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Pêcher "juste" est synonyme de réussite
Publié en ligne le lundi 2 janvier 2012
 

Souvent mal utilisées, les montures à vairon mort doivent s’adapter au poste, au niveau et à la clarté de l’eau, ainsi qu’au profil du cours d’eau prospecté : En bref, aux caractéristiques de la rivière.
Même si la réussite est parfois au rendez-vous, il ne faut pas que cela soit un "coup de chance". Connaître parfaitement les différentes montures est un atout indéniable et les utiliser à bon escient est le gage du succès pour un plaisir éthéré.

Texte et dessin Christophe BOUET

Photos Jérôme et Christophe BOUET

 

En règle générale, et je ne dois pas beaucoup me tromper, on ne commence pas à pêcher au vairon mort par hasard. C’est en effet dans l’optique de toucher du beau poisson, de prendre LA truite, ou tout au moins de sélectionner les plus gros spécimens que l’on va choisir cette pratique, et qui va se révéler aussi rapide qu’une prospection aux leurres, aussi insistante et subtile que la pêche aux appâts naturels et souvent aussi forte en sensation que la pêche à la mouche artificielle. Cette technique redoutable, dont bon nombre d’adeptes s’accordent à dire qu’elle est probablement celle qui est la plus indiquée pour viser et déloger de leurs caches les belles mouchetées, séduit de plus en plus de pêcheur de truite. En effet, la pêche au vairon mort connaît, depuis une dizaine d’année, un engouement croissant, surtout auprès des jeunes pêcheurs qui sont à la recherche d’une technique à la fois active en terme de prospection, mais également lente et insidieuse pourprovoquer une attaque. L’avantage de celle-ci est d’autoriser les 2 possibilités d’action et de les transposer instantanément. Le nombre important de nouveaux modèles de cannes spécifiques à cette pratique est un indicateur tout à fait fiable de la progression et du succès du vairon mort manié. L’évolution du matériel est en plein essor et permet d’affiner la technique en proposant des cannes qui ont tendances à s’allonger sensiblement, tout en gardant un poids raisonnable, et dont l’action nerveuse améliore, grâce aux matériaux employés, les sensations transmises.

Bien maîtriser, en fonction des éléments, l’utilisation et le choix de la monture

Le point clef de la méthode reste la monture, qui elle, étrangement, n’a pas beaucoup évolué, même s’il existe un nombre assez considérable de modèles très différents. Les conditions de pêche ne sont effectivement pas les mêmes au cours d’une année, et il est nécessaire d’exploiter plusieurs modèles de montures pour réussir. C’est vrai que la pêche de la truite au vairon mort manié est particulièrement bien adaptée aux conditions que l’on va rencontrer habituellement en début de saison : c’est-à-dire par eau froide, claire et souvent basse. Mais cette pêche est praticable durant toute la période d’ouverture, même si les "vaironneurs" ont tendance à penser que dès le mois de mai c’est déjà fini ! Il faut simplement modifier ses habitudes et adapter la technique en fonction de certains paramètres tels que la hauteur d’eau, le débit plus ou moins puissant, la teinte ou tout bêtement le type de cours d’eau prospecté. En collant parfaitement à la réalité du terrain (si l’on peut dire), on pourra vérifier que les belles pêches de début de saison ne sont pas terminées, à condition de bien connaître et choisir sa monture. Peu souvent polyvalentes, elles doivent être judicieusement employées en fonction du poste pêché, et le fait de bien maîtriser leurs domaines d’utilisation est capital... et passionnant.

Les montures à poisson mort manié sont nombreuses et très différentes les unes des autres

Il existe plusieurs conceptions de montures à poissons morts : celles qui possèdent une plombée en tête, qu’elles soient articulées ou non, celles qui sont plombées à l’intérieur du corps du poissonnet, celles qui associent la plombée interne et externe en tête, celles qui possèdent un lest à l’extérieur du poisson appât et enfin la cuillère vaironnée, même si celle-ci n’est pas à proprement parler d’une monture à part entière (voir encadré). Chacune d’elles "nagent" et s’utilisent de façon spécifique : C’est pour cela qu’il faut les animer de manière cohérente afin de pêcher efficacement si l’on veut mettre quelques belles truites à l’épuisette.

