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Leurres souples : ça marche !
Publié en ligne le lundi 28 août 2006
 





Malgré un engouement certain chez la plupart des pêcheurs de carnassiers, les leurres souples n’ont jamais vraiment réussi à s’imposer ou simplement à faire parler d’eux en matière de pêche de la truite. Les propos tenus étaient jusqu’alors toujours particulièrement contrastés et très peu de pêcheurs admettaient être convaincus par leur efficacité sur notre belle mouchetée.
Pourtant, après quelques essais sérieux et malgré l’apriori négatif que je leur vouais, je dois bien me rendre à l’évidence et avouer qu’ils ont particulièrement bien remplis leur rôle et qu’ils sont loin de manquer d’attraits pour les pêcheurs de salmonidés !

Texte, dessin et photographies Christophe Bouet

 

C’est sur le salon des pêches sportives de Haute-Savoie avec Laurent Leloup, guide de pêche professionnel et spécialiste éclairé de la pêche des carnassiers, que la discussion fut réellement lancée. Alors qu’il tentait sans grand succès de me convaincre de l’efficacité des leurres souples sur la truite, aux même titre que l’ensemble des poissons carnassiers, Patrick Farrié arriva à point nommé pour se joindre à une discussion qui pouvait sans aucun doute l’intéresser au plus haut point. En effet, précurseur dans le domaine des leurres souples techniques en France avec la société espagnole SAMA FISHING, il nous proposa de tester quelques uns de ses produits pour nous convaincre de leur efficacité. Naturellement courtois, affable et ne désirant pas froisser mon interlocuteur fort sympathique, j’acceptais donc d’effectuer quelques essais sans lui montrer que je ne croyais pas le moins du monde à ses bouts de plastique sans vie.

Nos premiers essais

C’est donc avec quelques alevins SoftCriminal et des minis Slug-go en poche que dès le lendemain, Laurent et moi avons pris la direction du Borne, superbe rivière savoyarde, pour commencer nos premiers essais. La population de truite étant particulièrement bonne sur cette rivière et les conditions qui se présentaient alors à nous ce jour là pouvaient aisément nous laisser croire que nos belles mouchetées pourraient être logiquement au rendez-vous.
Dès le début, alors que nous montions juste nos leurres souples pour commencer à pêcher, il nous paru immédiatement évident qu’ils ne pourraient s’adapter aussi facilement que nous aurions pu l’imaginer à nos montures à vairon. Leur texture et surtout le manque d’évidement à l’intérieur du corps de ceux-ci ne peuvent effectivement pas permettre leur montage sur la plupart des montures à plombée interne de type « Maillet » ou « Plasseraud » que nous avions en notre possession. C’est donc après un petit bricolage au bord de l’eau, en affinant à la lime le corps d’une monture godille et en coupant le coude de l’axe central d’une monture Drachkovitch que nous avons donc pu commencer notre pêche.

Une technique à part entière

Après quelques heures sans aucun résultat probant et surtout sans vraiment sentir notre pêche et le travail du leurre, il fallait bien se rendre à l’évidence que nous pêchions mal et que nous n’utilisions pas la méthode adéquate pour tirer parti des réelles possibilités que pouvait présenter l’extraordinaire souplesse que nous étions en droit d’attendre de ces leurres souples. Il nous apparut alors logique que notre première idée qui était de remplacer notre traditionnel vairon par un leurre souple n’était très certainement pas la bonne solution et qu’il était au contraire nécessaire d’utiliser une technique de pêche appropriée aux caractéristiques de mobilité que pouvaient permettre les petites merveilles qui nous avaient été confiées.
Ainsi, de retour chez moi, je me mis au travail pour concevoir un montage suffisamment discret pour tirer parti de la souplesse de la matière, assez solide pour ne pas lâcher au premier accroc ou sur un poisson de belle taille mais aussi raisonnablement armé pour assurer un ferrage efficace et un maintien correct de la truite lors du combat.
Après plusieurs essais de fabrication pas toujours probants et quelques tests de nage en bassin, j’ai fini par retenir un montage particulièrement simple inspiré d’une part par le montage « finesse » des pêcheurs de carnassiers et d’autre part de la fameuse monture Drachkovitch : Un hameçon à courte hampe et à œillet droit en numéro 6 associé par une boucle à une agrafe en corde à piano de 50/°° sur laquelle est pincée une chevrotine (voir montage). Cette monture à tête articulée possède en fait les deux principaux avantages d’avoir un lest interchangeable mais aussi, grâce l’articulation entre la plombée et le leurre souple, une mobilité très importante permettant de multiples variantes dans l’animation.
Ainsi, après avoir fabriqué une dizaine de ces petites montures, il fallait passer aux essais pratiques en rivière pour finaliser le montage : car les truites, elles seules, pouvaient me convaincre de la réelle efficacité de ces leurres souples.

