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Nymphe à vue : Lestez avec modération
Publié en ligne le mardi 6 juin 2006
 




Notre pays s’est forgé une réputation de leader en matière de pêche fine en nymphe à vue.
La difficulté des parcours y est sans doute pour beaucoup. Le poids de la nymphe, élément essentiel de cette pêche, est plus que jamais d’actualité : pour leurrer les truites très éduquées, associez des imitations peu ou pas lestées avec l’ultra-light nymphing.

Texte et photos Grégory TREILLE

Avec l’aimable autorisation de Fabrice MONNEL
et

 

La tendance se confirme depuis quelques années, la pêche en nymphe est devenue une affaire de spécialistes, capables de pousser à l’extrême leur passion. Aujourd’hui, les meilleurs parcours français sont régulièrement fréquentés par les plus habiles connaisseurs de notre pays. Les rivières hexagonales ont l’avantage d’être souvent difficiles à pratiquer et incitent par conséquent les nympheurs à développer sans cesse de nouveaux arguments pour attirer truites et ombres. A l’heure où abondent les modèles de nymphes en tout genre, il est peut-être temps de revenir à l’essence même de cette pêche. En effet, contrairement à la mouche sèche, la nymphe se positionne sous la surface, d’où l’importance de son lestage.
En examinant de nombreux exemplaires de nymphes anciennes comme celles de Skues, Sawyer ou Ritz, on s’aperçoit que toutes ces artificielles étaient montées de façon assez filiforme. Les plombages étaient plutôt discrets, voire inexistants sur certaines imitant des nymphes émergentes de baétidés ou de phryganes. Ces spécimens étaient avant tout destinés à la pêche en nymphe à vue et différaient finalement peu de ceux utilisés aujourd’hui sur les parcours les plus difficiles du Doubs francosuisse ou de la Loue.

Les plombages de base indispensables

Contrairement à l’opinion répandue dans la presse halieutique, je reste persuadé du peu d’importance de l’imitation de la nymphe en condition de pêche. On cherche aujourd’hui à nous faire croire que chaque pêcheur dispose d’une boîte de mouches « terribles » qu’il monte uniquement dans des conditions difficiles, et que, là, miraculeusement, la truite se transforme en petit animal docile comme un chien de compagnie. L’important n’est évidemment pas là, car on peut prendre une même truite ou un même ombre avec 10 ou 15 sortes de nymphes différentes. Ce qui compte avant tout, c’est la hauteur à laquelle évolue la nymphe dans l’eau et sa taille par rapport aux larves naturelles présentes dans la rivière. Le plombage est capital dans la pratique de la nymphe à vue. Il permet d’équilibrer l’imitation et de la rendre naturelle pendant sa dérive dans l’eau.
Le lestage en cuivre est particulièrement recommandé pour lester les micronymphes et réaliser des modèles vernis dédiés aux conditions difficiles des pêches d’été, lorsque les truites et les ombres deviennent chipoteurs.
Le plomb doit être utilisé avec discrétion. Trois ou quatre tours de plomb de diamètre 0,35 mm constituent un lestage correct donnant lieu à une dérive satisfaisante de la nymphe.
Les microbilles facilitent l’immersion rapide des nymphes et permettent d’aller chercher des gros ombres en profondeur sur des nylons très fins. Les formules en tungstène ne nécessitent pas de plombage supplémentaire sur le corps de la nymphe.
Enfin, il ne faut pas oublier les nymphes non plombées : seul le poids de l’hameçon entraîne alors l’immersion de l’imitation. Ces nymphes se révèlent idéales pour les poissons coriaces, qui refusent systématiquement les reproductions de nymphes trop plombées du commerce, mal conçues pour nos cours d’eau.
Dans tous les cas, il est utile de pouvoir disposer de séries de nymphes de plombage identique en 10 ou 12 exemplaires, afin de ne pas manquer d’un lestage précis au cours de la saison.
Une boîte de nymphes bien rangée aide à ne pas perdre de temps en condition de pêche et à pouvoir disposer instantanément du lestage voulu à tout moment de la journée. C’est souvent en changeant de plombage et en allégeant l’imitation que la réaction du salmonidé recherché va se modifier : mouvement sur le côté, prise instantanée de la nymphe non plombée, décalage immédiat en direction de la surface.