Les montures à plombée interne : l’association de la discrétion et de la légèreté

Les montures à plombée interne sont des montures assez simples de conception. Elles portent pour nom, ARIEL, CLOU, GODILLE, PLASSERAUD, MAILLET ou bien encore DU DOUBS pour ne citer que les plus connues. Elles se caractérisent par un plomb interne profilé qui est généralement de faible grammage et dont l’avantage premier est de parfaitement se répartir sur les 2/3 du poisson appât. L’installation du vairon se fait en enfilant d’abord le plomb sur la ligne (à l’exception de la monture PLASSERAUD qui se monte comme une monture à plombée articulée en tête) puis en passant l’extrémité du fil dans l’aiguille à locher qui permettra de traverser l’appât de la bouche jusqu’à l’anus. Un hameçon triple adapté à celle du vairon, entre un numéro 14 et un numéro 8, est noué au bout de la ligne que l’on poussera délicatement dans la cavité anale après avoir loger le plomb à l’intérieur du poissonnet en l’enfonçant par la bouche. Le maintien du vairon se fera, en fonction de la monture, soit en rabattant une ou plusieurs agrafes métalliques dans la tête de celui-ci, soit en bloquant la ligne avec un bois d’allumette taillé et placé en force dans le perçage du plomb. Légère et discrète, ce type de monture s’utilise par eau basse et claire quand les truites sont alors souvent difficiles et méfiantes. Le bénéfice de son faible poids est un impact peu bruyant sur l’eau lors du lancer et permet aussi de prendre rapidement contact avec la monture avant qu’elle ne touche le fond. Ces montures sont parfaites pour une prospection à courte et moyenne distance en pleine eau ou alors, au ralenti, en faisant rouler celles-ci sur le fond des gravières. L’action de pêche doit débuter bien en retrait de la rivière, pour une plus grande discrétion, par des lancers ¾ amont. L’animation commence à proximité de la berge en privilégiant les postes et obstacles de bordure : les enrochements, les berges creuses, les souches ou autres embâcles.

Les montures à plombée articulées en tête : DRACHKOVITCH la référence

Cette famille de monture se caractérise par la plombée qui est articulée en tête du poissonnet. La plus connue est la fameuse monture qui porte le nom de celui qui l’a vulgarisée et fait connaître au grand public : la monture DRACHKOVITCH. On peut considérer d’ailleurs que c’est la seule vraiment représentative de cette famille, car les autres montures, la DIANE ou L’ONDINE, n’apportent pas véritablement d’amélioration technique ou bien pratique. Cette référence en terme de monture à poisson mort s’adresse à des rivières particulièrement puissantes, généralement plutôt larges, mais aussi aux petites retenues d’eaux sur les rivières de taille plus modeste. Ce sont, en règle générale, des cours d’eaux assez profond, de 1 à 2 mètres 50 en moyenne où les postes sont peu marqués. Dans ce type de rivière assez difficile à "lire", la monture DRACHKOVITCH permet une exploitation minutieuse de la totalité de l’étendue d’eau. Le gros avantage vient du fait de la plombée interchangeable très rapidement, une paire de pince suffit, ce qui permet de l’adapter facilement à la profondeur de manière à la faire évoluer juste au-dessus du fond. La pêche se pratique en lançant ¼ aval, puis en ramenant travers/amont en laissant le vairon effectuer une grande boucle bien large qui va traverser la rivière d’un bord à l’autre. En se déplaçant d’un ou deux mètres vers l’aval à chaque lancer, on peut prospecter très consciencieusement la rivière ce qui offre la possibilité de visiter le maximum de postes. L’animation doit être tremblotante avec de fréquent et bref "coup de scion" afin de faire virevolter, comme s’il dansait, le vairon dans le courant, juste au-dessus des pierres du fond. L’installation du poisson appât est assez simple et ne nécessite pas d’avoir une aiguille à locher. Il suffit pour cela de pousser la tige métallique à l’intérieur de la bouche du poissonnet et de planter un hameçon triple de chaque côté des flancs du vairon. Le fil de laiton vient ensuite lui museler la gueule et permet ainsi son maintien, en évitant toutefois que l’eau s’engouffre dans celle-ci lors des à coups de l’animation : cela aurait pour conséquence de le déchirer très rapidement.

