Accueil >> Pêche de la truite >> Pêche au vairon mort manié  
 
Voir tous les articles de la rubrique "Pêche au vairon mort manié"
La pêche de la truite
Connaissance de la truite
Pêche à la mouche
Pêche aux appâts naturels
Pêche au vairon manié
Pêche aux leurres
Tactique de pêche
Gestion et aménagement
Le club de la truite
Le jeu annuel
La lettre de la truite
Les cadeaux du site
La boutique
Les Salmonidés
Une grande famille
Les services du site
Les recettes de cuisine
Les petites annonces
Foire aux questions
Les forums
Le niveau des rivières
Information et actualité
Le matériel de pêche
La presse halieutique
Les belles prises du site
Les salons / expos
Le dictionnaire de la pêche
L'art halieutique
Les coins de pêche
Les bons coins en France
Les bons coins à l'étranger
Parcours et réservoirs
L'annuaire de la truite
Zoom sur un site
L'annuaire du site
La pêche en France
Les fédérations de pêche
La pêche et la loi
La réglementation
La réciprocité
Contactez-nous
Administration du site
Nos coups de cœur
 
Au vairon manié en plein été
Publié en ligne le dimanche 10 juillet 2005
 




La pêche au vairon mort manié est très souvent considérée comme une pêche de début de saison. Alors, quand l’été arrive, spécialistes et amateurs de cette technique de pêche ont tendance à remiser leur matériel, pensant que c’est fini et qu’il est temps de passer à autre chose. Or, en faisant abstraction des préjugés et en modifiant un peu ses habitudes, on peut encore réaliser de belles pêches dans les eaux estivales les plus basses ... à condition de bien maîtriser sa pêche, le choix de sa monture et sa dérive.

Texte de Christophe Bouet
Photos de Jérôme et Christophe Bouet

 

Au fur et à mesure que la température de l’eau augmente, nombreux sont les pêcheurs au vairon mort manié à penser que cette technique de pêche perd de son efficacité par rapport au début de saison et ils cessent alors de rechercher la truite de cette manière. Pourtant, contrairement aux idées reçues, la pêche au vairon mort manié continue de faire bouger les truites autant que lorsque l’eau est plus froide .... et peut être même d’avantage !
C’est vrai que les poissons deviennent plus méfiants, plus difficiles et que les loupés sont plus nombreux. Certains, convaincu à tort du manque d’intérêt de pêcher au vairon mort manié après le début du mois de juin, diront même que les truites ne s’intéressent plus aux vairons et qu’elles se contentent de tourner autour sans le toucher, au mieux de provoquer des touches qui seront « inferrables ». S’il est effectivement juste que le comportement des poissons se modifie avec l’arrivée de température plus chaude, il parait aussi évident de s’adapter en même temps et de changer nous aussi notre mode de prospection ainsi que notre technique de pêche.

Vers l’amont ... sinon rien !

Nombreux sont les pêcheurs au vairon mort manié délaissant cette technique de pêche dès la fin du mois de mai qui ne soupçonnent pas les ressources du vairon manié en période d’étiage alors que les eaux sont basses et claires. Moyennant quelques petites adaptations dans sa manière de pêcher, vous pourrez rapidement constater qu’il y a encore de belles pêches à faire au cœur de l’été.
Avant toute chose il faut maintenant oublier le fameux lancer trois-quart aval habituellement utilisé pour rechercher la truite. En effet, même si cette prospection est très efficace en début de saison, lancer ainsi et récupérer en animant quand le vairon décrit vers l’aval un arc de cercle est maintenant à proscrire. Car dans des eaux particulièrement basses, la première règle est la discrétion. Donc pas question de descendre la rivière en pêchant si vous ne voulez pas voir les truites s’enfuirent à votre approche, parfois même à des distances plus importantes que nos possibilités de lancer.
Certes, l’effet serait moins flagrant sur un poste très profond mais ce qui complique les choses c’est qu’en général ce type de poste est moins fréquenté en été que le reste de la saison et que s’il est occupé, la truite y est généralement totalement apathique. En effet, notre belle sauvage fréquente plutôt à cette période les bordures de courant, les débuts ou fins de radier et les lisses abrités par une végétation surplombante où elle est effectivement plus craintive mais aussi prête à engamer un vairon habilement et discrètement manié qui s’aventurerait sur sa zone de chasse.

