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Le métier de guide de pêche
Publié en ligne le samedi 1er janvier 2011
 


De nombreux lecteurs pêcheurs de truite se posent des questions sur la formation, les motivations ou plus simplement sur le métier des guides de pêche.
Afin d’y apporter quelques réponses et plutôt que de donner mon avis sur la question, j’ai préféré poser directement ces questions aux guides de pêche eux même.
Arbitrairement, j’ai décidé de m’orienter vers les guides les mieux implantés et de surcroît les plus connus d’une région possédant un potentiel salmonicole hors du commun, à savoir les Pyrénées, afin de connaître leur avis sur la question.


Interview mené par Christophe Bouet avec Jérémy Hanin, Lionel Armand et Yvon Zill
Photographie de Jérémy Hanin, Lionel Armand, Yvon Zill et Christophe bouet

 

-  Christophe Bouet : Jérémy, tu es guide de pêche professionnel, pourquoi as-tu choisi ce métier particulier et cette belle région ?
-  Jérémy Hanin : J’ai toujours voulu lier ma passion pour la pêche à mon activité professionnelle, et suite à mes études supérieures en développement touristique j’ai eu l’opportunité de passer le nouveau diplôme de moniteur-guide de pêche (BP JEPS "Pêche de Loisir"). Lors de cette formation et dans le cadre des différents stages auprès de guides et structures d’animation pêche, je me suis découvert un véritable plaisir à transmettre. Me lancer en tant que guide indépendant est apparu alors comme une évidence. J’ai franchi le pas épaulé par la mission Pêche 64 et les anciens guides présents sur le territoire Pyrénéen. Tout est allé très vite ensuite puisque je proposais une offre différente de celle déjà présente sur le territoire. Et les saisons sont aujourd’hui très bien remplies avec nombre de pêcheurs revenant d’année en année. La richesse halieutique du notre région en est bien sûr pour beaucoup avec une diversité me permettant de travailler sur une saison assez longue. Oui notre région est belle, et j’en suis fier en faisant partager tous ses petits coins secrets.
-  Christophe Bouet : Et toi Yvon, pourquoi avoir choisi les Pyrénées pour t’installer comme guide de pêche après une activité professionnelle riche qui t’as conduit un peu partout dans le monde ?
-  Yvon Zill : Effectivement, après avoir passé 27 ans dans la marine nationale, avec beaucoup de périodes embarquées sur des navires et d’autres affecté dans divers départements et territoires d’outre-mer, j’ai terminé ma carrière sur un navire australien effectuant des missions en zone Antarctique. Après avoir refusé une mutation j’ai choisi de me reconvertir dans le métier de moniteur-guide de pêche. Concernant le Pays Basque, où je suis installé, je l’ai choisie après avoir vécu dans de nombreux endroits différents. Le pays Basque cumule beaucoup d’avantages en particulier pour la pêche de la truite. La région dispose d’un climat vraiment doux, et l’eau ne manque jamais. Comme les montagnes ne sont pas très hautes, nous ne subissons pas de fonte des neiges durant la saison de pêche, ce qui permet par exemple de pêcher en sèche de mars à septembre. Le pays Basque intérieur est également bien protégé des pollutions industrielles et celles de l’agriculture intensive. Sa situation géographique, avec montagnes et l’océan nous permet également de goûter alternativement aux joies des bains de mer et ceux du ski, sans oublier sa situation frontalière avec l’Espagne.
-  Christophe Bouet : Jérémy et Lionel, sous quel régime (statut juridique) exercez-vous votre activité ?
-  Jérémy Hanin : En ce qui me concerne, j’exerce en tant qu’indépendant sous le régime de la micro-BNC (Bénéfice Non Commerciaux). J’effectue en fait des prestations de services pour mon compte comme un médecin ou encore un avocat. Mais sans avoir leur niveau de vie bien évidemment. Guide de pêche reste un métier-passion pour lequel c’est plus la qualité de vie qui compte. Dans tous les cas, c’est tout ce que nous laissent les différents organismes de prélèvements sociaux et autres. Je tiens à préciser que les tarifs d’un guide peuvent apparaître élevés (environ 160 € par journée d’accompagnement) mais il faut savoir qu’une saison est très courte et que l’imposition en terme de charge et autre s’élève à 50% environ de ce montant. Et ceci est sans compter l’amortissement du matériel que nous mettons à disposition des clients.
-  Lionel Armand : Quand a moi je viens de basculer sous un régime auto-entrepreneur après avoir été enregistré sous le statut de microentreprise BNC comme Jérémy.
-  Christophe Bouet : Lionel, Jérémy et Yvon, quel type de client recevez-vous généralement ?
-  Lionel Armand : En grande majorité des adultes, parfois accompagnés par leur(s) enfant(s). Plutôt des hommes... même si j’ai déjà pu encadrer des dames dont le contact est toujours fort appréciable.
