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Une ouverture au vairon manié
Publié en ligne le jeudi 1er mars 2007
 




Je ne suis probablement pas un pêcheur original en vous précisant que la truite et les milieux qu’elle affectionne font partie intégrante de ma vie de pêcheur puisque je lui consacre une bonne partie de mon existence.
Il va donc sans dire que je serais encore au rendez-vous en ce début du mois de mars pour cette grande fête qu’est l’ouverture de la pêche en 1ère catégorie, au même titre qu’un passionné de foot ne pourrait rater la coupe du monde ou un cycliste le tour de France.
Et si je choisis de commencer la saison au vairon mort manié, c’est non seulement par goût, mais aussi parce que c’est la technique la plus polyvalente qui me permettra inévitablement de faire face à toutes les situations du moment .... à condition bien sûr de respecter quelques principes de base.

Texte, dessin et photographies Christophe Bouet

 

En ce début de saison, les truites sortent amaigries par le frai qu’elles viennent de traverser et une longue période de jeune hivernal. Elles ont donc un grand besoin de reconstituer leur réserve et obéissent alors aux lois dictées par la nature même de chaque prédateur : manger beaucoup, vite et à moindre effort !
Le vairon, riche en calorie, offre donc cette manne inespérée dont la truite à besoin pour « se refaire une santé » à peu de frais.
Néanmoins, tout n’est pas gagné d’avance et dame fario n’est pas forcément disposée à se jeter sur n’importe quoi pour pouvoir enfin reprendre un peu de poids. Et si l’on veut tirer son épingle du jeu en cette journée difficile, il conviendra donc de parfaitement maîtriser la technique, de s’adapter sans cesse aux conditions que l’on va rencontrer et d’appréhender de manière réfléchie les particularités de ce jour un peu inhabituel.

L’idéal pour commencer

Si je choisis de commencer par pêcher au vairon mort manié en ce début de saison, c’est non seulement parce que je suis convaincu qu’il s’agit d’une technique redoutable, dont bon nombre d’adeptes s’accordent d’ailleurs à dire qu’elle est probablement celle qui est la plus indiquée pour viser et déloger de leurs caches les belles mouchetées, mais c’est aussi parce qu’elle me permet de m’adapter plus facilement aux différents problèmes auxquels je vais être confronté en ce tout début de saison. En effet, en modifiant bien sûr mon type de monture et mon animation, je pourrais prospecter correctement les grands gours profonds, les trouées dans les branchages, les radiers avec peu de fond, les plages lisses ou bien les abords des gros blocs pierreux. De même, s’il faut insister minutieusement et méthodiquement sur chaque poste afin de jouer sur l’attractivité d’un appât naturel ou bien s’il faut à l’inverse ratisser rapidement les veines de courant en se servant de l’effet incitatif que peut aussi déclancher ce leurre, la pêche au vairon mort manié sera tout indiquée pour pouvoir s’adapter à ces nécessités totalement contradictoires.
De plus, si je trouve avantage à pêcher au vairon mort manié à l’ouverture, c’est aussi parce que la plupart des pêcheurs la feront en pêchant au toc et que ceux-ci fréquenteront inévitablement les mêmes postes avec une méthode sensiblement identique. Du coup, les zones au courant trop lent et les secteurs trop vastes pour le pêcheur au toc seront abandonnés au profit des pêcheurs au vairon mort qui peuvent ainsi renouer de bien belle manière avec le plaisir de prendre quelques truites pour débuter la saison.

