Accueil >> Pêche de la truite >> Pêche au vairon mort manié  
 
Voir tous les articles de la rubrique "Pêche au vairon mort manié"
La pêche de la truite
Connaissance de la truite
Pêche à la mouche
Pêche aux appâts naturels
Pêche au vairon manié
Pêche aux leurres
Tactique de pêche
Gestion et aménagement
Le club de la truite
Le jeu annuel
La lettre de la truite
Les cadeaux du site
La boutique
Les Salmonidés
Une grande famille
Les services du site
Les recettes de cuisine
Les petites annonces
Foire aux questions
Les forums
Le niveau des rivières
Information et actualité
Le matériel de pêche
La presse halieutique
Les belles prises du site
Les salons / expos
Le dictionnaire de la pêche
L'art halieutique
Les coins de pêche
Les bons coins en France
Les bons coins à l'étranger
Parcours et réservoirs
L'annuaire de la truite
Zoom sur un site
L'annuaire du site
La pêche en France
Les fédérations de pêche
La pêche et la loi
La réglementation
La réciprocité
Contactez-nous
Administration du site
Nos coups de cœur
 
Evitez les décrochages intempestifs
Publié en ligne le samedi 1er septembre 2007
 




Régulièrement au centre de nombreuses discussions lorsque l’on évoque la pêche au vairon mort manié, les décrochages fréquents que l’on enregistre parfois en utilisant cette technique peuvent décourager certain néophyte. En ce début de saison particulièrement propice à l’une des techniques de pêche qui laisse le moins rarement indifférente une belle truite, il était nécessaire de faire le point sur le sujet afin de tenter d’y trouver une explication.

Texte Christophe Bouet
Photos Christophe et Jérôme Bouet

 

Si il est avéré et incontestable que le vairon mort manié est en mesure de séduire la plus revêche des truites en ce début de la saison, je connais peu de pêcheur qui pratique régulièrement cette technique qui n’ont jamais « pesté » contre ces diablesses à la suite d’incessants loupés que nous ne sommes pas toujours en mesure d’expliquer rationnellement.

Ce remettre en question

Comme dans toutes techniques de pêche de notre belle mouchetée, la touche d’un poisson n’est pas une fin en soi et chaque pêcheur, dont je suis, apprécie de pouvoir aller au bout de la capture, ne serait ce que pour le plaisir égoïste et pervers de lui rendre sa liberté. Toutefois, devant les nombreux décrochages qui peuvent parfois survenir lors de la touche ou dans les tous premiers instants qui vont suivre celle-ci, il est parfaitement logique de se mettre à douter et de se poser des questions toutes légitimes sur les causes de ces « loupés » à répétition. Lors de cette réflexion, si les questions qui nous viennent instinctivement à l’esprit en ce qui concerne le choix du matériel, et notamment d’une canne spécifique, des montures et de leur armement sont bien évidemment importantes, la technique est quand à elle assez peut mise en cause. Et comme il est naturellement plus facile de chercher les défaillances de son matériel plutôt que de réfléchir à la maîtrise de sa technique, il n’est pas forcément aisé de donner une explication à un phénomène que l’on considère justement comme inexplicable.

Un contrôle précis de la ligne

Etant plus cartésien que philosophe, j’aime comprendre les raisons de mes échecs et j’avoue avoir beaucoup appris en pêchant dans des eaux limpides à observer le comportement des truites lors de leur attaque. Certain parcours extrêmement bien peuplés et qui possèdent des eaux particulièrement cristallines m’ont beaucoup appris sur la manière dont une truite se saisit d’une proie. Ces derniers, même s’ils sont soutenus artificiellement en raison de la pression de pêche élevée qu’ils subissent, offrent toutefois la possibilité non négligeable de pouvoir en apprendre d’avantage sur nos chères compagnes de jeu. De ces expériences riches en enseignement, j’ai pu constater que l’origine de ces décrochages était dans la plupart des cas dû à un contrôle aléatoire, ou tout au moins imprécis, de la ligne lors de l’animation de la monture. Cette constatation porte en effet sur le « juste » dosage que l’on doit exercer sur la ligne lors de l’animation car il déterminera non seulement la manière dont la truite pourra se saisir de sa proie mais il affectera aussi directement l’efficacité du ferrage, et part là même, la tenue du poisson.

Une ligne sous tension ....

Il est bien sûr évident que la ligne doit être tendue si l’on veut contrôler son vairon, le faire évoluer sur une trajectoire que l’on aura choisie, lui imprimer une animation adaptée ou plus simplement ressentir une touche afin de lui appliquer un ferrage suffisant pour faire pénétrer l’hameçon. Mais ce principe de base parfaitement assimilé est bien trop souvent amplifié au point de commettre l’erreur inverse : celle d’avoir sa ligne trop tendue dans le but de garder un contact constant avec sa monture. C’est une erreur assez courante qui est particulièrement difficile à détecter et surtout à corriger. En évoquant ce problème de tension trop importante lors de l’animation, je n’évoque pas bien sûr l’erreur grossière d’une monture « tractée » comme pourrait l’être par exemple une cuillère par un pêcheur au lancer léger mais plus subtilement l’étroit seuil qui sépare le trop du pas assez. Ce point d’équilibre doit permettre de rester en contact avec sa monture tout en consentant de laisser au vairon un semblant de liberté, lui permettant d’être engamer naturellement par la truite. Cette liberté relative, plus facile à ressentir qu’à expliquer clairement, est un principe de base dans la pêche au vairon manié mais elle trouve aussi tout naturellement son application dans bien d’autres pêches comme celles aux appâts naturels par exemple. Il importe donc, afin de maintenir cet équilibre dynamique fragile, de pouvoir « sentir » et faire évoluer son vairon sans pour autant le priver de sa liberté d’action.

