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Pêche en nymphe à vue (partie 1)
Publié en ligne le vendredi 1er avril 2011
 

J’ai l’habitude de dire qu’il n’y a pas de théorie sur la nymphe à vue, par contre il y a quelques petits trucs à savoir, à penser, à maîtriser pour bien se faire plaisir avec cette technique bien particulière.
Tour d’horizon de cette technique passionnante.

Partie 1

Texte Nicolas Germain
Photos Nicolas Germain et Christophe BOUET

 

Je vais décomposer les étapes à franchir, selon moi, pour arriver à un résultat satisfaisant. Un débutant devrait trouver quelques conseils qui vont l’aider dans sa façon d’appréhender la nymphe à vue et cela pourra peut être aider un pêcheur aguerri. Je ne pense pas détenir toutes les vérités sur cette technique, loin de là, j’en apprends encore plus toutes les saisons qui passent pour mon plus grand plaisir, mais je souhaite partager avec vous mon expérience et ma façon de voir les choses. c’est pour cela que j’ai classé cet article dans mes pensées personnelles, tout ce qui va suivre est le fruit de mon expérience.
Nous allons voir les 8 étapes à bien maîtriser : Le déplacement, le repérage du poisson, le positionnement, le choix de la nymphe, l’exécution du lancer, le poser et la dérive, l’animation et le ferrage

Le déplacement

C’est certainement un des paramètres les plus importants puisqu’il conditionne toute la suite ! ! !
Effectivement tout part de là.
-  A partir de la Berge :
Tous les pêcheurs connaissent la faculté des truites à repérer les vibrations qui peuvent venir des berges, c’est pour cela que lorsque vous progressez sur la berge vous devez faire attention à la façon dont vous posez vos pieds sur le sol et ce déjà à une distance respectable de l’eau (et pas seulement à quelques mètres de l’eau comme on le voit le plus souvent) . La truite peut donc vous repérer avec sa ligne latérale pour ce qui est des vibrations mais aussi visuellement si vos gestes sont trop rapides et/ou amples. Prenez l’habitude de faire le moins de gestes possible, comme la plupart des animaux, si vous êtes immobile, elle ne vous verra pas. Un paramètre très important à savoir également, choisir sa berge selon le soleil si vous pouvez, toujours pêcher avec le soleil de face ! !
Attention à votre canne, la truite reconnaît facilement un scion d’une branche si celui ci fait des mouvements trop brusques.
Le petit truc à savoir : Lorsque je fais une bordure, je me déplace toujours nymphe à la main et bas de ligne/canne tendus, prêt à exécution (pour un lancer arbalète), ça anticipe certains mouvements que vous ne ferez donc pas dans le champ de vision de la truite et vous restez en alerte (donc concentré) avant même d’avoir vu le poisson.
-  A partir de l’eau
Le problème des vibrations est le même, sauf que cette fois c’est le frottement des cailloux les uns contre les autres que la truite va déceler ! Je vous recommande donc de vous forcer à lever les pieds entre les pas pour éviter ce phénomène au maximum. Bien entendu il est recommandé de se déplacer très lentement .
Le petit truc à savoir : Evitez de rentrer dans l’eau sur les zones à petits poissons (truitelles ou ombrets) En effet sur ces zones il peut y avoir un grand nombre de poissonnets pas toujours très visibles qui en se déplaçant vont alerter les plus gros poissons en amont. Pour les déplacements que ce soit sur berge où dans l’eau, faites le maximun pour rester dans les zones d’ombre et non pas en plein soleil.

