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Dérive naturelle ou appât porté ?
Publié en ligne le dimanche 2 mars 2008
 




Méthode traditionnelle ou dérive naturelle ?
Ces deux façons de présenter une esche apparaissent souvent en totale opposition.
Marc Detacoste nous explique que, bien au contraire, on a tout à gagner à les considérer comme étant parfaitement complémentaires.

Texte : Marc Delacoste
Photos : Christophe Bouet et Jérôme Aussanaire

 

L’option de l’appât porté par le pêcheur et déposé est la plus traditionnelle. Elle est ’également la plus simple, à la fois dans sa conception et dans sa mise en oeuvre C’est le pêcheur qui fait évoluer directement le montage, en portant sa plombée. Il dépose ainsi son appât au coeur des postes potentiels. Les dérives sont courtes, voire inexistantes, l’esche évoluant alors au gré des « bonds » successifs que lui confère le pêcheur en soutenant puis en déposant sa plombée, Cette façon de procéder impose généralement des cannes plutôt longues et une tenue de canne proche de l’horizontale. La plombée est fréquemment assez lourde et la ligne est le plus souvent tenue à la verticale de la canne. L’approche, basée sur la dérive naturelle, est radicalement différente. Cette façon de faire peut être qualifiée de plus moderne, bien qu’elle ait tout de même plusieurs décennies derrière elle.
Ce n’est plus cette fois le pêcheur qui porte son appât et le dépose dans les postes potentiellement occupés par les truites, mais il utilise les veines de courant pour le faire dériver de façon quasi naturelle jusque dans le poste. Ce qui peut sembler un simple détail va pourtant avoir des conséquences extrêmement importantes sur de nombreux points. Le poids de la plombée, tout d’abord, devra être adapté à la force du courant pour que celle-ci guide naturellement le montage vers la truite. Trop légère et le montage n’atteint jamais le niveau auquel les poissons attendent leurs appâts, trop lourde et c’est l’accrochage. Les plombées utilisées sont généralement plus légères qu’avec l’approche traditionnelle. La tenue de canne sera également différente, de manière à favoriser la bonne conduite de la ligne et la dérive la plus naturelle possible. Aujourd’hui, au bord de nos rivières, on rencontre les deux façons de faire parmi les traqueurs de truites aux appâts naturels. Mais ce choix n’est pas aussi rationnel qu’il devrait l’être. En effet, les adeptes de l’une ou l’autre option systématisent leur approche, quelles que soient les conditions et le comportement des truites. Il y a les pratiquants de la méthode de l’appât porté, parce qu’ils ont toujours fait comme ça et qu’ils ne voient pas pourquoi il faudrait changer. Et les autres qui, s’appuyant surtout sur l’efficacité de la dérive naturelle, dénigrent le côté un peu trop traditionnel de l’appât porté. Il est vrai que lorsque l’on a goûté aux plaisirs procurés par de belles dérives et que l’on connaît le fossé existant entre les deux options en terme de fiabilité, on peut être tenté de laisser aux oubliettes l’appât porté. Pourtant, il est des jours où les dérives les plus naturelles et les mieux réalisées ne valent rien. Ces jours-là, les commentaires sont les mêmes : « C’est un jour sans... ce sera meilleur la prochaine fois ».
Cette réflexion fataliste est parfois le reflet une situation décevante mais bien réelle, à savoir que les traites ne sont pas en activité. Cependant, elle peut également masquer un échec qui n’est imputable ni aux conditions du moment ni aux truites, mais au pêcheur lui-même.

