitement fonctionnel et surtout très polyvalent.

Totalement modulable.

La monture est volontairement munie d’une plombée interne et d’une plombée externe qui sont destinées à équilibrer sa nage. En effet, l’action est ainsi bien moins sèche et dure qu’une monture équipée d’un unique plomb en tête et qui ne correspondrait pas vraiment au comportement d’une proie habituelle de la truite. La « Lardy » possède donc les avantages des plombées internes en terme d’action mais bénéficie également de la rapidité d’adaptation des montures à plombées externes puisque l’on peut simplement avec une paire de pinces changer la chevrotine de tête pour l’adapter au débit, sans toutefois démonter la ligne ni le poissonnet. Pour éviter tout déséquilibre et conserver un bon rapport entre le poids de la tige plombée interne et le plomb de tête, la chevrotine doit être comprise entre 1,5 et 8 grammes. Mais le fait de pouvoir faire évoluer le poids en fonction des conditions de pêche tout en conservant une action assez douce n’est pas le seul avantage de cette monture. En effet, la « Lardy » permet, très rapidement et toujours sans rien démonter, de s’adapter à la dimension du poisson utilisé - que se soit un menu alevin de 3 centimètres ou un poissonnet de 10 centimètres - grâce à un armement complètement modulable. Planté sur le dos du vairon, l’un derrière la tête et l’autre juste derrière la nageoire dorsale, les deux hameçons triples ont un écartement réglable par coulissement dans la tige crantée et par enroulement partiel autour de la hampe du triple de tête. La chevrotine vient ensuite solidariser l’ensemble et bloquer définitivement la position des deux hameçons.
Si l’on ajoute à cela que l’équilibre et la position des hameçons limitent énormément les accrochages et que les matériaux qui sont employés pour sa fabrication offrent une résistance exceptionnelle, on a forcément un intérêt évident à utiliser cette monture.

La pêche façon « Lardy ».

Jean-Jacques pratique sa pêche au vairon mort manié de manière un peu particulière puisqu’elle se situe à mi-chemin entre la pêche aux appâts naturels et la classique pêche au vairon mort. En effet, pour une plus grande précision, le lancer se fait pratiquement toujours sous la canne et, à la manière des pêcheurs au toc, alors que la main droite tient la poignée de la canne, la gauche contrôle en permanence le nylon. La monture est lancée toujours « trois quarts » amont et l’action consiste à suivre les veines d’eaux porteuses parallèlement à la berge. La prospection est à l’image de Jean-Jacques : précise et méticuleuse. Il commence toujours à proximité de la berge sur laquelle il se trouve car c’est une partie de la rivière qui est souvent négligée par les pêcheurs qui cherchent parfois loin se qui peut se trouver dans « leurs bottes ». Conscient qu’il est ridicule de tenter des coups difficiles vers la berge d’en face avant d’avoir soigneusement « peigné » les postes le long de sa berge, il s’est depuis longtemps débarrassé du complexe qui consiste à croire que les truites se trouvent forcément de l’autre côté de la rivière. Après avoir « attaqué » minutieusement le secteur proche de la berge, il éloigne progressivement ses lancers vers la berge opposée. En se déplaçant d’un ou deux mètres vers l’amont à chaque lancer, il peut ainsi prospecter très consciencieusement la rivière ce qui lui offre la possibilité de visiter le maximum de postes.
L’animation doit être naturelle et il est important que le vairon puisse vraiment rouler sur le fond de la rivière. Pendant toute la dérive, Jean-Jacques contrôle sa ligne en permanence et le fil tenu à la main demeure tendu. Fréquemment, il donne de brefs "coups de scion" afin de faire rebondir la monture sur le fond, induisant une nage chaotique au vairon mort. Jean-Jacques nous avoue d’ailleurs que la chevrotine tapant sur le fond à la faculté de réveiller des truites qui ne sont pas particulièrement actives. Pour ce type d’animation sur le fond, la monture « Lardy » est un outil précieux puisque son l’équilibre et la position de son armement limitent énormément les accrochages.
La touche est souvent brutale et franche mais elle est parfois très discrète et la manière de tenir le fil de la main gauche, façon pêche au toc, lui permet de ressentir tactilement la moindre petite tirée ou le plus léger tremblotement dans la ligne. Le ferrage qui s’en suit n’est pas forcément instinctif mais nécessite souvent un petit relâché d’une ou deux secondes avant de ferrer fermement, surtout quand la plombée de tête est faible.

Un matériel classique.

Si le sorcier auvergnat ne jure que par une marque de matériel de pêche savoyarde et mondialement connue, on peut utiliser classiquement une bonne canne à vairon mort manié de 3 mètres à 3 mètres 40 d’une puissance comprise entre 5 et 20 grammes. Une action de pointe assez marquée favorisera la perception des touches.
Le moulinet à bobine large, de bonne facture lui aussi, doit posséder un frein très progressif et une vitesse de récupération assez lente, comprise entre 60 et 70 cm par tour de manivelle. Il est garni d’un nylon fluo en 22/°° relié à un bas de ligne en nylon transparent de 20/°° par deux nœuds de cuiller, sans émerillon. Ce dernier est d’une longueur équivalente à la profondeur moyenne de la rivière pêchée mais n’excédera jamais un mètre de longueur.
Comme la plupart des pêcheurs au vairon mort manié, Jean-Jacques préfère utiliser des vairons frais sacrifiés juste avant leur installation sur la monture mais les poissonnets surgelés de type « éperlan » que l’on trouve dans n’importe qu’elle grande surface alimentaire font parfaitement l’affaire et tiennent particulièrement bien sur la « Lardy ».

Même si cette monture a déjà séduit des centaines de pêcheurs au vairon mort manié français, irlandais ou italien, je serais très malhonnête de vous affirmer qu’elle est un remède inéluctable à la bredouille. Certes non, mais une chose est sûre en ce qui concerne la « Lardy » et la manière singulière de Jean-Jacques de l’utiliser, c’est qu’on ne pourra jamais lui reprocher d’être inadapté là où l’on désire pêcher .... et c’est peu-être là, en s’adaptant partout et rapidement, qu’elle pourra faire la différence !

 
 
 

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