-  Yvon Zill : Ma clientèle est essentiellement constituée d’hommes. J’ai également guidé quelques femmes et très peu d’adolescents. Étant sur un territoire de montagne, la pêche de la truite ici ne se prête vraiment pas aux groupes ou à la pêche en famille. Et c’est pour garder une bonne qualité de pêche que je me limite à 2 clients maximum.
-  Jérémy Hanin : Pour moi c’est aussi majoritairement des hommes seuls ou venus entre collègues pour une session pêche technique ou de découverte des Pyrénées. J’ai néanmoins quelques formules père-fils ou grand-père-petit-fils qui fonctionnent bien. Je reçois également des ados et pré-ados dans le cadre de camps pêche spécifiques mais qui se limite principalement à la période estivale.
-  Christophe Bouet : Lionel, parle nous un peu des techniques de pêche que tu pratique habituellement avec tes clients ?
-  Lionel Armand : Je propose deux activités principalement orientées vers la pêche de la truite fario sur le réseau des gaves et des Nives du département. La pêche à la mouche et la pêche aux appâts naturels qui représentent à mon avis les deux techniques reines pour rechercher ce salmonidé sur ces cours d’eau. Hormis la pêche de la truite en rivière, il m’arrive de guider sur les lacs de montagne et occasionnellement sur le migrateur qu’est l’alose.
-  Christophe Bouet : Et vous Yvon et Jérémy ?
-  Yvon Zill : Bien que je maîtrise les différentes techniques de pêche de la truite, je communique surtout sur la pêche à la mouche et plus particulièrement la sèche qui est ma technique de prédilection.
-  Jérémy Hanin : Moi je me suis spécialisé sur deux techniques qui m’apparaissent complémentaires pour la traque de Dame Truite. D’une part, la pêche au toc façon pyrénéenne soit la pêche aux appâts naturels en longue dérive. C’est une pêche fine, technique et assez polyvalente qui pour nos eaux claires reste une valeur sure. L’aspect très tactile est de plus en régal en terme de sensations. Grâce aux améliorations récentes de cette technique ancienne, elle est encore plus performante et permet de relâcher sans traumatisme les poissons attrapés. Ma seconde technique de prédilection est la pêche aux leurres (lancer léger à ultra-léger). On recherche ici les poissons les plus agressifs du moment et de taille généralement bien supérieure. Les leurres utilisés vont des traditionnelles cuillères au poisson-nageur les plus élaborés en passant par les leurres souples que nous sommes encore peu nombreux à utiliser avec succès.
-  Christophe Bouet : Merci à vous ces précisions. Yvon, peux-tu me dire ce que tes clients attendent lorsqu’il s’adresse à toi ?
-  Yvon Zill : Il faut distinguer les nombreux clients qui souhaitent s’initier à la mouche et qui partent de zéro, et ceux qui pêchent depuis plus ou moins longtemps. Pour les débutants complets, ils recherchent avant tout un moniteur pédagogue et compétent qui leur expliquera de manière claire l’utilisation basique du matériel et des mouches et la mécanique du lancer. Si les rudiments de base sont acquis, ils apprécient ensuite d’appliquer sur des poissons actifs les connaissances apprises en début de séance. Pour les pêcheurs non débutants, la demande et surtout orientée vers le guidage qui permet de découvrir les différents rivières et le comportement spécifique des poissons locaux. Si le client en fait la demande, ou bien qu’il y a un manque flagrant de maîtrise technique rendant la pêche problématique, je propose bien évidemment de découvrir les gestes techniques spécifiques (lancers spéciaux, ou adaptation du matériel). Le rôle du moniteur guide étant selon moi de faire progresser techniquement, d’amplifier le sens de l’eau et d’apporter un maximum d’opportunités de prises de poissons durant la sortie de pêche. T
-  Christophe Bouet : Yvon, Lionel et Jérémy, comment assurez-vous la promotion de ton activité ?
-  Yvon Zill : Passionné d’informatique et l’exerçant dans mon activité de consultant, c’est naturellement sur le web que je fais l’essentiel de ma promotion. De plus, étant moniteur guide labélisé « Pêche 64 » je bénéficie en contrepartie de l’engagement dans une charte de qualité d’une visibilité sur les supports internet et papier du comité départemental du tourisme des Pyrénées Atlantiques. Je fais également imprimer des plaquettes en couleur et quelques affiches qui sont déposées dans des endroits appropriés sur le Pays basque.
-  Lionel Armand : En local, auprès de la presse, des offices de tourisme, des détaillants, de la Fédération de Pêche. Mais aussi auprès de la mission Pêche 64 qui est une structure départementale en charge notamment de la promotion des activités professionnelles liées à la pêche de loisir. Quand je le peux, je participe aux salons de pêche. Sans oublier des participations aux revues halieutiques et aux médias télévisuels.
