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Ne négligeons plus notre eschage
Publié en ligne le mercredi 1er avril 2015
 

Il faut bien avouer qu’une majorité de pêcheurs aux appâts naturels n’accordent que peu de temps ou d’importance à l’eschage de l’appât sur l’hameçon. Hors, même si le temps dévolu à cette opération peut sembler perdu ou bien même superflue, il n’en est rien. Il convient au contraire de lui consacrer le temps nécessaire afin de réaliser un eschage irréprochable. De cette manière, et sous cette seule condition, l’appât pourra dissimuler parfaitement le piège qui, passant inaperçu, sera capable de leurrer dame fario... souvent très exigeante.

Texte et photos Christophe BOUET

 

L’adaptation de la truite à son milieu naturel passe en premier lieu par une vision tout à fait exceptionnelle des choses qui l’entoure. Cette particularité que j’avais eu le plaisir d’évoquer lors d’un article paru dans le numéro 3 de votre magazine, lui permet donc assez facilement d’appréhender tout ce qui évolue dans son environnement proche. Ainsi, même si notre belle sauvage ne fait pas tout à fait le rapprochement entre la pointe acérée d’un hameçon et le danger qui s’y rapporte, elle demeure cependant imbattable quant au dépistage des proies ne se comportant pas de façon naturelle.

Une analyse binaire.

Le système d’analyse décisionnelle de notre belle mouchetée est profondément différent du nôtre puisqu’il fonctionne de manière purement binaire. Elle ne réagit pas en effet tout à fait comme nous pourrions le faire car son analyse de la nourriture et du danger est sans équivoque : C’est oui ou non ! Les informations qu’elle reçoit ne sont pas soumises, comme les nôtres, à d’autres éléments décisionnels extérieurs et, en la matière, le "peut-être" n’existe pas. Soit l’information est positive et l’engage à se saisir d’une proie dérivant dans le courant, soit elle est négative et l’incite alors à endiguer son activité, voir même à s’enfuir pour les individus les plus éduqués. On comprend donc aisément que si aucun signal inhibiteur ne vient perturber miss fario elle pourra alors en toute quiétude engamer la proie convoitée.

L’importance de l’eschage.

Le but à atteindre est en effet de tromper la méfiance de la truite en lui proposant un appât piégé se comportant de manière identique à une proie abandonnée aux caprices du courant. L’eschage revêt alors une importance toute particulière puisque c’est de lui que va dépendre la fluidité de l’ensemble une fois la ligne plongée dans l’eau. Mal piquée, l’esche ne se comportera pas de manière homogène et naturelle et sera alors fréquemment la cause d’un refus en provenance des plus beaux poissons, ceux justement qui ont pu grossir tranquillement à cause de ce genre d’erreur de présentation. Même si les partisans de la "pointe cachée" par l’appât ou juste piquée sont assez nombreux, il faut bien se rendre à l’évidence que seul l’eschage "enfilé" permet une dérive naturelle dans le courant, ne créant, contrairement aux autres méthodes, aucune turbulences venant contrarier l’écoulement de l’esche. En outre, comme je le précisais dans mon avant propos, la truite n’associe absolument pas la pointe de l’hameçon à un danger quelconque puisqu’elle va au contraire focaliser son attention sur le comportement d’ensemble et l’aspect général de la proie. Ainsi, si l’appât piégé évolue de manière similaire aux proies passant habituellement devant ses yeux, les informations positives perçues par notre belle mouchetée la conduiront inévitablement à déclencher une attaque pour combler ses besoins nutritionnels.

Dextérité et patience.

