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La pêche à la roulette
Publié en ligne le dimanche 2 avril 2006
 

Il arrive parfois que des techniques de pêche pourtant très efficaces lorsqu’elles sont correctement pratiquées n’aient pas la popularité qu’elles seraient en droit de rencontrer. Le petit monde de la pêche à la mouche n’échappe pas à cette règle et l’exemple criant de la pêche à la mouche noyée mais aussi et surtout celui de la pêche « à la roulette » en est la manifestation parfaite. Quand on sait que cette dernière donne des résultats surprenants dans la majorité des rivières courantes, on est en droit de se poser quelques questions !
Une pêche à découvrir ou à redécouvrir.

Texte et photos Christophe BOUET

 

S’il est vrai que la technique de pêche à la roulette n’est réellement efficace que si l’on maîtrise correctement la pêche à la mouche avant de s’y attaquer, elle n’en reste pas moins très rentable et les résultats obtenus entre les mois de mai et juin sont parfois très surprenants. Malgré la réussite incontestable des moucheurs qui pratique la pêche « à la roulette », il n’est malgré tout pas très fréquent de rencontrer un pêcheur qui emploie cette technique et j’ai toujours été étonné que « la roulette » n’aie pas une notoriété un peu plus importante.
Est-elle moins bien considérée que la pêche à la nymphe légère ?
Moins valorisante que la pêche en sèche ?
Ou tout simplement moins connue et reconnue que les autres techniques de pêche à la mouche à cause d’une presse plus discrète à son sujet ?
Il y a sans doute une part de vérité dans chacune de ces trois questions même s’il est dommage d’occulter ainsi une pêche passionnante, subtile et réellement efficace.

Où et quand

Il est bien sûr évident que la pêche à vue d’une truite ou d’un ombre que l’on aura vu gober ou nympher dans une eau limpide est un plaisir d’une rare intensité. Cependant, les conditions idylliques sont rarement au rendez-vous et la clarté de l’eau, la profondeur, la couleur du fond, la vitesse du courant, le vent ou les conditions d’ensoleillement compromettent souvent la pratique à la nymphe à vue ou la nymphe légère en début et en fin de saison. Il faut donc s’adapter et rechercher les poissons avec un maximum d’efficacité là où ils se trouvent. C’est une évidence que l’on peut difficilement nier et pourtant peu de techniques hormis la pêche « à la roulette » permettent de pêcher correctement lorsque nos belles mouchetées se postent sous une épaisse couche d’eau au courant soutenu, derrière une chute ou bien dans une fosse profonde brassée par l’écume.
Souvent décriée par quelques puristes, la pêche en nymphe très lestée reste alors la seule technique qui puisse offrir la possibilité de s’attaquer convenablement aux poissons se situant dans des eaux tumultueuses et des courants rapides, secteurs que ces braves détracteurs trouvent si peu hospitaliers pour y poser leur mouche. _ Ainsi, si comme eux vous évitez les courants soutenus, rarement exploités par les pêcheurs à la mouche, vous passerez certainement à côté de très belles émotions et probablement à côté de nombreuses et belles mouchetées.

La « roulette »

Le nom de roulette vient du fait que les nymphes qui sont employées pour cette pêche sont volontairement très plombées afin qu’elles puissent pratiquement rouler sur le fond en action de pêche. Elles sont principalement montées sur des hameçons de 14, 12, 10 voir même 8 mais il est parfois intéressant de descendre jusqu’aux numéros 16 ou 18 pour pêcher des secteurs très fréquentés afin d’y leurrer des truites déjà très expérimentées. Pour ce qui est de la forme de la nymphe, quelle que soit sa taille et sa silhouette, il est impératif que le corps de celle-ci puisse posséder des caractéristiques spécifiques qui favoriseront sa pénétration dans l’eau. La silhouette doit être en effet particulièrement massive avec un corps très lisse que l’on aura volontairement saturé de vernis ou plus simplement enduit d’un plastifiant. Cette nymphe est bien évidemment lestée à l’aide d’un fil de plomb ou de feuilles de tungstène coupées en bandelettes. La forme du corps est donc généralement compacte et définie essentiellement par le lest et adoucie par des enroulements de soie floche ou mieux de fil acétate qui sera « soudé » par l’application d’une couche de vernis. Son poids, associé à son pouvoir de pénétration important en raison de son corps lisse, permet à cette nymphe de descendre rapidement sur le fond même dans des courants importants, lieu où elle s’avère d’une redoutable efficacité.
Par expérience, un corps jaune paille à jaune vif semble donner de meilleurs résultats dans les rivières calcaires qu’un corps foncé, apparemment plus efficace dans les autres rivières. Dans ce cas on privilégiera les couleurs brunes en faisant varier la tonalité du brun foncé jusqu’au brun le plus clair. Il est également intéressant de noter qu’un corps orange fluorescent agrémenté d’une longue tête noire peut donner d’excellent résultat dans les rivières où l’ombre commun est présent si l’on veut tenter sa chance sur ce poisson aussi déroutant que passionnant à pêcher.