-  Jérémy Hanin : Mon site Internet est un très bon vecteur, il permet d’imager et de renseigner de manière exhaustive les pêcheurs (ou non) intéressés. La presse ou l’internet spécialisé (comme votre site) sont également de bons relais. J’ai de plus la chance d’écrire régulièrement dans les revues ce qui m’offre de bons rapports avec ces partenaires. Ensuite les réseaux d’information touristiques des Pyrénées-Atlantiques font en gros effort pour valoriser notre activité tant au niveau local (Office de Tourisme) qu’au niveau départemental (Comité Départementale du tourisme). C’est d’ailleurs un gros plus pour nous. Et dernier point et pas des moindres, la qualité de nos accompagnements et enseignements qui nous assure (ou non) un bouche à oreille positif. Nous y sommes très vigilants et travaillant dans ce sens sur tous les aspects. Et aujourd’hui les retours sont très bons.
-  Christophe Bouet : Ma dernière question sera une question collégiale pour clôturer cet interview auquel vous vous êtes très gentiment prêté. Qu’elles sont pour vous les perspectives de développement de ce métier en France et plus particulièrement dans les Pyrénées ?
-  Lionel Armand : Ma chance est de pouvoir exercer dans un département qui comporte un potentiel halieutique encore riche. De plus, la branche politique considère l’activité de pêche de loisir comme un potentiel économique non négligeable pour notre territoire. Depuis 2006 et la création de la mission Pêche 64 de réels efforts sont perceptibles et assurent le développement de tous les acteurs liés à cette activité. La communication, la formation, la mise en réseau, la sensibilisation sont des exemples d’actions quotidiennes. Mais les aspects environnementaux et halieutiques sont aussi pris en considération. Ces points sont essentiels pour l’avenir de notre profession et doivent faire très prochainement l’objet de mesures exemplaires. Pour en revenir à l’activité de guide de pêche, chaque année de nombreuses personnes s’engagent dans des centres de formation. Je souhaite à tous les titulaires du diplôme d’encadrer convenablement et de former de nombreux pêcheurs. Et au travers de cette activité, pouvoir sensibiliser et faire passer à nos stagiaires de multiples messages, notamment celui portant sur le caractère fragile et irremplaçable des milieux. J’avertis tous de même que ce métier passion n’est pas sans difficulté et qu’il n’est envisageable qu’après une bonne étude de marché. Un territoire satisfaisant, un projet cohérent souvent couplé avec une autre activité, une concurrence peu présente ou aux spécificités différentes peuvent permettre de s’installer dans une niche laissée vide. Sinon, gare aux désillusions...
-  Yvon Zill : Bien que je pense que l’offre provoque la demande, le nombre croissant de moniteurs guides diplômés arrivant sur le marché ne permettra sans doute pas à tous de vivre de cette activité. La diversification des pratiques et des poissons recherchés alliée avec la technicité croissante devrait augmenter la demande en moniteurs guides spécialisés. Il me semble que la pêche sort progressivement de l’image d’activité vieillotte et basique réservée aux retraités ou aux enfants, et que les pêcheurs prennent conscience que comme pour d’autres sports il faille passer par un enseignement de qualité pour démarrer ou progresser. De plus l’intérêt porté à la nature et l’environnement allant croissant, les guides pourraient profiter de cette tendance s’ils parviennent à intéresser leur public sur la globalité de l’environnement naturel de leur territoire. Les montagnes des Pyrénées atlantiques étant encore un territoire préservé des pollutions agricoles et industrielles, je pense que dans l’avenir elles seront encore plus fréquentées par les pêcheurs à la recherche de poissons sauvages dans un environnement de qualité
-  Jérémy Hanin : Comme Yvon, je pense que des perspectives de développement restent certainement ouvertes mais de très nombreux centres de formation ont formés depuis 5 ans des centaines d’animateurs-moniteurs-guides de pêche et le marché reste relativement restreint et par là difficile. Ce sont les plus novateurs et travaillant à fond sur une démarche qualité qui s’en sortiront mais les places seront très très peu nombreuses. Le niveau général a été bien évidemment relevé mais peut-être arrivons-nous à une saturation d’autant que les instances fédérales s’intéressent aujourd’hui de très près à ce secteur d’activité qu’elles ont longtemps négligé. Quant aux Pyrénées, le constat est identique même si les centres de formations y sont pour ainsi dire absents. L’offre des Pyrénées-Atlantiques est aujourd’hui très étoffé avec des guides très bien installés mais les départements voisins restent peut-être encore un peu dépourvu.
-  Christophe Bouet : Merci à vous tous de vous être prêté de manière si sympathique à cet interview qui pourra éclairer sans aucun doute les lecteurs de notre magazine sur les motivations, les structures et le développement d’une activité de service encore trop peu utilisée par les pêcheurs français en comparaison avec nos voisins anglophones.

 
 
 

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