Lestez en fonction du secteur

Après avoir passé en revue les quelques plombages indispensables à la pêche à vue en nymphe légère, il reste à choisir son modèle en fonction du secteur exploré. Lorsque les niveaux sont bas et les eaux claires, propices à la pratique de la nymphe à vue, on s’aperçoit que le profil d’une rivière peut être changeant, avec des alternances de petits radiers peu profonds, de grandes retournes dépourvues de courant ou encore de longs plats au courant régulier. Dans ces circonstances, il est impératif de varier le plombage de sa nymphe en fonction du secteur choisi.
Sur le Doubs franco-suisse, il est fréquent dés le début de saison d’attaquer des truites sur de très faibles hauteurs d’eau, surtout sur les fins de radiers si propices à la distribution de la nourriture. Dans ces conditions, l’utilisation de nymphes plombées se révèle inutile. Les truites vont analyser immédiatement l’impact de la nymphe sur la surface de l’eau, cesser de s’alimenter et souvent prendre la fuite « à nageoire rabattue ».
Avec une faible hauteur d’eau et un courant peu prononcé, les nymphes très légères sont indéniablement les meilleures, avec une mention spéciale pour les variétés de type microbaétidé ou microchironome. Les formes vernies présentent un intérêt non négligeable sur les portions où la surface de l’eau est légèrement voilée. La descente de la nymphe est plus rapide et il est possible de réaliser un poser un peu plus court et plus précis en réduisant le temps de la dérive. Dans les grandes retournes profondes, de nombreux nympheurs peuvent être tentés d’employer de grosses nymphes casquées brillantes. Il est vrai que la facilité de descente de celles-ci ne nécessite pas un grand talent de lanceur ou de poseur. Pourtant, les truites éduquées ont appris à se méfier de cette catégorie, notamment les gros sujets qui souvent prennent la fuite à la vision de ces imitations.
Sur ces secteurs profonds, il est possible d’employer des spécimens non plombés. Le temps de descente de la nymphe n’est finalement pas très important étant donné la faiblesse du courant, laquelle autorise de très longues dérives. Les modèles très mobiles dans l’eau présentent alors un net avantage comparés à ceux d’aspect plutôt lisse. L’emploi de matériaux très naturels, marabout de couleur gris ou olive ou dubbings d’opossum ou de taupe de couleur verte, augmente l’attractivité de la nymphe.
Il ne faut pas omettre de citer l’approche sur les grands plats au courant presque inexistant. Ces zones sont souvent réputées difficiles et bon nombre de moucheurs, y compris des nympheurs, s’y cassent les dents. C’est évidemment dans ces endroits que les nymphes non plombées trouvent tout leur intérêt. Les impacts au moment du poser vont être très discrets. Il devient alors quelquefois compliqué de situer exactement où la nymphe se pose. La petite goutte d’eau se formant à l’impact devient presque imperceptible. On peut alors parler de discrétion maximale, laquelle évitera de mettre en éveil la plus craintive des grosses truites.
Les artificielles les plus pertinentes sont souvent de petites nymphes de sedge très mobiles dans l’eau ou de classiques micro pheasant tail réduites à leur plus simple expression.