La technique de pêche

En raison du poids de la mouche, les lancers sont un peu difficiles et manquent parfois de précision. On est alors un peu loin du geste presque artistique du lancer de la mouche qui attire tant de néophytes à faire le premier pas et à essayer la pêche à la mouche. Mais que cela ne tienne, cette technique est extrêmement passionnante et procure en compensation d’inoubliables émotions. Pour contourner la difficulté de lancer ces nymphes très lestées il faut pêcher court dès que cela est possible. Dans les rivières au courant soutenu, une truite ou un ombre peut pratiquement se pêcher sous la canne sans que la ligne ne touche l’eau. La pêche avec une canne puissante et rapide va grandement faciliter le lancer car il est nécessaire de déployer assez brutalement - en raison du poids de la mouche - un bas de ligne assez long qui ne doit pas être inférieur à une fois et demie la longueur de la canne, soit entre quatre et cinq mètres.
La dérive se fait toujours d’amont vers l’aval en lançant plus ou moins en amont en fonction de la force du courant. Dès que la nymphe a touché l’eau, il faut effectuer plusieurs mending (repositionnement de la soie) assez rapprochés pour aider la mouche à descendre rapidement en profondeur. Durant la dérive, une fois que la nymphe aura atteint le fond, toute la difficulté consistera à présenter celle-ci sans dragage car il est indispensable que la « roulette » dérive naturellement au fil du courant, sinon elle ne sera pas prise. Le contrôle de la dérive se fait en accompagnant la ligne de la canne, en retenant plus ou moins cette dernière qui est passée sur l’index de la main gauche, un peu à la manière des pêcheurs aux appâts naturels. Cette manière de tenir la canne et la soie permet de ressentir très précisément une attaque car le contact est direct et cette pêche est avant tout sensitive. La touche est toujours rapide mais parfois assez subtile. A la moindre petite sensation de lourdeur dans la ligne, un peu comme lorsque l’on accroche le fond, le ferrage doit être un réflexe. C’est le cas également lorsque que la touche est un peu moins évidente et ne se traduit que par un léger ralentissement dans la vitesse de la dérive. Le ferrage doit donc être extrêmement rapide car on dispose alors à peine d’une seconde pour réagir avant que le poisson, conscient qu’il vient de commettre une erreur, souffle la nymphe et ne s’y laisse plus prendre. Cette pêche, éprouvante pour les nerfs tant la tension est importante, engendre souvent un ferrage particulièrement sec. C’est pourquoi, pour éviter de voir partir sa mouche dans la bouche d’un poisson suite à un ferrage trop appuyé, il est nécessaire de pencher la canne vers l’amont et jouer ainsi sur son élasticité.

Osez parfois une légère animation

La truite prend normalement la nymphe au premier passage mais elle joue parfois les indifférentes et ne se décide à attaquer qu’au deuxième, troisième ou quatrième passage sur une imperceptible correction de dérive. Cependant, lorsque qu’aucune touche ne se produit sur un poste que l’on aura jugé porteur, il est quelquefois payant de faire une nouvelle dérive en animant très légèrement la nymphe. En effet, l’animation permet de provoquer la touche d’un poisson que sera resté insensible à un passage en dérive inerte. Pour se faire, au moment ou la mouche touche le fond de la rivière, on imprime un petit soubresaut à l’artificiel en relevant légèrement la canne que l’on conserve toujours en position haute, suivi ensuite d’un relâcher. En multipliant cette animation tout au long de la dérive, surtout dans les endroits les plus marqués, on peut alors inciter un poisson qui n’aura pas mordu de la manière classique à ce déplacer et à engamer la mouche. Cependant, n’utilisez cette méthode qu’avec parcimonie et toujours quand la dérive inerte n’aura vraiment rien donné car l’animation de la « roulette » n’est à mon avis pas la meilleure des solutions. Je pense en effet que cette utilisation doit rester l’ultime solution, la dernière « carte » à jouer, celle de la dernière chance car il arrive parfois que l’effet produit par l’animation de la mouche ne soit pas celui escompté et que la réaction des poissons soit totalement inverse au but recherché. La conséquence peut en effet être irréversible et déclencher la fuite des truites en poste, surprises par ce comportement anormal de la nymphe.

Egalement à vue ... quand les conditions le permettent

Si la pêche aveugle est passionnante, la pêche à vue, très efficace elle aussi, est absolument captivante. Cependant, comme son nom l’indique, il faut nécessairement localiser un poisson avant de pêcher et ce n’est pas spécialement simple dans des rivières assez courante, même si l’eau est particulièrement limpide. La technique est en tous points identique à celle de la pêche à la « roulette » aveugle mais en intégrant la dimension de la vue en plus. Cette nuance peut paraître bien ridicule mais cette pêche, particulièrement spectaculaire, est éprouvante pour les nerfs tellement la tension est grande quand vous voyez l’artificielle qui commence à tutoyer la truite. Il convient alors d’étudier le comportement du poisson, de surveiller ses écarts, sa position ... et de ferrer dès qu’il s’est saisi de la mouche. Lorsque l’eau est particulièrement claire, caractéristique indispensable si l’on veut correctement pratiquer la pêche à vue, mais d’avantage pour une bonne dérive de l’artificielle, la pointe du bas de ligne ne doit pas excéder 12 centièmes, voir 14 centièmes au maximum. Donc, aux vues du diamètre de nylon utilisé, il est capital d’avoir un hameçon d’excellent qualité au piquant irréprochable car ce dernier doit être en mesure de pénétrer sur une légère traction, proportionnelle à la résistance du fil, dans la partie dure de la gueule de la truite. Les poissons étant la plupart du temps piqués à cet endroit, il faut donc veiller régulièrement à son affûtage pour éviter un trop grand nombre de décrochage pendant le combat.

Cette technique de pêche, forte en sensation, vous permettra sans aucun doute de réaliser de fort beau coup de ligne et il est fort à parier qu’après quelques sorties vous aurez une vision un peu différente et sans préjugé sur la pêche « à la roulette ». Reste ensuite la manière et l’éthique que vous adopterez au bord de l’eau pour faire de cette technique une pêche sportive, noble, respectable ... et respectueuse. _


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