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Que penser des quotas ?
Publié en ligne le lundi 2 avril 2007
 

Les quotas sont très rarement atteints, ou alors ça se saurait !
En outre, ils protègent peu les truites sauvages, les surdensitaires constituant l’essentiel des prises. Ce qui ne veut pas dire qu’une limitation plus restrictive n’aurait aucun effet... à condition d’affiner la formule.

Texte Marc DELACOSTE

Photos Christian ROSSIGNON, Rémi FAURICHON et Christophe BOUET

Avec l’aimable autorisation de

 

Toute conversation entre pêcheurs tournant autour de la gestion des truites finit toujours par une polémique sur la taille légale et le quota. Ce sont en effet actuellement les deux mesures les plus critiquées de notre système. Pour le quota, la sanction tombe sans tarder : bien trop élevé !
« Vous vous rendez compte, dix truites par jour, c’est une honte ! »
Evidemment, si chaque pêcheur prenait dix poissons à chaque sortie, il y aurait du souci à se faire. Mais du fantasme à la réalité, il y a un monde. Alors, les quotas actuels peuvent-ils être responsables des baisses constatées sur certaines populations ?

Une minorité

Pour répondre à ces questions, penchons-nous sur des données concrètes. Deux types d’analyse sont intéressants : les « enquêtes-paniers » qui permettent de connaître les prises des pêcheurs au bord de l’eau, et les suivis de capture de certains volontaires, motivés et impliqués dans la gestion de « Leurs » cours d’eau.
Que montrent-elles ?
Premièrement que les quotas sont très rarement atteints. Bien sûr, ils le sont parfois par d’excellents pêcheurs qui se trouvent où il faut, au bon endroit et surtout au bon moment. Mais l’immense majorité prend en moyenne moins de deux truites par sortie. Si j’osais la comparaison, c’est un peu comme si nous discutions des méfaits d’une vitesse limitée... à 200 km/h ! Certains la dépassent mais la très grande majorité des gens est fort loin de s’en approcher.
Ainsi, à part assurer une meilleure répartition des truites surdensitaires dont la capturabilité est très élevée*, les quotas sont sans grand effet sur les sauvages. Et lorsqu’on analyse la situation d’une manière globale, on s’aperçoit que l’essentiel du prélèvement est dû aux milliers de pêcheurs qui prennent entre une et trois truites par sortie (les « petits paniers »), plutôt qu’aux quelques-uns qui en capturent dix. Ce qui signifie que les quotas actuels ne sont en aucun cas responsables de la faiblesse de certains cheptels de truites. C’est un premier point important.

La répartition

Doit-on s’en passer ou faut-il les abaisser encore pour qu’ils remplissent vraiment leur rôle ?
Tout dépend de l’objectif que l’on se fixe. S’ils ne protègent pas beaucoup nos truites sauvages, et ne sont pas responsables du mauvais état de certains cheptels, il paraît difficile de les supprimer totalement, ne serait-ce que pour leur rôle indéniable vis-à-vis des surdensitaires. En effet, ils permettent non pas de les protéger - elles sont faites pour être reprises et le plus vite est le mieux -, mais de mieux les répartir entre les pêcheurs.
En revanche, si l’on souhaite fixer des quotas qui limitent véritablement les prélèvements de truites sauvages, il faut alors qu’ils concernent la majorité des pêcheurs. Or nous l’avons vu, ils capturent en moyenne moins de deux truites par sortie. C’est donc à ce niveau-là qu’il faudrait fixer un quota qui soit véritablement limitatif, c’est-à-dire deux, voire une truite par jour. Sacré tour de vis vous en conviendrez. Et pour quel résultat au final ? Du point de vue social, si l’objectif est de permettre une pêche avec prélèvement, il y a fort à parier que nombreux sont ceux qui trouveront cette limitation bien trop restrictive, même s’ils ne l’atteignent pas toujours. Mais cette simple perspective en dissuadera alors certainement un bon nombre de pêcher le jour où « ça veut vraiment rigoler ».

De belle taille

Pour aborder le point de vue écologique, posons-nous la question du devenir des truites sauvées par une telle réduction du quota. Une partie serait certainement reprise en cours de saison et une autre augmenterait sans doute le nombre de géniteurs en fin de saison. On aurait cependant tort de croire qu’ils généreront une augmentation significative de la population les années suivantes. Car le genre d’équation simpliste « plus de géniteurs = plus de juvéniles », qui sous-entend que le principal facteur limitant de nos populations serait le nombre de ceux-ci, n’est quasiment jamais vérifiée - nous aurons l’occasion d’en reparler. Ce sont d’autres paramètres qui influent sur l’abondance de nos populations de truites.
Ainsi, ceux qui réclament une réduction du quota en espérant que leurs résultats s’amélioreront se trompent. Du moins quantitativement. En revanche, une limitation aussi restrictive aurait un impact non pas sur le nombre de truites mais sur leur taille moyenne. C’est certainement là que se situe l’avantage de quotas très bas. Mais ces derniers paraissent socialement difficilement acceptables - d’autant plus que leur enjeu est plus halieutique qu’écologique. Alors, ne peut-on trouver une formule qui protège les truites tout en étant acceptée par la majorité des pêcheurs ?

A la carte

La solution réside peut-être dans une gestion à géométrie variable de notre linéaire. On peut en effet imaginer une formule qui conserve un quota sur la majorité du réseau, celui-ci protégeant de certains excès lorsqu’un pêcheur se trouve en situation favorable, et autorisant un certain prélèvement - comme ce que nous connaissons actuellement. Sur une autre partie du réseau en revanche, des mesures très restrictives seraient instaurées (zéro ou une truite par jour), de manière à protéger le stock, et surtout permettre à une partie des poissons d’atteindre de belles tailles pour une pêche de qualité. Reste ensuite à bien choisir les parcours, et surtout veiller que ceux à quota restrictif n’occupent pas qu’une infime portion du linéaire.




* Sauvages et surdensitaires Si les diverses enquêtes réalisées dans les départements truiticolles montrent que la majorité des pêcheurs prend peu de truites sauvages à chaque sortie, il n’en va pas de même pour les surdensitaires. En effet, contrairement à leurs « cousines », elles sont caractérisées par une capturabilité élevée. Et il n’est d’ailleurs pas rare que plusieurs pêcheurs atteignent le quota en pêchant après un « lâché » de truites surdensitaires. Sur ces poissons, la limitation remplit donc un rôle réel en limitant le prélèvement de quelques-uns et en favorisant une meilleure répartition des captures entre les pêcheurs.

 
 
 

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