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La distance de stimulation
Publié en ligne le samedi 2 avril 2005
 




Il en faut peu pour qu’une truite accepte ou refuse de se déplacer pour s’emparer d’un appât.
Quelques centimètres seulement.
Mais ce peu est aussi beaucoup.
C’est cette valeur qu’on appelle distance de stimulation et qu’il faut appréhender au plus juste pour décider le poisson.

Texte de Marc DELACOSTE
Photos : Christophe BOUET

Avec l’aimable autorisation de

 

Une proie arrivant dans le champ de vision d’une truite peut déclencher deux types de comportement : elle s’en empare ou bien elle l’ignore.
Il se produit exactement la même chose avec les appâts que nous lui présentons, plus cependant une troisième possibilité : celle de la fuite lorsque l’esche, trop mal présentée, l’aura mise en alerte. Mais hormis ce cas particulier, ce sera une touche ou un refus.
Qu’est-ce qui fait la différence entre les deux ?
On pense bien sûr à une mauvaise présentation : un appât qui « scie » les veines de courant, ou mal esché, ou bien encore présenté au bout d’un bas de ligne trop grossier - ce qui ne lui confère pas un comportement naturel sous l’eau. Mais ces causes connues de refus ne sont pas les seules. En effet, il arrive qu’en insistant sur un coup, c’est-à-dire en effectuant plusieurs fois de suite une dérive, l’une d’elles aboutisse. Toutes ont pourtant été réalisées avec le même appât, le même montage et la même qualité de présentation. Aucun de ces paramètres ne peut donc expliquer la décision de la truite à un moment donné de s’emparer de cet appât plutôt que de le laisser passer.
Alors pourquoi ?
Qu’y a-t-il à l’origine de ce changement, ô combien important pour le pêcheur ?

A 10 cm près !

Il est très rare qu’une proie arrive directement dans la gueule d’une truite et que celle-ci n’ait à faire d’autre mouvement que d’ouvrir la bouche pour s’en saisir. La plupart du temps, elle doit se déplacer pour l’attraper. Chaque déplacement lui coûte de l’énergie, mais chaque proie lui en rapporte. Pour qu’une truite survive, il faut que le bilan entre « énergie dépensée » et « énergie rapportée » soit positif. C’est pour cette raison qu’une truite ne capture pas toutes les proies qu’elle voit passer.
Beaucoup, en effet, sont ignorées. La plupart du temps, la cause du refus est liée à la distance de passage de la proie. La capture signifierait un déplacement trop important et sans doute trop de dépense d’énergie par rapport au bénéfice retiré. Il existe ainsi un déplacement maximum qu’est prête à consentir une truite pour s’emparer de ce qu’elle convoite, qu’on pourrait également traduire par une distance maximale de stimulation. Si une proie passe à l’intérieur de cette distance de stimulation, la truite va bouger pour s’en saisir. Si au contraire, elle passe trop loin, c’est-à-dire à l’extérieur, elle va l’ignorer.
Pour en revenir à notre question initiale, il est très probable que l’appât soit passé trop loin les premières fois puis ensuite à l’intérieur de la distance de stimulation, déclenchant ainsi le réflexe alimentaire de la truite. Pourtant, le pêcheur aura eu l’impression de faire à chaque fois le même passage. Or ceux-ci ne sont jamais strictement identiques. Et il suffit parfois de 10 cm pour se placer à l’intérieur ou à l’extérieur de cette distance de stimulation et pour que tout change.

Parfait, me direz-vous. Il suffit maintenant de connaître cette fameuse valeur pour en déduire sa dérive et ainsi être certain de ne pas faire défiler l’appât trop loin du poisson. Hélas - ou tant mieux ! - ce serait trop simple. Car comme tout comportement biologique, cette valeur peut varier en fonction des conditions du moment et de l’activité de la truite. Elle pourra être importante ou, au contraire, réduite, ce qui pour le pêcheur aura de fortes implications.

Trois paramètres

Trois types de paramètres peuvent influer sur la distance de stimulation : les conditions du moment, celles du poste et l’appât utilisé ainsi que l’action de pêche. Lorsque l’eau est froide, les truites sont peu enclines à dépenser de l’énergie et donc économes de leurs déplacements. On peut ainsi s’apercevoir que, dans ces conditions d’eau froide, leur distance de stimulation est faible. Il faut que l’appât passe relativement près de la truite pour qu’elle accepte de se mouvoir. En revanche, par eau réchauffée, on peut observer les truites effectuer des trajets de plusieurs dizaines de centimètres pour s’emparer d’une proie. La distance de stimulation s’accroît donc avec la température de l’eau.

