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Les micro-Mouches
Publié en ligne le mercredi 4 mai 2005
 




Afin de redonner une certaine efficacité à la pêche à la mouche, l’imitation des nouvelles espèces d’insectes aquatiques qui peuplent nos rivières s’impose.
Le recours à de très petites artificielles en sèche ou en nymphe séduira le pêcheur averti.

Texte Grégory TREILLE

Photos Grégory TREILLE, Christian Olanier et Christophe BOUET

Avec l’aimable autorisation de Fabrice MONNEL
et

 

La période estivale marque souvent le début de conditions difficiles pour le pêcheur à la mouche. Les rivières basses, l’éducation constante des truites et des ombres nous commandent de recourir à de minuscules mouches, nymphes ou sèches, adaptées aux éclosions de la saison chaude.
Cette forme de pêche à la mouche représente une démarche plus fine et plus intéressante pour un moucheur accompli, cherchant davantage l’action technique que la facilité. Remonter doucement une bordure ombragée avec de l’eau aux mollets, voûté comme un héron, en scrutant quelques trouées de soleil à la recherche du moindre mouvement d’une truite en maraude, constitue la plus subtile des pêches que l’on puisse pratiquer canne à mouche en main. À travers cette approche, ce sont les bases indispensables décrites par de grands maîtres tels que Skues ou Sawyer, inventeurs de la pêche à vue moderne, qui s’incarnent.

Identifier les éclosions de petits insectes

Les très petites imitations de larves et de nymphes ne sont pas réservées à l’été. Tout au long de la saison de pêche, à tout moment, des éclosions massives de très petits insectes déclenchent de véritables frénésies alimentaires chez les salmonidés. Lors de ces éclosions, le niveau d’eau est bas, voire à l’étiage ; situation de plus en plus fréquente en raison de l’évolution du climat.
À la fin du mois d’avril 2004, les rivières franc-comtoises étaient très basses et les éclosions de micro-invertébrés se confirmaient. Sur le Doubs, les truites consomment, dès l’apparition du soleil, de grosses quantités de très petits chironomes émergents. Leur taille n’excède pas 3 mm de longueur. Afin de préciser le menu du jour, j’ai recours à une pompe stomacale permettant de récolter les insectes ingurgités par le poisson. Le constat est souvent le même dès que la pêche en nymphe devient très difficile : de très petites larves et nymphes sont présentes en grand nombre dans l’estomac des truites.
Lors des faibles niveaux d’eau du printemps, de l’été ou de l’automne, l’étiage est prononcé et les fonds de nos rivières deviennent rapidement eutrophisés. La vie aquatique s’affaiblit, ne laissant souvent que peu de chance de survie aux grosses larves et nymphes exigeantes en oxygène. Cependant, certaines espèces prolifèrent, comme la plupart des chironomidés et des simulidés, de plus en plus visibles d’un bout à l’autre de la saison.
Pour déterminer de manière précise l’intérêt d’une truite pour telle ou telle espèce de larves ou de nymphes, encore faut-il pouvoir capturer un ou deux salmonidés pour analyse.
Il est aussi possible de définir, en fonction du comportement d’une truite ou d’un ombre dans l’eau, leur intérêt pour des micronymphes.
La hauteur d’eau à laquelle se nourrit une truite fait rapidement comprendre ce qu’elle consomme en priorité. Plus l’activité alimentaire se déroule entre deux eaux et à proximité de la surface, avec de grands circuits rapides de la truite, plus la taille des nymphes sera réduite.
Il existe bien évidemment de nombreux cas particuliers pour lesquels les dimensions de la nymphe peuvent être beaucoup plus importantes (c’est le cas des éclosions de nymphes de mouche de mai ou de nymphes de Sedges). La rapidité de la prise de la nymphe cible également avec plus ou moins de précision les types d’insectes émergents sur la rivière. Plus les circuits d’une truite sont rapides et les prises de nymphes fréquentes sous la surface (entre vingt et trente nymphes absorbées à la minute), et plus le menu du jour a des chances d’être de proportions réduites, voire très réduites. Souvent, en plein été, sur des rivières mythiques telles que la Henry’s Fork, les grosses truites ingurgitent des quantités énormes de très petites sèches et nymphes de caenidés.
Après avoir détecté ce que consomment les truites et les ombres de la rivière, il devient indispensable d’adapter sa technique, aussi bien en mouche sèche qu’en nymphe à vue.

Une discrétion absolue

Et l’on découvre le véritable avantage de l’utilisation des micro-imitations. Tout d’abord la discrétion est de rigueur : les posers sont délicats, l’impact de moins en moins visible.
Le poser en cloche ou parachute constitue une technique appropriée pour projeter une micronymphe de type quill ou microbille à distance. L’important est de bien retenir sa canne en la bloquant à 10 ou 11 heures, afin d’assurer une retombée très floue du bas de ligne, qui mesure entre 6 et 7 m. Pour éviter de mettre en éveil une truite et de trahir sa présence, la pêche à l’arbalète est délaissée au profit d’une pêche à distance, entre 6 et 15 m.
L’approche est lente, les pas dans l’eau mesurés, et les vibrations si néfastes sur l’onde en plein été à éviter. L’aspect « chasse » l’emporte sur le côté « pêche » ; la discrétion compte ici autant qu’une technique infaillible. La présentation des micronymphes et des microsèches sera la plus soignée possible. Le poser s’effectuera en amont du sujet et très précisément dans son axe de vision.
En mouche sèche et en nymphe, un poser cloche de trois quarts vers l’aval se révèle souvent le plus discret et évite un passage de la pointe dans le champ de vision de la proie. Sur une bordure, un poser plein en amont très en hauteur est également efficace, mais n’autorise aucune erreur de présentation car le fil passe au-dessus du salmonidé posté. Cette approche à l’aide de micro-imitations favorise la concentration du pêcheur. Elle augmente sa faculté d’adaptation à toutes les situations.

