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Sa morphologie et ses caractéristiques
Publié en ligne le dimanche 19 janvier 2003
 

Chacun, et qui plus est pêcheur, connaît la truite, poisson roi, symbole des eaux pures. Néanmoins, il existe en France des différences considérables entre des individus pourtant issus de rivières voisines et pratiquements semblables. Car en effet, peu de poissons d’une même espèce pourra varier autant, aussi bien en taille qu’en forme, que notre belle mouchetée. Cependant, c’est surtout la couleur de sa robe qui va montrer le plus d’hétérogénéité car elle va énormément évoluer en fonction de son habitat, de son régime alimentaire et bien sûr des caractères physico-chimique de son milieu. Bien la connaître c’est donc dans un premier temps comprendre la base de sa morphologie et bien sûr avoir un aperçu général de ses différentes caractéristiques physiques et physiologiques.

Texte Christophe BOUET

Photos Jean RICONNO, Hubert DUCRET, Christophe BOUET

 

Poisson d’eaux vives par excellence, notre belle mouchetée se caractérise par un corps allongé et très fusiforme. Contrairement à son cousin le saumon, la bouche dépasse largement l’aplomb du bord postérieur de l’œil. Elle est dotée d’une vessie natatoire, sorte de poche d’air, reliée par un tube étroit vers l’œsophage qui favorise sa flottabilité dans l’eau courante. L’épiderme est recouvert de toutes petites écailles derrière lesquelles se trouve des glandes sécrétant du mucus. C’est lui qui va protéger la truite des maladies et infections extérieures et qui va lui permettre de conserver une surface lisse et glissante dans le milieu liquide. En France la taille moyenne d’une fario en rivière est de 20 à 30 cm suivant le milieu où elle a élu domicile, pour un poids oscillant entre 200 et 400 grammes. Toutefois, en fin de vie - à l’âge de 9 ou 10 ans - notre belle sauvage peut afficher tout de même la taille record de 10 Kilos pour un peu plus de 1 mètres de long dans les milieux les plus propices à sa croissance. Comme beaucoup de poissons chasseurs elle possède une seconde nageoire dorsale, mais celle-ci est curieusement réduite à une proéminence graisseuse que l’on appelle nageoire adipeuse. Cette nageoire se retrouve et caractérise tous les membres de la famille des salmonidés dont est issue dame fario. Chaque nageoire a un rôle bien déterminé si l’on fait abstraction de la nageoire adipeuse dont l’utilité moteur est inexistante : Les nageoire anale et dorsale sont utilisées pour contrôler les mouvements giratoires et rectilignes, les pectorales pour se diriger, la caudale, peu échancrée, pour la propulsion et les pelviennes pour l’équilibre.

La Vue

Sa vision est particulièrement bien adaptée à la rapidité des eaux qui constituent son habitat naturel et est développée dans le détail dans l’article consacré à son adaptation au milieu. On peut néanmoins dire que, comme l’homme, la rétine de la truite comporte les deux types de structures sensibles à la lumière, qui sont les bâtonnets et les cônes. Les bâtonnets ont pour caractéristique d’être extrêmement sensible aux changements de luminosité et à une bonne définition dans les cas de lumière peu abondante. L’œil de la truite contient plus de bâtonnets que notre œil, et sont de plus, beaucoup mieux répartis sur la surface de la rétine. On comprend donc aisément sa bonne perception dans des eaux chargées d’éléments en suspension, lors des crues de début de saison par exemple, ou bien son comportement de prédation nocturne très important chez les gros sujets notamment. Son œil est capable de détecter les mouvements sur un champ d’environ 180° et peu diriger son regard sur des objets répartis sur un vaste champ visuel. Néanmoins sa vue ne sera réellement efficace que vers l’avant. La courbe focale de son cristallin lui permet de voir de 60 cm à l’infini. Cependant lorsque la truite observe une proie potentielle proche d’elle, elle va canaliser son attention et son champ de vision va se réduire. C’est alors que tout ce qui va se trouver plus éloigné sera ainsi hors de ce champ et donc moins discernable. Les scientifiques s’accordent à dire que la truite ne voit à priori pas très bien la couleur et que sa vision réagit plus à des nuances de gris des des tons plus ou moins dense. Néanmoins, le volume et la forme lui apparaisse très nettement et elle ne possède donc aucun problème de discernement, même à grande distance.

La perception des vibrations

Notre mouchetée dispose de moyens autre que la vue pour détecter toutes tentatives d’approche : la détection des vibrations de basse fréquence grâce à sa ligne latérale. Cette ligne, commune à tous les poissons se trouve sur les flancs de la truite, à peu près au milieu du corps et traverse la tête jusqu’au centre nerveux. Cette ligne capte les vibrations de l’eau qui provoquent un mouvement dans un liquide situé dans de minuscules canaux reliés à des terminaisons nerveuses. La ligne latérale lui permet donc de capter toutes les vibrations transmisent par l’eau, et donne des informations sur la forme, la vitesse et la direction prise par l’animal, l’objet ou le pêcheur qui émet ces vibrations (bruit de pas, nage d’un poisson ou bien encore d’un insecte qui tombe à l’eau). Lorsque la truite chasse, les informations captées par le centre nerveux vont alors localiser la proie, la vue ne servant qu’ensuite à confirmer et à cibler son attaque.