Il existe, en effet, des cas de figures dans lesquels une approche basée sur une dérive naturelle est moins performante que sur un appât porté. C’est particulièrement le cas en période d’eau très froide, ce qui arrive régulièrement en tout début de saison - ou parfois un peu plus tard, en cas de fonte de neige marquée, par exemple. La très basse température de l’eau a des répercussions importantes sur le comportement des farios. Leur activité alimentaire s’en trouve ralentie et le choix de leurs proies en est modifié. Ainsi, dans ces conditions, il arrive régulièrement que les truites n’acceptent que les appâts évoluant dans les tous premiers centimètres du fond. Le refus d’une esche peut alors se jouer à trois fois rien : une dérive à peine trop rapide ou un poil trop haute. Certains jours, en outre, les truites n’acceptent les appâts que s’ils dérivent extrêmement lentement, à la limite de l’arrêt.

Au ras de la cache

Voilà donc un cas de figure où l’appât porté, avec plombée lourde, sera au moins aussi performant que la dérive naturelle, plus problématique dès lors que les truites sont « collées au fond ». De plus, les phases d’arrêt de l’appât, posé quelques secondes sur le fond du fait d’une progression par petits bonds successifs, peuvent parfois faire la différence et rendre l’option appât porté plus efficace. C’est également le cas lorsque les truites sont postées dans les caches, un oeil à la fenêtre, pas franchement dehors mais pas franchement rentrées non plus. C’est vrai qu’il y a rarement de grosses pêches à faire dans ces conditions, mais on peut tout de même prendre quelques truites. Seulement, pour y parvenir, l’appât doit progresser au ras de la cache, et s’il y rentre, c’est encore mieux. Il doit, en outre, parfois y évoluer plusieurs secondes avant que la truite ne se décide. Autant de conditions difficiles à remplir avec la dérive naturelle, mais taillées sur mesure pour une approche avec appât porté. À l’inverse, dès que les truites occupent leurs postes de chasse privilégiés, c’est-à-dire les veines de courant, la dérive naturelle devient reine. Seule cette pratique bien effectuée peut permettre de présenter une esche correctement dans une veine de courant laminaire, car la progression de l’appât porté paraît le plus souvent suspecte aux yeux des farios.
C’est également le cas de la pêche avec de petits appâts, qui ne sont jamais aussi attractifs que lorsqu’ils suivent une belle veine de courant en dérive naturelle. Il faut déployer des trésors de savoir-faire pour que les appâts portés n’aient pas l’air complètement entravés, même aux yeux des truites les moins expérimentées. De même, dès que l’eau s’est réchauffée, et que les farios acceptent de quitter le fond, ne serait-ce que de quelques centimètres, pour s’emparer d’un appât, rien n’égale la dérive naturelle.

Bien des avantages

N’allez cependant pas croire qu’une approche basée sur cette méthode ne soit pas efficace en eau froide. Elle l’est tant que les truites sont postées dans des veines de courant classiques et laminaires dans lesquelles une dérive naturelle peut être effectuée correctement.
Cette option possède, de surcroît, deux avantages considérables, indépendamment de la présentation de l’appât. Elle permet tout d’abord une prospection relativement rapide, davantage, en tout cas, que l’option appât porté. Et bien souvent, plus l’on prospecte, à condition bien sûr que cela soit bien fait, plus les chances sont meilleures de prendre plus de truites. L’autre avantage, qui concerne la distance de pêche, est peut-être encore plus important. Il est possible, en effet, même avec des cannes relativement courtes (autour de 4 m), d’effectuer des dérives naturelles à 10 ou 12 mètres de soi, voire plus. C’est l’occasion de pêcher les rivières à truites les plus larges en prospectant efficacement des postes assez éloignés.

Plus efficace, plus agréable, l’option dérive naturelle a donc de multiples avantages, et s’il n’en fallait choisir qu’une, ce serait évidemment elle, sans aucune hésitation. Mais l’approche traditionnelle, basée sur un appât porté, peut aussi se révéler payante, notamment en début de saison. Et plus intéressant encore, dans des cas de figures particuliers, elle peut supplanter la dérive naturelle. La seule vérité qui vaille, c’est celle des truites et de leur comportement. Et elles, elles ont toujours raison...

 
 
 

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