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Un appât de choix : Le vairon
Publié en ligne le mardi 2 octobre 2007
 




Paradoxalement, dans nos cours d’eau de première catégorie, c’est le plus petit de nos poissons d’eau douce qui va aussi attirer le plus les pêcheurs en quête de grosses truites. Ce n’est bien évidemment pas un hasard puisque le vairon est très certainement l’appât le plus approprié pour débusquer nos plus belles mouchetées en ce début de saison.
Reste alors à s’en procureur suffisamment, les conserver soigneusement et les transporter dans les meilleures conditions au bord de l’eau pour pouvoir les utiliser au mieux.

Texte et photographies de Christophe Bouet

 

Appelé aussi arlequin, gardèche, ou vergnole en fonction des régions où il est présent, le vairon était considéré il y a quinze ou vingt ans comme étant en forte régression. Suite à l’amélioration de la qualité de l’eau de nos rivières ou à une adaptation de ce petit poissonnet particulièrement fragile, il semble faire un retour en force depuis quelques années dans de nombreuses régions où il avait parfois presque disparu. Voilà de quoi réjouir plus d’un pêcheur de truite car il faut bien avouer que le vairon est incontestablement l’appât « roi » du début de saison.

L’approvisionnement

Le vairon se pêche classiquement et assez facilement à la ligne flottante à l’aide d’un tronçon de ver de terreau ou mieux, d’une imitation de ver de vase en plastique que l’on trouve vendu en chapelé dans de petits bocaux en verre. Monté sur un hameçon de 22 ou de 24 sans ardillon afin de ne pas les blesser, ils seront recherchés dans les zones les plus calmes de la rivière, juste en bordure de courant. Faite attention à la législation en ne pêchant pas vos vairons en première catégorie avant l’ouverture de la pêche, faute de quoi vous seriez alors en infraction et bien évidemment répréhensible. Dès lors, il vous faudra aller les pêcher en seconde catégorie dans les zones de transition, juste en aval des secteurs de première ou bien alors en ruisseau. Vous pouvez également utiliser le système de la carafe, procédé ancien mais très efficace pour vous approvisionner en vairon. L’idéal est d’avoir une carafe en verre qui peut, de par son propre poids s’abstenir de lestage supplémentaire pour tenir dans le courant. Toutefois, hormis ceux qui auront hérité de ce type de carafe ou comme moi réussi à en trouver une sur une brocante ou un site Internet de vente aux enchères, les autres devront se contenter soit d’en fabriquer une à l’aide d’une bouteille d’eau vide soit d’en acquérir une en plastique ou nylon. Il faudra ensuite repérer la bordure d’un petit courant et placer la carafe, goulot en direction de l’aval, pour que les vairons pénètrent à l’intérieur. Pour plus d’efficacité, vous pouvez aussi mettre à l’intérieur de la carafe un peu de biscottes broyées et des morceaux de coquille d’œuf pour attirer les vairons. Attention toutefois à son utilisation qui est réglementée de manière différente en fonction du département ou vous pêchez. Généralement, une mention est portée sur la carte de pêche et indique si vous pouvez ou non vous en servir et la contenance maximum de la bouteille qui peut être utilisée. Il existe aussi une solution beaucoup plus simple qui consiste à les acheter. C’est la solution la plus écologique puisque les vairons que vous trouverez en vente proviennent tous de l’élevage et n’affecte donc pas les populations sauvages. A ce sujet, je ne saurais que trop vous conseiller la solution mise en place par Laurent BOUTIER, pisciculteur Breton de son état et spécialiste du vairon. En effet, il vous propose de recevoir à domicile des vairons qui sont expédiés dans toute la France par un système qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Il s’agit d’un conteneur en plastique rempli d’un tiers d’eau et de deux tiers d’oxygène et qui permet de conserver parfaitement les vairons qui sont livrés en moins de 48 heures. Le système est pratique, simple et les vairons arrivent en parfait état. N’hésitez surtout pas à contacter Laurent BOUTIER (ARMORVIFS - Le pont Ménou à KERPERT - 02.96.24.34.00 ou 06.77.91.33.26 - http://www.vairons.com) qui saura vous renseigner sur les modalités d’expédition.