Une technique adaptée

Je vous avoue bien sincèrement que je ne choisis pas le plus simple pour mon second essai puisque je pris la route en direction du département du Doubs afin de pêcher sur la Loue, là où les truites de ce joyaux franc-comtois n’ont jamais vraiment eu la réputation d’être des plus faciles à prendre.
Conscient du premier échec que nous avions essuyé en Savoie et après avoir analysé les conséquences de cette sortie, le matériel que j’avais décidé d’utiliser cette fois-ci était très différent puisqu’il me paraissait maintenant incontestable que la pêche aux leurres souples ne pouvait être un succédané de la pêche au vairon mort manié mais bel et bien une technique à part entière. Il me restait cependant à savoir si les jolies zébrées de la Loue apprécieraient ce morceau de plastique et je dois bien admettre que j’étais encore loin d’en être convaincu. Aussi, je commençais la séance de test avec une canne conçue pour le lancer léger d’action assez rapide et d’une longueur de 2 mètres 10 pour une puissance de 7 à 12 grammes. Pour compléter cet équipement j’utilisais un moulinet classique de bonne fabrication garni d’un nylon fluo de 18/°°, un bas de ligne en fluorocarbone de 16/°° et ma petite monture que j’avais décidé de baptiser bêtement « monture LS ».
Dans un premier temps, j’enfilais sur cette monture un SoftCriminal de 5 centimètres imprégné d’un attractant diffusant une forte odeur anisée. N’ayant quasiment aucune expérience dans ce domaine, le choix n’avait été dicté que par le hasard car je possédais aussi plusieurs autres coloris que j’avais également l’intention d’essayer.
Vous allez peu être douter de ma bonne foie et ne pas croire ce que je vais vous relater, mais je vous assure que dès le second lancer, alors que je commençais juste à animer mon leurre, j’ai ressenti une « tape » caractéristique qui ne laissait aucun doute sur l’auteur de ce signal. Un troisième, un quatrième puis un cinquième lancer ne décida pas la truite à prendre de nouveau ma monture. Comme il me fallait vite concrétiser cette toute première impression favorable, après avoir rapidement retiré le leurre souple qui était monté, j’enfilai un nouveau SoftCriminal de 5 centimètres mais cette fois ci de couleur sable.

Un premier lancer sans résultat puis un second suivi d’une animation un peu plus souple sera couronné par une touche bien franche et la capture d’une belle truite autochtone d’une quarantaine de centimètre. Après une petite séance photographique pour authentifier cette première prise et illustrer l’article que je venais à l’instant de décider de rédiger, cette beauté sauvage aux flancs nacrés retrouva son élément.
Décidemment, la journée commençait bien et finalement je voyais maintenant un peu différemment l’utilisation des leurres souples pour la pêche de la truite. Pire encore, je m’autorisais même à penser qu’ils pouvaient finalement être vraiment efficaces malgré la réticence que j’avais à leur égard depuis le début.