Mouche sèche et nymphe à vue

Lorsque le pêcheur est en présence d’éclosions de micronymphes, les conditions sont souvent difficiles car la multitude d’insectes apporte une manne quasi inépuisable aux truites et aux ombres. C’est là que les plus astucieux peuvent tirer leur épingle du jeu en alternant de petites imitations de nymphes et des micromouches sèches. J’ai constaté que, lorsqu’une truite venait chercher une micronymphe émergente près de la surface, il lui arrivait souvent d’intercepter aussi, à intervalles plus ou moins réguliers, une mouche sèche de type microspent ou microchironome.
Il est important de ne pas s’enfermer dans une technique devenue trop difficile pour assurer des prises régulières.
La mouche sèche à vue prend donc le relais. Il suffit de présenter précautionneusement un petit spent d’ignita ou de caenis dans l’axe où le poisson s’active sur les nymphes. Il est surprenant de voir avec quelle facilité le poisson posté s’empare de cette minuscule imitation. Une réponse à apporter à ces poissons très éduqués provient de l’effet de surprise. La mouche sèche et la nymphe à vue se complètent sans problème car leur technique est sensiblement la même.
Durant l’été, la mouche sèche donne de très bons résultats très tôt le matin. Les très petites imitations de spents de caenis ou d’ignita sont les plus efficaces sur des rivières comme la Loue et le Doubs. Aux heures les plus chaudes, quand les grosses truites deviennent immobiles dans les grandes retournes, la nymphe à vue prend le relais. Leur présenter une très petite nymphe les conduit souvent à réagir, mais pas toujours à prendre l’imitation car leur activité alimentaire est réduite durant les fortes chaleurs d’août.

Vers la miniaturisation des artificielles

Certains pêcheurs à la mouche, parmi les nouveaux venus, s’interrogent sur le réel intérêt d’adopter de si petites mouches. Ils ont toujours l’air sceptique et se demandent comment ces « microbes » peuvent prendre du poisson. Pourquoi ne pourraient-ils pas se servir d’imitations plus grosses, plus jolies, ressemblant davantage aux belles mouches, que l’on trouve dans les catalogues de certains grands monteurs français ou anglo-saxons ?
La réponse est assez simple : nous devons présenter à la truite ou à l’ombre un modèle qui se rapproche le plus de ce que nous observons sur la rivière.
Sur les rivières françaises, il devient rare d’observer de gros insectes en quantité. Cela fait déjà plusieurs années que je n’ai pas assisté à une vraie éclosion de plécoptères, de phryganes ou de grandes éphémères telles que les rhithrogenas. Ces larves ne sont quasiment plus présentes en abondance sur nos cours d’eau. Ces espèces de mouches constituaient auparavant la base de notre activité. Leur présence comme nourriture était alors suffisante et riche. Mais l’activité humaine a provoqué la destruction d’une partie de cette nourriture. Les salmonidés se sont alors rabattus sur ce qui existait en plus grand nombre, c’est-à-dire les microlarves, moins sensibles à la pollution que les espèces traditionnelles, de stature plus imposante.
Nous sommes entrés dans l’ère de la miniaturisation, pas par snobisme comme le pensent certains, mais pour continuer à pêcher chaque jour, chaque année, en s’adaptant, comme le poisson de nos rivières, et en trouvant de nouvelles armes pour leurrer truites et ombres. En comprenant bien que l’homme est responsable de ces changements.

Un atout dans sa boîte à mouches

Sur les meilleurs parcours français, la pêche est devenue difficile, mais les salmonidés sont toujours très présents dans certains départements. Je constate cette année que le fond du Doubs est littéralement tapissé de larves de trichoptères, ce qui laisse présager de fameux coups du soir en juillet et en août si le climat ne nous joue pas des tours.
Dès que la pêche se révèle ardue, il ne faut pas hésiter à sortir ces boîtes de pheasant tail ou de microquill qui représentent l’alimentation quotidienne de nos truites et de nos ombres. Nous touchons pourtant aux limites du raisonnable puisqu’un hameçon n°26 ou n°28 imite certaine espèces de chironomes mais n’assure pas toujours un ferrage correct. De plus, il faut un nylon très fin pour bien présenter de telles imitations. À quand un nylon de 4/100 offrant une résistance de 5 ou 6 kg, quand certaines tresses de 10/100 frôlent les 15 kg aujourd’hui ?
D’ici là, j’espère que les fils seront contrôlés de façon bien plus rigoureuse dans les années à venir qu’actuellement, quand on sait que 83 % des nylons vendus sont pas fiables quant à leur résistance.
Cela donne à réfléchir sur toutes ces truites que nous avons perdues sur du 8 ou du 7/100. Décidément, à quoi faire confiance en ce bas monde, si ce n’est, peut-être au bruit de l’eau filtrant à travers les roches calcaires de ma Franche-Comté natale.



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