Savoir choisir sa monture

S’il fallait aborder toutes les eaux, en toutes saisons et à tous niveaux, avec la même animation et la même monture à vairon mort, cela apporterait très certainement un résultat identique à se que l’on pourrait obtenir en pêchant toute la saison à la mouche avec une « grise à corps jaune » : décevant et irrégulier !
C’est pourquoi il faut choisir consciencieusement sa monture car chacune d’elles "nagent", s’utilisent et s’animent de façon bien spécifique.
Sans entrer dans le détail puisqu’il faudrait y consacrer au moins un article entier, les montures que j’utiliserais pour cette ouverture seront dépendantes des conditions de pêche et des postes que j’aurais à pêcher. Les montures à plombée interne (ARIEL, CLOU, PLASSERAUD, DU DOUBS), légères et discrètes, sont particulièrement bien adaptées à la pêche dans des eaux basses et peuvent se révéler très utiles en début de saison en fonction des conditions météorologiques. En effet, l’un des gros avantages que procure ce type de monture est sa grande discrétion que l’on doit essentiellement à son poids particulièrement faible. Ces montures sont parfaites pour une prospection à courte et moyenne distance en pleine eau ou alors, au ralenti, en faisant rouler celles-ci sur le fond des gravières.
Les montures à plombée articulée en tête (DRACHKOVITCH, DIANE, ONDINE, H2O) vont s’adresser quant à elles à des portions de rivières puissantes, généralement plutôt larges, mais aussi aux petites retenues d’eaux et aux grands gours où les postes sont peu marqués. Dans ce cas, ce type de monture permet une exploitation minutieuse de la totalité de l’étendue d’eau. Ce qui a fait la gloire de la « Drachko » - et continu de la faire - c’est sans aucun doute l’avantage de pouvoir changer son poids rapidement, permettant ainsi de l’adapter facilement aux conditions et de manière à la faire évoluer juste au-dessus du fond.
J’utiliserais aussi très probablement une monture à plombée fixe en tête (CASQUEE, BOHEMIENNE) qui, malgré un montage un peu complexe et long, sera bien appropriée pour pêcher dans les grands remous puissants. Ce type de monture lourde sera idéal pour prospecter sous les cascades et dans les chutes d’eau où une monture à plombée interne s’avérerait inopérante. C’est aussi la solution lorsque l’on veut pêcher dans les amas de branchage en dandinant la monture sous la canne « à l’emmerdette ». Son poids important offre l’avantage d’une grande précision lors de la descente en évitant l’effet planant généré par les autres types de montures.
S’il est une quatrième famille de monture que je n’oublierais certainement pas se sont bien les montures nageuses à plombée interne (GODILLE, DONZETTE) qui sont avant tout destinées à « peigner l’eau ». En effet, le disque ou la bavette en Rhodoïd fait travailler le vairon pratiquement seul et lui confère une nage très saccadée et vibrante tout à la fois. Il faut les utiliser dans les grands cours d’eau de plaine ou de moyenne montagne dans des eaux piquées et plutôt fortes qui caractérise souvent le début de saison. Elles permettent de prospecter rapidement une grande portion de rivière, et grâce à leur bavette, elles nagent quasiment seules en descendant le courant. Ce type de monture convient très bien en cette période d’ouverture sur les truites qui sont lâchées pour l’occasion. En effet, ces dernières, un peu folles, sont en général les seules à n’avoir pas trouvé un refuge le jour où les pêcheurs assiègent la rivière et répondent bien souvent à l’effet vibratoire de la monture qui « brasse » beaucoup d’eau. Car, quoi qu’il en soit, vous ne pourrez que rarement éviter ce genre de prise.

Choisir soigneusement son poisson appât

J’accorde un soin particulier au choix du poissonnet qui va être monté sur ma monture. Ainsi, quand j’ai le choix, je préfère utiliser des vairons ni trop gros ni trop petits, c’est-à-dire ceux qui mesurent entre 4 et 6 cm. J’ai remarqué que les petits vairons génèrent plus de touches mais s’adressent généralement à des truites de tailles modestes. Si l’on recherche plus particulièrement les grosses truites, on a tout intérêt à utiliser des vairons un peu plus gros, entre 5 et 8 cm.
Je trouve que les vairons mâles tiennent mieux à l’hameçon, mais j’opte tout de même pour les femelles, avec lesquelles j’ai remarqué avoir plus de réussite. Je ne sais pas si elles dégagent une odeur particulière ou si elles doivent leurs succès à leur coloration, foncée sur le dos et claire au niveau du ventre, mais j’ai maintes fois constaté que les femelles étaient plus attractives en cours de pêche.