L’eschage n’est certe pas chose aisée et il paraît souvent bien délicat à réaliser, surtout sur des petits appâts qui se révèlent être aussi souvent les plus fragiles. Même si l’on doit consacrer 5 ou 6 minutes à son temps de pêche pour pouvoir enfiler convenablement une esche, ce moment exclusif doit lui être obligatoirement impartie puisque le résultat ne doit pas souffrir de médiocrité. Certes, me direz-vous, la dextérité et l’habilité de chacun sera bien évidemment assez différente et le temps octroyé par cette opération sera très variable d’un individu à un autre pour arriver à un résultat identique. Mais que cela ne tienne, il faut le faire pour pouvoir rendre une dérive vraiment efficace. Car avant tout il faut, pour leurrer un poisson comme la truite, soigner le comportement de l’intégralité de la partie pêchante afin qu’elle reflète le plus fidèlement possible l’évolution naturelle d’une proie potentielle qui dérive. Pas n’importe quel hameçon ! Tous les hameçons spécialement destinés à la pêche aux appâts vivants ont en général des qualités spécifiques indéniables, même si certain en ont bien plus que d’autres. Néanmoins, un hameçon ne se choisie pas par hasard et il me semble indispensable de pouvoir harmoniser la taille, la forme, voir même la couleur à l’appât que l’on va utiliser. Je suis à ce sujet profondément navré de voir encore écrit à ce jour des inepties du genre de celles figurant en première page d’une brochure, fournie à chaque pêcheur lors de l’achat de sa carte de pêche, pourtant conçue et réalisée par une fédération de pêche d’un département bourguignon. Dans ce guide, il est demandé aux pêcheurs aux appâts naturels de n’utiliser que des gros hameçons de taille 4 ou 6, afin d’éviter l’engamage profond et ainsi pouvoir remettre à l’eau sans danger toutes truitelles imprudentes. Certes, cela part d’une bonne intention et la démarche est tout à fait louable. Mais expliquez-moi brave gens comment escher une patraque ou une petite bête sur du n°6 ? Autant vouloir apprendre à une truite à siffler la marseillaise ! Restons sérieux tout de même ! C’est bien sûr dans la manière de pêcher et de ferrer, mais aussi dans la construction de la ligne que l’on va arriver à éviter pratiquement 100 % des engamages profonds et non pas en imposant - ou en conseillant - une taille d’hameçon fantaisiste et inadaptée aux appâts que l’on utilise habituellement. Pourquoi ne pas obliger tant que l’on y est aux pêcheurs à la mouche de ne pêcher qu’avec des sedges, palmers ou araignées montées sur du n°6 ? Allons, un peu de bon sens ! C’est bien évidemment l’esche qui commande et qui justifiera à elle seule le type et la taille de l’hameçon à employer. Les fabricants l’ont d’ailleurs fort bien compris puisqu’ils proposent maintenant une vaste gamme d’hameçons spécifiques très techniques : Alliages métalliques très légers, affûtage chimique et taille, forme, couleur et longueur de hampe très variées.

Une ligne homogène.

Cependant, il serait illusoire de penser que seul un bon eschage permet de présenter de façon fluide le piège destiné à tromper la méfiance de dame fario car d’autres variables sont évidemment à prendre en compte lors de l’élaboration de la partie pêchante de la ligne. En effet, lorsque l’on pêche aux appâts naturels, la conception de la ligne fait appel non seulement à des notions de progressivité dans la plombée - aussi bien en matière de poids qu’en matière de répartition - mais également à des notions de progressivité dans la plombée et le type d’appât utilisé. C’est vrai que l’on fait fréquemment abstraction du poids de l’esche lorsque l’on construit sa ligne alors qu’il me paraît indispensable de le prendre en considération pour savoir où situer les plombs sur le bas de ligne. Plus l’appât sera lourd, plus nous devrons regrouper les plombs et les positionner bas sur la ligne pour pouvoir maîtriser son évolution dans la veine d’eau. L’inverse est également vrai pour un appât léger si l’on veut conserver une bonne présentation et une meilleure fluidité du montage. De la même manière, un hameçon inaproprié peut avoir des conséquences malheureuses sur le comportement de l’appât. Je ne reviendrai pas sur la forme ou la taille de celui-ci puisque je l’ai déjà évoqué, mais plutôt sur le diamètre du fer qui le compose. Le poids de ce dernier va en effet alourdir l’appât et modifier singulièrement son évolution lors de la dérive. Préférez donc un hameçon fort de fer pour les appâts lourds et fin de fer pour les hameçons qui vont recevoir des larves d’insectes aquatiques.

Au fil de ses lignes vous aurez compris je l’espère que l’eschage ne doit jamais être pris à la légère. Dès lors, je vous conseille de toujours garder en mémoire que c’est l’appât que l’on enfile sur l’hameçon et non l’inverse. Vous constaterez alors que si vous apportez le plus grand soin à l’eschage et que vous investissez suffisamment de temps pour réaliser un leurre parfait, il y a fort à parier pour que le nombre de touches s’en ressente rapidement. Et plus de touche rime en général avec plus de poisson ...... et plus de plaisir.

 
 
 

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