Des résultats intéressants

Cette première journée passée dans le pays comtois fut ponctuée de trois belles prises et je ne pense pas, sans toutefois avoir pu véritablement le vérifier concrètement, que le résultat aurait pu être meilleur ni moins bon au vairon mort manié. D’ailleurs, en me basant uniquement sur mes sorties de pêche passées et de l’expérience que je possède sur cette rivière, j’ai trouvé que le bilan de cette journée avait été particulièrement satisfaisant et j’avais maintenant la conviction que les leurres souples, ou tout au moins ceux que j’avais utilisés, n’étaient pas si mauvais que cela.
Les jours qui ont suivi, j’ai pêché d’autres rivières comme le Doubs (25), le Lison (25), le Haut-Allier (43) et l’Allagnon (63) avec des résultats identiques sur les mêmes modèles de leurres souples mais dans des teintes différentes : jaune nacré, translucide avec queue noire, sable, pailletée translucide et naturelle.
Aux termes d’une dizaine de jours de pêche consacrée uniquement à l’utilisation des leurres souples qui m’avaient été confiés par Patrick Farrié (SAMA FISHING), je pense pouvoir tirer des conclusions plutôt satisfaisantes. En effet, la petite expérience que j’ai eu en y pêchant consciencieusement m’a véritablement séduite et j’ai pu constater que les truites répondaient parfaitement à la sollicitation de ces leurres souples sur le montage que j’avais confectionné : J’en ai pour preuve une bonne trentaine de prises dont une jolie zébrée du Doubs de 56 cm et une belle auvergnate du Haut-Allier de 42 cm.
Après avoir affiné ma technique de pêche et à force de tâtonnement, je me suis aperçu que l’animation de la monture LS qui me semblait être la plus adaptée et surtout la plus prenante était une succession de courtes tirées moles suivi d’un relâché. Ce relâché donne encore de meilleur résultat lorsqu’il est accompagné d’un léger frémissement du leurre, lequel est obtenu assez facilement en faisant trembler la pointe de la canne en l’abaissant pour accompagner la descente de la monture (voir le croquis).

En ce qui concerne la pêche par elle même, elle se pratique en lançant de préférence trois quart amont, puis en ramenant travers aval en laissant le leurre effectuer une grande boucle bien large pour qu’il traverse la rivière d’un bord à l’autre. Ainsi, en se déplaçant d’un ou deux mètres vers l’amont à chaque lancer, on peut prospecter très consciencieusement la rivière et avoir la certitude de visiter le maximum de postes.
Pour pêcher des postes restreints, la classique méthode de la dandine est aussi très prenante et permet comme au vairon manié de déclancher chez la truite son instinct territorial pour qu’elle se saisisse du leurre souple.

Une remise en cause obligatoire

Mais par delà cette expérience plutôt réussie sur l’utilisation d’un type de leurre qui n’avait jusqu’alors pas vraiment sa place dans le petit monde des pêcheurs de truite, je prends maintenant conscience en écrivant ces quelques lignes que l’obstacle majeur au développement de cette pêche est tout bêtement notre manque de conviction et surtout notre refus de vouloir se remettre de nouveau en cause.
Le pêcheur de truite, dont je suis, est par définition assez traditionaliste dans sa manière de pêcher. Même si comme la plupart des autres pêcheurs nous évoluons naturellement dans nos tactiques et nos techniques de pêche grâce notamment à l’amélioration du matériel de pêche, nous restons cependant très encrés dans l’utilisation de techniques qui ont fait leur preuve par le passé. Ainsi, pour exemple, quelques nouveautés récentes ont été un échec retentissant seulement parce que les pêcheurs n’ont pas voulu y croire : Avouez qu’il est dommage de condamner avant de juger !

Par ces propos, je ne cherche pas à vous convaincre à tout prix de l’efficacité des leurres souples en lesquels je ne croyais pas encore il y a quelques mois, mais en me gardant de tout excès d’enthousiasme, je pense pourtant très sincèrement que leur emploi vont permettre d’avoir une nouvelle approche de la pêche de la truite et surtout d’ouvrir la voie à une nouvelle génération de pêcheur. Ce n’est certes pas une méthode miracle qui ne remplacera ni la pêche au vairon mort manié ni la pêche aux poissons nageurs car il me faudra certainement encore pas mal de sortie de pêche aux leurres souples pour m’en convaincre ... mais maintenant je sais que ça marche !

 
 
 

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