L’odorat

Le troisième sens dont est dotée la truite est l’odorat. Les sensations olfactives et gustatives de dame fario sont réunis en une perception unique : la perception olfacto-gustative. On ne peut pas parler véritablement d’olfaction, car, se trouvant dans le milieu liquide, les odeurs sont plutôt perçut comme des saveurs. Les " bourgeons " de goût de la truite sont semblables à ceux qui tapissent notre langue et sont situés autour de sa bouche. Elle a des narines qui se présentent comme des petits orifices placés sur le dessus du museau, un peu en avant des yeux. Ces orifices sont remplis de terminaisons nerveuses reliées entre elles et formant les nerfs olfactifs qui vont eux-mêmes aboutir aux lobes olfactifs du cerveau.

L’alimentation

Son alimentation est essentiellement composée d’insectes dont la majorité sont des larves de trichoptères. Connu sous le nom de phrygane ou de sedge pour les pêcheurs à la mouche artificielle, la larve de trichoptère est également appelée pour les autres, porte-bois, charpentier ou même petite bête selon les régions. Quitte à faire bondir certain pêcheur on peut maintenant affirmer que la truite semble peu sélective dans sa nourriture et s’alimenterait donc essentiellement des proies les plus accessibles. Salmo trutta fario est très opportuniste et va s’adapter à la nourriture présente pour s’en repaître si le rapport entre l’énergie dépensée et les calories consommées est positif. Pascal MICHEL démontra dans son étude sur le régime alimentaire de la truite que celle-ci était très peu piscivore. Seuls les individus les plus âgés, donc par voie de conséquence les plus gros, exploitent de manière régulière cette ressource alimentaire sous forme de Vairons, Chabots, Loches mais aussi Ables, Ablettes et Gardonneaux.

Une réelle diversité

Peu de poisson à part la truite ne peuvent s’enorgueillir de posséder autant de différences physiques au sein de leur espèce. Il y a en effet de forte variante de formes, de tailles mais aussi d’apparence chez des sujets pourtant issus de rivères voisines. Ces différences, parfois considérables, sont le fruit de caractéristiques bien particulières et totalement dépendantes des spécificités physico-chimiques du milieu abritant dame fario. Il existe 2 groupes majeurs de truites localisés dans les 2 bassins hydrographique Français : le bassin atlantique et le bassin méditerranéen. Le groupe Méditerranéen peuple les cours d’eau qui finissent par gonfler la mer Méditerranée, même s’ils en sont souvent très éloignés. Ce sont des rivières comme le Doubs, la Loue, l’Ain, le Tarn ou la Sorgue pour ne citer que les plus connues. Ces truites, dans l’ensemble ont des caractéristiques bien marquées. Elles sont souvent dépourvues de points rouges et les nageoires sont très développées. La robe de notre fario méditerranéenne présente dans les rivières calcaires des zébrures caractéristiques et est ponctuée de points noirs très nombreux. Des variations existent bien sûr suivant les rivières et les truites peuvent présenter des livrées un peu différentes : marbrures, robe plus ou moins grise et même parfois très sombre, tâche marquée sur les opercules, etc. ... . On peut considérer que ces poissons sont sauvages, car ils n’ont jusqu’alors jamais été élevés de manière intensive en pisciculture. Le groupe Atlantique, quant à lui, regroupe les poissons qui ont élu domicile dans les rivières alimentant l’océan Atlantique. Pour l’exemple, on peut citer des rivières comme l’Allier, la Dordogne, les Gaves et Nives pyrénéens, la Sioule et bien d’autre. Ces truites sont très trapus et puissantes. Elles correspondent à l’image habituelle que le grand public a de la truite fario, car elle fait l’objet d’un élevage intensif depuis plus d’un siècle. Elle est généralement de robe grise ou noires, parfois très brunes, avec un ventre allant du blanc crème jusqu’au jaune. Elle est ponctuée de points noirs auréolés ou non de blanc et possède souvent des points rouges. Comme les truites du groupe méditerranéen, les poissons des différentes rivières ont des aspects qui peuvent varier énormément. Les truites cévenoles sont dorées et possèdent un petit nombre de points noirs alors que les truites bretonnes ont de gros points auréolés dont certains sont rouges. En Auvergne ont trouve des farios sombres au ventre jaune et dans les rivières morvandelles, sur les fonds de roches granitiques, elles sont presque noires.

Tant de couleurs, de formes et de spécificités ont fait de la truite un poisson captivant. Et, générations de pêcheurs après générations de pêcheurs, elle reste le poisson fétiche, admiré, convoité et respecté. C’est peu être pour cela, après tout, qu’on l’a hissée au rang de ...... poisson noble.

 
 
 

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