.... Mais pas trop !

Pour comprendre l’importance que revêt la liberté que l’on doit laisser au vairon, il est capital de comprendre aussi comment se nourrit un poisson, et de surcroît une truite puisque c’est bien elle qui nous préoccupe aujourd’hui. J’ai à ce sujet en mémoire le fabuleux film* « La chasse des truites » tourné en milieu naturel par le talentueux Philippe Laforge. Grâce à la qualité de ses images et à son analyse du comportement des truites, on voit nettement la manière dont ces dernières s’emparent des vairons alors qu’ils sont réunis sur leur lieu de reproduction. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer de ces terribles chasseuses, les truites ne se ruent pas gueule béante sur les poissonnets pour ne la refermer qu’une fois le vairon engamé mais attendent d’être à proximité de leur proie pour créer une sorte de dépression dans un mouvement combiné d’ouverture de la gueule et d’écartement des ouies. Cette action provoque une forte aspiration qui va finaliser la prise du poissonnet qui se trouve alors totalement bloqué dans sa fuite. Ainsi, il est aisé de comprendre qu’un vairon monté sur une monture sera d’autant mieux « aspiré » que la ligne n’aura pas une tension trop importante. D’ailleurs, c’est aussi ce qu’ont compris les Carpistes en réalisant des montages « aux cheveux », non pas pour dissimuler leurs appâts mais seulement pour permettre au poisson d’aspirer plus librement l’esche qui leur est présentée. La truite va ainsi pouvoir adapter la puissance de son aspiration en fonction de la proie qu’elle va convoiter car il est logique qu’une larve n’ait pas la même densité qu’un vairon et ne demandera alors pas une dépression identique. De cette analyse, on en tirera facilement la conclusion qu’une ligne trop tendue peut contrarier cette aspiration et ainsi empêcher la monture de pénétrer totalement dans la gueule de la truite. Certes, la touche sera toutefois perçue comme une « tape » franche ressentie dans le nylon mais il est fort à parier que l’armement de la monture n’ait pas pénétré suffisamment dans la gueule pour s’y fixer solidement. Vous comprendrez donc maintenant l’importance du dosage que l’on doit appliquer dans la tension de la ligne et du difficile équilibre qu’il existe entre une ligne trop tendue et une ligne laissée trop libre.

Un ferrage plus efficace ?

Pour appuyer la nécessité de ne pas appliquer une tension trop importante sur la ligne, certains spécialistes de la pêche au vairon manié ont affirmé que le « mou » volontaire créer sur la ligne serait aussi favorable à la pénétration des hameçons lors du ferrage. En effet, selon eux, un ferrage réalisé sur une ligne légèrement détendue permettrait de mieux planter les hameçons dans la gueule de la truite du fait d’une action plus sèche. A l’inverse, un ferrage réalisé sur un nylon déjà tendu et intervenant sur un scion déjà bandé par la touche inhiberait l’effet de choc nécessaire à la pénétration des hameçons. En ce qui me concerne, c’est là une hypothèse que je ne prendrais pas le risque de défendre tant elle me paraît incertaine et surtout particulièrement difficile à vérifier concrètement.

Maîtriser parfaitement son animation

Vous aurez compris que la maîtrise de la ligne est une opération délicate qui peut être remise en question à tout moment et qui demande une attention toute particulière si l’on ne veut pas être sujet à de trop important loupé. Ainsi, il faut pouvoir animer sa monture sans la tracter et contrôler sa ligne sans la tirer. Pas forcément évident à mettre en œuvre me direz-vous. C’est pourquoi, afin de parvenir à ce résultat, il faut limiter les phases de récupération au simple accompagnement de la monture lorsque l’on abaisse sa canne. Le reste de l’animation est simplement une succession de soubresaut imprimé au poissonnet pour le rendre attractif. En fait, en dehors des périodes de tractions imprimées par le scion de la canne pour faire virevolter le vairon, il faut concevoir le reste de l’animation comme une reprise de contact avec la monture en accompagnant simplement le vairon et en récupérant le nylon au moulinet pour éviter de perdre le contact. Ainsi, la touche surviendra sur une ligne peu tendue et permettra un ferrage plus efficace.

Je conçois aisément que la marge entre le « trop » et le « trop peu » n’est pas très large mais vous verrez que cette nouvelle notion est plus facile à mettre en œuvre au bord de l’eau qu’à expliquer clairement .... et que les résultats suivront inévitablement.



* La chasse des truites - Philippe Laforge - 1er prix du film documentaire du festival du film nature à Namur en 2004 et primé pour la meilleure prouesse technique lors du festival de l'oiseau et de la vie sauvage d'Abbeville en 2005.
Lien Web vers le film : http://www.pechedelatruite.com/article.php3?id_article=482

 
 
 

Espace publicitaire pechedelatruite.com

Copyright © Pechedelatruite.com