Des conditions particulières

En mars ou avril, mois de prédilection pour la pêche au vairon mort manié, les conditions météorologiques sont souvent très variables et peuvent contrarier à la dernière minute nos prévisions de pêche. Si vous pêchez une rivière dont le bassin versant est très élevé, vous ne risquez pas grand-chose et l’eau à de forte chance d’y être basse et claire, conditions particulièrement bonnes pour pêcher au vairon mort en ce début de saison. Par contre, si vous pêchez comme moi une rivière dont le bassin versant se situe en moyenne montagne ou en plaine, vous aurez la chance de rencontrer ces conditions seulement si le temps est froid et sec. Hormis le cas d’une forte pluie qui, comme l’année passée, a fait déborder de son lit la rivière dans la nuit qui a précédée le jour d’ouverture, les montées d’eau dues à quelques journées pluvieuses que l’on rencontre en début de saison sont excellentes. Elles ont en effet, l’avantage de faire monter lentement le niveau de la rivière dont l’eau se teinte progressivement. Lorsque nous rencontrons ces conditions météorologiques, il est bien rare que les truites ne soient pas de sortie et disposées à prendre notre vairon.
Ainsi, au démarrage de la saison de pêche, je préfère des niveaux hauts, mais avec des eaux relativement claires, ce qui rime souvent avec des eaux assez froides. D’ailleurs, en montagne, le tout début de la fonte des neiges est également un moment favorable, lorsque le niveau augmente sans que l’eau ne soit encore teintée. C’est le cas aussi lors d’une décrue, lorsque l’on commence à voir le fond sous 50 cm.
Dans tous les cas, la meilleure période me paraît être le milieu de la journée, quand l’eau s’est un peu réchauffée. Les coups du matin ou du soir peuvent être bons, mais un peu plus tard dans la saison.
En dehors de ces conditions, ce n’est pas nécessairement mauvais mais à cette saison, on ne part pas gagnant d’avance ..... même au vairon.

Une journée difficile

Si comme moi vous aimez la pêche de la truite non seulement pour sa capture mais aussi parce qu’on la pêche généralement au milieu d’un cadre magique et sauvage, vous serez forcément déçu. Il faut vous faire à l’idée que vous allez vivre ce premier jour comme la journée la plus difficile de la saison. S’il faut bien sûr éviter la proximité des ponts, des routes et les accès les plus évidents, vous ne serez pas seul très longtemps. Sur les ruisseaux et petites rivières aux eaux claires et basses, c’est une catastrophe. En rivière un peu plus importante, c’est regrettable mais l’on peut quand même s’en sortir.
Il faut surtout pêcher comme si de rien n’était, comme à l’accoutumé, même si l’on sait que plusieurs pêcheurs y sont déjà passés depuis le levé du jour. Je sais que c’est particulièrement optimiste mais il n’est pas impossible de prendre une truite sur un coup qui a déjà été visité. Pour ceux qui n’aiment pas ce genre de « loterie », ils peuvent se contenter de faire les coups les plus difficiles, ceux qui ont plus de chances d’être évité par les autres pêcheurs. Cette recommandation ne vaut d’ailleurs pas que pour l’ouverture et reste valable tout le long de la saison.
En ce qui me concerne, j’ai choisi de faire un compromis judicieux entre les deux manières de prospecter : je conserve l’objectif de ne pas trop perdre de temps sur les postes dont je peux supposer qu’ils ont déjà été pêchés et j’insiste sur les postes dont je pense qu’ils n’ont pas ou mal été pêchés. Il faut alors réduire les lancers sur les secteurs ou les truites ont encore des chances d’être restés en activité et passer très près des blocs rocheux, des abris et des postes qui sont régulièrement négligés (voir croquis).

Je comprends que l’on puisse détester cette période d’ouverture à cause de cet aspect faussement convivial et artificiel engendré par la surdensité de pêcheurs et les traditionnels déversements de truites-portions qui altèrent les véritables règles du jeu. Mais l’appel de l’eau est le plus fort et l’envie de retrouver la rivière et ses habitantes me parait irrésistible ..... c’est aussi ça la magie de l’ouverture !

 
 
 

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