Cette valeur varie en fonction des postes. Quand une truite est positionnée dans une veine rapide, la distance de stimulation est très réduite. En effet, si elle est placée là, c’est qu’elle a trouvé une « zone de confort », c’est-à-dire un poste avec un courant plus lent au milieu du courant rapide. Mais cette partie protégée est toujours étroite. C’est généralement un galet un peu plus gros que les autres qui crée cette petite enclave dans laquelle la truite a souvent juste la place de se poster. Dès qu’elle en sort, elle doit lutter contre un courant fort et donc dépenser beaucoup d’énergie. En contrepartie, ce courant vif qui transporte énormément de proies est très intéressant. Le poisson n’a plus qu’à attendre que celles-ci passent à portée immédiate : 10 ou 15 cm tout au plus. Au-delà, la dépense énergétique nécessaire à la capture est trop importante.

Les touches rares

Dans une veine lente, au contraire, les déplacements sont beaucoup moins coûteux en énergie et la distance de stimulation est plus grande, allant jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres. Enfin, l’appât et son temps de séjour dans la fenêtre de vision de la truite sont également des paramètres capitaux. Un gros appât est plus stimulant qu’un petit, qui ne sera accepté que s’il passe plus près de la truite. L’énergie rapportée par une esche est en effet souvent proportionnelle à sa taille. Sa durée de séjour dans la fenêtre de vision joue aussi son rôle. À distance de passage égale, un appât séjournant plus longtemps dans la fenêtre de vision, y dérivant plus lentement, peut faire bouger la truite alors qu’elle l’aurait ignoré s’il avait évolué plus vite.

On s’aperçoit ainsi qu’il n’y a rien de pire que pêcher des veines rapides par eau froide et avec de petits appâts. Il faut quasiment que l’appât arrive directement dans la gueule d’une truite pour qu’elle l’accepte. Lorsqu’on s’acharne à augmenter la difficulté, les truites nous le rendent bien et les touches se font rares ! En revanche, en utilisant une esche plus grosse dans ces mêmes conditions d’eau froide, on augmente un peu la distance de stimulation et donc ses chances. Et plus encore sur des postes plus lents.


Marc Delacoste







Des problèmes et des solutions

Deux cas de figure se distinguent nettement en fonction de la température de l’eau :

-  En eaux froides (début de saison) : la distance de stimulation est réduite. Il faut agir en conséquence :
Utiliser de gros appâts, comme le ver ou la double teigne, de manière à stimuler la truite et à la faire bouger de plus loin, en augmentant sa distance de stimulation.
S’appliquer à bien faire dériver l’appât lentement de manière qu’il passe le plus de temps possible dans sa fenêtre de vision, ce qui peut la décider à se déplacer comme nous l’avons vu.
Insister sur chaque poste, en réalisant plusieurs dérives parallèles très rapprochées les unes des autres, de façon à redoubler les chances de faire passer l’appât à l’intérieur de la distance de stimulation.
Sélectionner préférentiellement les postes lents, dans lesquels la distance de stimulation est plus grande. Comme vous le constatez, ce sont typiquement les règles de la pêche de début de saison.

-  En eaux plus chaudes (printemps) : la distance de stimulation augmente. Ce qui va considérablement changer les conditions de pêche :
Il n’y a plus de « prime » aux gros appâts. Les petits ou moyens, qui correspondent aux tailles des proies dont la truite se nourrit, sont donc plus efficaces.
La truite se déplaçant davantage, l’insistance ne paye plus. Le poisson prend souvent un appât au premier passage s’il est bien effectué, mais très rarement au 4ème ou 5ème. Il y a donc un avantage à une pêche plus rapide, qui couvre plus de terrain.
La distance de stimulation croissant, on peut décider des truites postées dans des courants plus rapides, qui consentent donc des déplacements plus importants pour s’emparer d’un appât. Celui-ci n’a pas besoin de leur arriver quasiment dans la gueule, comme c’est le cas en eau froide.

 
 
 

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