Le repérage du poisson

C’est une chose qui s’apprend, hé oui, il ne suffit pas d’avoir 10/10 aux deux yeux pour pouvoir repérer les truites au fond de l’eau. J’avoue ne pas avoir 10/10 mais pourtant je pense repérer les truites assez rapidement et parfois assez loin de moi et pourtant ça n’a pas été toujours le cas. Il faut d’abord et ça c’est primordial regarder sous l’eau, ça à l’air bête comme phrase mais un pêcheur d’eau rapide par exemple qui ne pêche qu’en surface, va mettre un certain temps à se forcer à regarder sous cette surface qu’il connait tant, il faut absolument oublier la surface. Cet exercice demande une grande concentration, ça peut aller jusqu’à ne plus voir les gobages, car la surface et le fond sont deux mondes bien différents.........
Au début de l’éducation de la vision, un pêcheur verra souvent du poisson mais uniquement en mouvement car la truite aura elle aussi vu ce pêcheur (la principe de voir avant d’être vu). Pour arriver à voir régulièrement les truites avant qu’elles ne vous aient vu, il faut premièrement maîtriser l’étape 1, mais aussi avoir en permanence un image de la truite dans sa tête (en gros ne penser qu’a ça). Selon la clarté de l’eau et la robe des truites ce repérage sera plus ou moins difficile. Il se travaille et s’améliore aux fils des saisons.
Personnellement , je vois la différence en début et fin de saison, c’est impressionnant comme notre système visuel peut s’accoutumer à une image, ça devient beaucoup plus facile après ! ! ! On arrive même à voir des zébrures là où il n’y en a pas.
Pour voir le poisson dans un courant assez fort, il vous suffit de suivre la "fenêtre". il y a toujours à un moment donné un petit espace d’eau qui arrive lisse sur le courant . Suivez cette fenêtre qui reste lisse durant sa descente sur le radier, elle vous permettra de voir du poisson au fond de celui ci
Le petit truc à savoir : Chez les ombres leurs nageoires pectorales les trahissent le plus souvent, vous pourrez apercevoir deux étendards triangulaires très clairs sur chaque côté de l’ombre, on les voit de très loin et même dans de forts courants. Pour les truites, il faut parfois chercher, non pas un poisson entier, mais un bout de queue qui dépasse d’une souche , juste une tête qui sort d’un caillou, de plus ces poissons en embuscade sont souvent les plus faciles à leurrer.

Le positionnement

-  Pêche de recherche :
Lorsque votre approche est soignée et que vous avez repéré votre truite ou votre ombre (étape 1 et 2) , il faut bien choisir sa position pour attaquer ce poisson. Parfois on n’a pas le choix et tout va très vite, alors on tente d’où on est avec le taux de réussite que ça engendre. Il est possible si vous avez une bonne connaissance de votre cours d’eau d’anticiper la position d’un poisson connu et donc d’arriver au bon endroit pour mettre toutes les chances de votre côté.
Une troisième possibilité s’offre à vous, le repérage est nickel et vous avez la possibilité de bouger sans attirer l’attention du poisson convoité dans le but d’être dans la position idéale. Qu’est ce que la position idéale ?
Il faut avoir à l’esprit cette phrase : Présentation Nymphe Première, donc si vous pouvez choisir, positionnez vous toujours légèrement en amont de votre poisson pour lui présenter la nymphe en premier (on ne le couvre pas avec le bas de ligne de cette façon), vous verrez que c’est un avantage énorme.
De plus et comme je l’ai déjà dit , pour attaquer votre truite, si vous avez le choix entre l’ombre et le soleil, n’hésitez pas ! ! !
-  Pêche d’attente :
Là c’est différent, car c’est le pêcheur qui va choisir obligatoirement l’endroit où il va se positionner pour attendre des poissons connus ou pas d’ailleurs. Que ce soit sur berge où dans l’eau, choisissez de préférence un endroit où l’on peut se confondre avec la ripisylve. Cela vous permettra de mieux cacher vos mouvements que sur un terrain clair. Il est possible de se positionner en terrain clair, mais dans ce cas là, c’est plutôt pour de la pêche à distance, pour la pêche de bordure c’est déjà plus délicat.
Le petit truc à savoir : En alliant, zone d’ombre, camouflage dans la ripisylve et immobilité, vous pourrez être surpris à quel point les truites peuvent vous approcher, parfois c’est même trop près ! ! ! !