Une animation prudente

L’aspect tactique étant maintenant clos, vous aurez compris que la première des précautions pour toucher du poisson par eaux basses est de pêcher loin vers l’amont en remontant le cours d’eau. Mais il faut aussi modifier quelque peu notre technique de pêche et penser différemment de se que l’on peut faire en début de saison, époque où la pêche au vairon mort manié est capable de convaincre n’importe quel pêcheur de son efficacité.
Contrairement à ce qui peut se passer classiquement en début de saison, pour demeurer attractif par eaux basses, le vairon ne doit pas « trop en faire ». En effet, par expérience, j’ai constaté qu’il était prudent de ne pas trop animer le vairon et qu’il était nécessaire d’éviter les culbutes trop sèches et les vifs changements de direction si l’on ne veut pas effrayer les truites en poste. Car au contraire, nos belles mouchetées sont plus aptes en ces périodes chaudes à accepter un poissonnet animé mollement au ras du fond. Pour se faire, laissez tomber vos montures à plombée en tête et optez pour des montures avec des plombées uniquement internes de type « Plasseraud », « godille » ou « Clou ». Ce genre de monture permet au vairon d’avoir une action plus fluide et moins hachée qui convient parfaitement à la pêche vers l’amont sur des poissons particulièrement méfiants.

Pêchez léger !

L’atout majeur de ce type de monture est sa légèreté et c’est pourquoi les lestages de 1 à 3 grammes au maximum dans le corps du vairon me semblent parfaitement adapté à la plupart des conditions de pêche par eaux basses. Ne faite pas plus, cela ne servirait à rien car la profondeur des postes les plus productifs n’excède que rarement les vingt ou trente centimètres.
Pour les pêcheurs au vairon mort manié qui sont habitués aux montures lourdes et fortement plombées en tête, il y aura forcément une petite période d’adaptation car le contact qu’elles procurent est généralement plus franc qu’avec les montures qui nous intéressent en cette circonstance. La difficulté principale réside dans le contact avec la monture qui est ramenée vers soi. La récupération est en fait effectuée au moulinet pendant une phase d’abaissement progressif du scion de la canne. Entre ces phases d’abaissement ou le fils est récupéré, le relèvement de la canne permet de conserver le contact avec la monture tout en gardant le fils constamment sous tension. Pour faciliter les choses, la canne doit être tenue en position haute et une longueur de 3 mètres au minimum s’avère être un atout non négligeable.
Dès lors, passé l’inévitable période d’adaptation, vous sentirez très vite le vairon se faufiler dans les plus petites veines de courant, glisser merveilleusement bien sous les berges creuses et filer aisément entre les blocs rocheux.
En ce qui concerne la taille des vairons, choisissez les tout petits, entre 4 et 5 centimètres de long car j’ai également constaté que les résultats étaient plus réguliers avec des poissonnets de cette taille et que les touches étaient vraiment plus franches.
Pour les mêmes raisons de discrétion, ne lancez pas à proximité d’un poste ou d’une truite que vous aurez observée car même si la monture est légère et le vairon petit, le bruit d’un poissonnet qui tombe dans l’eau restera toujours moins discret qu’une nymphe. Est-il besoin de vous rappeler qu’une truite à découvert peut être totalement paranoïaque et que le moindre doute peut la faire fuir.