La légèreté à tout prix

Des modèles ont été conçus pour solliciter les truites et les ombres sur de grandes retournes. Citons les GTR 18 et GTR 19. Mis au point par mes soins sur le Doubs franco-suisse, ils redonnent leurs lettres de noblesse aux nymphes dites imitatives, décriées à tort dans quelques articles élitistes. Ces nymphes imitatives font pourtant la différence lorsqu’une truite observe de très près une imitation en collant ses narines sur celle-ci. Le coup de gueule final est souvent lié à l’aspect très mobile de la nymphe et à son très faible poids. Il ne faut donc pas négliger les barbules sur le corps de la nymphe ou les pattes montées dans des fibres molles, telles que pintade ou perdrix.
On retrouve aujourd’hui de nombreuses nymphes très légères dans le commerce. Certains monteurs ont d’ailleurs acquis une solide réputation de spécialistes dans ce domaine.
Citons Alain Barthélémy, qui n’en revendique aucunement la paternité mais garantit que ces nymphes, réputées pour leur solidité, ont été confectionnées par ses soins. Quelques auteurs halieutiques critiquent pourtant ces reproductions et leur présence dans le commerce. Leur hostilité importe peu au final, et les nombreux acheteurs semblent actuellement plus que satisfaits des modèles AB Fly ou Easy Fly par exemple. L’important est de pouvoir retrouver dans le commerce ceux utilisés par les meilleurs spécialistes de la nymphe à vue.
A travers toutes ces nymphes légères se dessine une technique en constante évolution. Les bases sont toujours les mêmes mais, pour utiliser de manière optimale ces nymphes bien particulières, il faut adapter sa technique en l’allégeant au maximum.

L’ultra-light nymphing

Cette technique a été mise au point sur les parcours très exigeants de Franche-Comté, principalement sur les zones publiques où les truites ont appris à se méfier de tout ce qui les entoure.
On peut parler ici de pêche à vue longue distance, puisque les distances d’attaque peuvent varier de 12 m à parfois 20 m. Le matériel employé est alors relativement léger avec une canne de 9’ ou 9,3’ pour une puissance de 4.
Une soie #3 sera utilisée sur des secteurs à très faible hauteur d’eau dans des conditions d’étiage prononcé. La canne doit disposer d’une action plutôt rapide afin de limiter au maximum les faux lancers, visibles de très loin par les grosses truites sauvages postées en milieu de rivière.

La pièce maîtresse de l’équipement est le bas de ligne, qui doit être très lent et long. Certains nympheurs emploient des longueurs variant de 7,50 m à plus de 9 m sur certains parcours complexes du Doubs ou de l’Ain. J’entends déjà des pêcheurs affirmer qu’il est impossible de lancer un tel bas de ligne à distance. C’est vrai que si vous employez au bout de ce bas de ligne une nymphe plombée de type casque d’or, les posers deviennent imprécis et le plaisir du lancer s’en ressentira.
Mais avec des nymphes très légères, voire non plombées, vous éprouverez autant de plaisir à déployer ce long bas de ligne qu’à poser une petite mouche sèche à une vingtaine de mètres. Vous ne ferez pas de différence entre la pêche en mouche sèche et la pêche en nymphe, les deux techniques se rejoignant d’ailleurs dans bien des cas.
L’ultra-light nymphing consiste à propulser à longue distance de petites nymphes légères. Un grand poser parachute très amorti accroît encore la discrétion de l’ensemble. Cette technique convient évidemment davantage aux eaux claires des rivières calcaires, tels la Loue, le Doubs ou le Tarn.
Pour compléter l’ensemble, la partie inférieure du bas de ligne doit être réalisée en nylon fluorocarbone de bonne facture. Beaucoup de bons nympheurs attendent l’arrivée d’un fluorocarbone haut de gamme. Les diamètres de 10,5/100 ne remplacent pas encore la souplesse de vrais nylons en 8/100. Avis aux fabricants pour le marché européen !
Il est conseillé d’utiliser une soie de couleur neutre du type Triangle Taper olive, ou encore la nouvelle soie Cortland 444 sylk dont le coloris rappelle celui des soies naturelles utilisées par nos aînés. Cette nouvelle soie présente également un profil de fuseau très fin, en adéquation avec la technique dite de l’ultralight nymphing. L’entretien de ces soies se résume à une lubrification régulière toutes les quatre ou cinq sorties de pêche.


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