Le choix de la nymphe

Ou plutôt le choix du poids de la nymphe ! ! !
Je pense que pour la plupart des situations (80% ), ce n’est pas l’aspect imitatif de la nymphe qui est important, mais son poids. Avant toute chose il faut comprendre de quelle façon se nourrit le poisson que l’on va tenter.
-  Le poisson est en activité, il vient chercher des nymphes entre deux eaux, voir juste sous la surface :
C’est un des cas les plus simples, d’une part parce que le poisson mange et d’autres part parce qu’il se déplace (plus facile pour bien situer le moment du ferrage). Là le choix de nymphe est assez simple, quelques tours de plomb suffisent (des fois aucun) , car il ne faut surtout pas passer en dessous du poisson . Le fait de lui présenter une nymphe légère va le faire monter. Pour la taille et la couleur, il faut se fier à l’éclosion du moment. Bien entendu il y a des situations particulières (poisson hyper éduqué) où les choses peuvent être bien différentes. Sur ces derniers , c’est la façon de leur emmener la nymphe qui fera la différence. En règles générales, un poisson en pleine activité reste le plus facile à leurrer.
-  Le poisson est en activité, mais se déplace en cherchant au fond :
Le fait que le poisson cherche au fond donne encore plus d’aisance au pêcheur, car il est plus facile de faire monter une nymphe que de lui présenter dans une phase descendante. Le plus souvent ,ces poissons se nourrissent de gammares, larves de tricho etc.......Dans ces cas , choisir la densité de votre nymphe selon le courant, bien que dans ce cas elle soit destinée à pêcher au fond, il ne faut pas qu’elle trop lourde (s’il faut une animation ça gênera ).
-  Le poisson est en activité au fond sans bouger :
Un des cas que je préfère, là il faut bien choisir votre nymphe en fonction de son poids car il va falloir l’emmener précisément dans la gueule du poisson qui a choisi de se nourrir sans faire le moindre effort. On retrouve généralement ce genre de cas dans des coups profond avec parfois pas mal de courant. Là, franchement l’aspect de la nymphe importe peu, le principal dans ce cas est la précision ! ! ! !
-  Le poisson n’est pas actif :
Mais il est quand même en pleine eau ou en bordure, il reste donc prenable malgré le fait qu’il ne se nourrisse pas. Dans ce cas l’aspect de la nymphe a une plus grande importance à mon avis, puisqu’il faut tenter ce poisson soit par gourmandise, par facilité ou par l’agressivité. Dans ces trois cas il faut être très précis et prendre la bonne décision du premier coup, car ce genre de poisson ne se laisse pas embêter très longtemps. Le plus souvent , il faut emmener la nymphe pile poil dans la gueule de la truite sinon c’est presque voué à l’échec.
-  Cas précis de poissons hyper éduqués :
C’est un des cas où il n’y quasi pas de règles, les poissons arrivés à un certains stade d’éducation (voir de sur-pêche dans des no-kill trop petit) ont un comportement plus qu’anormal, il est très difficile de donner des conseils dans ce cas précis si ce n’est d’avoir pas mal de nymphes "leurre" car le réflexe d’agressivité marche régulièrement.
Le petit truc à savoir : Il faut avoir un grand nombre de nymphes différentes, car il y a pas mal de cas très précis où le changement de nymphe (au niveau des couleurs) peut être prépondérant. Par contre il faut savoir que ces cas sont rares dans une saison et qu’avec deux ou trois nymphes différentes on peu s’en sortir. Pour ma part, de l’ouverture à juin j’utilise une Pheasant Tail maison et ensuite une vautour, toutes fabriquées sur plusieurs tailles avec plusieurs plombages différents. J’ai toujours également une batterie de gammares à portée de main.

 
 
 

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