Pêchez les bordures

En dehors de l’aube et du crépuscule ou les truites se postent en plein radier, le reste du temps les zones de bordures calmes et peu profondes sont souvent excellentes. Il faut surtout par précaution attaquer les secteurs favorables d’assez loin pour ne pas voir un poisson nous filer entre les jambes et rendre ainsi stérile plusieurs dizaines de mètres de rivière.
Je ne saurais trop vous conseiller également de ne pas lancer directement sur le poste à pêcher mais bien au delà pour ne pas effrayer une truite en poste. L’idéal est de lancer deux ou trois mètres en amont dans une veine de courant et d’amener le vairon en l’animant avec parcimonie dans la zone favorable. Si rien ne se passe après deux ou trois lancers et que vous n’avez vu aucun poisson s’enfuir c’est que la truite est sur un poste de repos, cachée dans son abri. Tout n’est alors pas complètement perdu puisqu’il reste encore la solution de dandiner directement sur le poste supposé : amas de branchages, racines baignantes ou encore frondaison rasant la surface de l’eau. Il est parfois surprenant de voir une truite, pourtant capable de nous repérer et de détaler à plus de vingt mètres lorsqu’elle est sur un radier se faire prendre pratiquement dans nos bottes quand elle est sous sa cache. En effet, le cristallin de l’oeil de la truite possède une courte focale qui lui donne la possibilité d’avoir une profondeur de champ optimale de 60 cm à l’infini donnant donc la capacité à dame fario de faire le point sur n’importe quel objet. Cependant, lorsque la truite concentre son attention et fait le point sur un objet très proche, quand elle s’alimente par exemple, elle discernera moins bien les objets plus éloignés : Ce qui explique que l’on puisse, même en été par eaux basses, prendre des poissons pratiquement à nos pieds. Toutefois, soyez logique : Si une truite vous a vu et a filé se cacher sous une cache à votre approche, inutile d’y dandiner votre vairon !

Des touches subtiles

En début de saison en pêchant « trois quart aval » les touches sont généralement assez sèches, voir brutales, car la truite se déplace latéralement et vient directement taper sur la monture quand elle attaque. En pêche « amont » c’est un peu différent et il faut être particulièrement vigilant si l’on ne veut pas rater la majorité des attaques que l’on pourra avoir en pêchant ainsi. En effet, le plus souvent, la truite intercepte le vairon qui dérive dans le courant vers elle sans vraiment se déplacer. Dans ce cas, on ressent uniquement un petit toc, parfois un imperceptible gratouillis ou un léger arrêt. Pire encore, il arrive fréquemment à la truite de se laisser porter par le courant lorsqu’elle saisie sa proie et la touche devient alors très difficile à percevoir. Pour faire face à ces touches particulièrement subtiles, il faut ferrer fermement dès que l’on constate un bref ralentissement de la dérive ou une légère mollesse dans la ligne. Si vous avez le malheur, comme je le vois encore trop souvent, de tendre légèrement la ligne pour vérifier s’il s’agit ou non d’un poisson ou d’un accrochage avant de ferrer, vous n’aurez que le temps de sentir deux ou trois secousses dans la canne et de voir le soleil réfléchir sur le flanc d’une belle truite ... qui s’enfuit !

De toute les pêches au vairon mort manié, c’est en pêchant vers l’amont en cette période estivale que cette technique révèle toute sa subtilité. C’est la version « light » d’une technique que l’on pratique volontairement moins finement en début de saison et qui permet de prospecter de grandes distances. On parcourt effectivement assez rapidement quelques centaines de mètres de rivière car il est inutile d’insister si la touche n’a pas eu lieu dès les premiers passages mais aussi parce que toutes truites misent en fuites accidentellement condamnent inévitablement plusieurs dizaines de mètres de rivière vers l’amont. Alors si vous aviez déjà remisé votre canne à manier, il est encore temps de la ressortir car en pêchant au vairon mort vers l’amont on a toutes les chances de passer une agréable journée d’été au bord de l’eau ... et de prendre encore quelques truites !

 
 
 

Espace publicitaire pechedelatruite.com

Copyright © Pechedelatruite.com