La conservation

Le vairon est un poisson bien plus résistant qu’on ne le pense parfois. Il peut évidemment se faire congeler si l’on ne veut pas prendre le risque d’en perdre quelques uns mais ce n’est évidemment pas la meilleure solution puisque la décongélation ramollie énormément les chaires du poissonnet et rend les vairons assez fragiles lorsqu’ils sont installés sur des montures. La solution idéale consiste à mettre les vairons dans une poubelle ou un grand bac en plastique dans un endroit sombre et frais comme une cave ou un garage par exemple. On place ensuite les vairons dans 4 ou 5 centimètres d’eau pour qu’ils puissent eux-mêmes assurer l’oxygénation de l’eau en nageant. Il ne faudra pas oublier de recouvrir la poubelle ou le bac par un couvercle pour éviter à ce petit poisson sauteur de vous fausser compagnie. C’est tout et cela permet de conserver des vairons un bon mois. Il y a aussi la solution de conserver plus longtemps vos poissonnets pour une utilisation échelonnée sur l’ensemble de la saison de pêche. Dans ce cas, le stockage devient plus délicat et met en œuvre un matériel plus spécifique, généralement destiné à l’aquariophilie. Pour ceux que cela tente, il faut une bonne capacité de filtration pour conserver des vairons en bonne santé. En fait, il faut une capacité filtrante pouvant traiter le double de la contenance en eau de votre bac à vairon. En ce qui me concerne j’ai transformé un vieux congélateur Bahut d’une contenance de 300 litres et j’y ai adapté une pompe pouvant filtrer 600 litres à l’heure, soit 2 fois 300 litres. Cela peut sembler beaucoup mais cette capacité filtrante est impérative si l’on désire conserver des vairons tout au long de la saison dans de bonnes conditions. Si, comme moi, vous ne disposez que d’un bon filtre, vous pouvez aérer suffisamment en faisant simplement ruisseler l’eau restituée en petite cascade. Cela joue alors le même rôle que les bulles et suffit à oxygéner correctement la réserve d’eau. Pour la nourriture, sachez que ce petit cyprinidé, qui ressemble tout de même assez étrangement à une « maquette » de truite, est essentiellement carnivore. Ainsi, je vous conseillerais pour les nourrir d’utiliser des aliments lyophilisés pour tortues aquatiques qui conviennent bien mieux que ceux destinés aux poissons rouges par exemple. N’oubliez pas de les nourrir sur une longue période car ils finiraient par s’attaquer et se dévorer entre eux. Pour ce qui est de la température de l’eau en été, si celle-ci monte au dessus de 18°C, il suffit de plonger chaque jour 4 ou 5 bouteilles plastiques remplies d’eau congelée pour baisser sensiblement la température. On peut judicieusement faire un roulement en ayant toujours des bouteilles au congélateur et d’autres dans l’eau que l’on changera tous les matins. J’emploie avec succès cette méthode quand il fait très chaud et pour transporter mes vairons sur une longue distance en été. Une petite astuce consiste à faire jeûner pendant 2 ou 3 semaines les vairons qui vous serviront pour une partie de pêche afin d’obtenir des poissonnets bien fermes.

Le transport sur les lieux

Le conditionnement revêt une importance capitale si l’on veut conserver les vairons vivants, leur garantissant ainsi une fraîcheur parfaite et une tenue irréprochable sur la monture. Pour ce faire, il existe les classiques seaux à vifs, déclinés en modèles spécifiques pour les vairons. D’une contenance maximum d’un ou deux litres, ils savent se faire oublier du pêcheur itinérant et surtout conviennent parfaitement pour transporter de petits poissons. On peut assez simplement modifier le système existant de bandoulière pour adapter les seaux à la ceinture, ce qui, à mon goût, est bien plus agréable pour le transport. J’ai personnellement une préférence pour le modèle isotherme qui permet d’éviter les gros écarts de température - autant chaud que froid - qui peuvent fragiliser les vairons et les tuer rapidement. Vous avez aussi la possibilité de transporter vos vairons dans une gourde ou une petite bouteille thermos. Le goulot de ces dernières n’étant pas adapté à ce type d’utilisation, la prise des poissonnets est un peu moins pratique que pour les seaux spécifiques mais, à défaut, cela peut rendre bien des services. Dans tous les cas, que ce soit avec un seau à vif, une bouteille thermos, une gourde ou tous autres récipients étanches, il faut toujours être très économe sur la quantité d’eau pour que les vairons puissent s’oxygéner seuls. Attention toutefois de renouveler très régulièrement l’eau avec celle de la rivière pour pouvoir les conserver vivant durant toute la partie de pêche. Pour ceux qui ne voudrait ou ne pourrait avoir ce type de matériel, reste la solution du salage. En effet, après avoir humidifié un chiffon en tissu, il suffit de le saupoudrer de sel fin de cuisine en d’enrouler un à un vos vairons dedans pour qu’ils puissent se conserver toute une journée. Le sel, servant de dessiccatif, va garder les poissonnets bien brillants et fermes à condition bien sûr de les stocker à l’ombre dans un endroit aéré de préférence. Ensuite, juste avant le montage sur la monture, il suffira de passer le vairon dans l’eau quelques secondes pour qu’il retrouve sa fraîcheur et son aspect original.

A vous de jouer !

Les truites qui sortent amaigries par le frai et la longue période de jeûne hivernal, ont grand besoin de reconstituer leur réserve et obéissent alors aux lois dictées par la spécificité de tous prédateurs dans ces circonstances : manger beaucoup, vite et à moindre effort ! C’est pourquoi, le vairon, riche en calorie, va offrir une manne idéale pour que dame fario puisse « se refaire une santé » à peu de frais. Mais ne croyez pas pour autant que tout sera gagné d’avance et que notre belle mouchetée sera prête à se jeter sur n’importe quoi pour pouvoir enfin reprendre un peu de poids. Car si l’on veut tirer son épingle du jeu en cette saison, il faudra nécessairement s’adapter aux conditions changeantes que l’on rencontrera en utilisant au mieux les différentes montures qui doivent équiper chaque pêcheur au vairon manié. Ainsi, montures à plombée interne (type Clou ou Plasseraud), légères et discrètes, seront particulièrement bien adaptées à la pêche si les eaux sont basses alors que les montures à plombée articulée en tête (type Drachkovitch, Lardy ou H2O) seront plus à l’aise sur les rivières plus puissantes, mais aussi dans les petites retenues et dans les grands gours où les postes sont peu marqués. Ne partez pas non plus sans quelques montures nageuses (type Godille ou Donzette) qui seront très efficaces pour « peigner l’eau » des grands cours d’eau de plaine ou de moyenne montagne si les eaux sont piquées et plutôt fortes, caractéristiques plutôt communes en début de saison depuis quelques années.

Dans tous les cas, sachez vous adapter et utiliser au mieux ce poissonnet si délicat et intéressant pour la pêche car en plus d’être un formidable appât, c’est aussi l’un des symboles de nos eaux vives ..... avec la truite bien sûr !

 
 
 

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