Les montures à plombée fixe en tête sont les reines des cascades et des grandes fosses

Il n’existe à ma connaissance, qu’une monture possédant uniquement une plombée fixe en tête, qui se décline néanmoins en plusieurs variantes : la monture CASQUEE. Inventée par les gitans en quête de truites et utilisée traditionnellement dans les rivières de savoie, du jura ou dans les Pyrénées, elle porte, dans sa version ancestrale, le nom de monture BOHEMIENNE. Malheureusement d’un montage un peu complexe et long, elle est, à tort, de moins en moins utilisée. Pour le montage, il faut sectionner la tête du vairon et passer par l’ouïe la tresse supportant les hameçons. La boucle est enfilée dans le casque et le corps du poissonnet est véritablement ligaturé au dispositif d’armement. L’avantage, en contre partie de la difficulté du montage, c’est qu’une fois terminée, cette monture peu pêcher des heures durant sans être changée. Même en cas de prise, ont peut souvent la réutiliser en gardant le même vairon, sous réserve toutefois de bien le "saucissonner" de nouveau. On peut, de manière plus simple, l’utiliser de la façon dont sont montées les plombées internes, en enfilant le casque, puis le vairon, de la bouche vers l’anus grâce à une aiguille à locher. Une fois ajusté, le casque sera bloqué par un bois d’allumette taillé, puis enfoncé en force dans le trou central du plomb. Le vairon CASQUE est utilisé pour pêcher dans les grands remous puissants, sous les cascades et chutes d’eau où une monture légère s’avérerait inopérante. Elle est également sans pareille pour pêcher dans les amas de branchage, et permet grâce à son poids d’avoir, en la dandinant, l’avantage d’une grande précision lors de la descente, afin d’éviter l’effet planant des autres montures. L’action de pêche doit faire adopter au poissonnet une nage sèche et heurtée, véritable danse rapide et chaotique. Il faut littéralement taper sur les cailloux pour décider les truites à sortir de leurs caches. Elle est utilisée soit sous la canne en dandinant la monture le long des parois de roches, entre les souches et en bordure des remous, soit en la lançant, toujours canne en position haute, dans les grandes fosses ou les veines d’eaux puissantes en l’animant de coups de scions secs mais de faible amplitude. En bougeant la canne horizontalement on augmentera l’étendue de la prospection et on va de surcroît accentuer l’effet désordonné de la nage de la monture. L’efficacité de celle-ci est de pouvoir exploiter des postes souvent délaissés par les pêcheurs au vairon mort n’utilisant qu’un type classique de monture. Les résultats sont éloquant sur ces tenues mal pêchées habituellement et pourtant très productifs. Son succès fait qu’elle est, dans certaine rivière franc-comtoise, interdite d’utilisation pour cause de "ravage". Un des frères SENSONNENS, propriétaire d’un magnifique parcours sur la Loue, m’a d’ailleurs confié qu’il l’interdisait car en l’utilisant en la dandinant devant les obstacles "c’était trop facile".

Une monture à plombée externe originale

Originale et efficace, la "DONZETTE" est une monture nageuse qui se caractérise par un plomb externe qui épouse la forme du dos du vairon et d’une bavette en Rhodoïd qui lui confère une nage très saccadée et vibrante tout à la fois. Inventée par Monsieur DONZE, elle est sans nul doute la plus complexe des montures dont je connaisse l’existence, mais est très employée dans les rivières de la franche-comté dont elle est originaire. L’animation se fait en pêchant ¾ amont en la faisant dériver lentement en travers de la rivière très près du fond. Il faut l’utiliser dans les grands cours d’eau de plaine ou de moyenne montagne dans des eaux piquée et plutôt forte qui caractérise souvent le début de saison. Elle permet de prospecter rapidement une grande portion de rivière, et grâce à sa bavette, elle nage quasiment seule en descendant le courant. Il existe différent grammage et taille qu’il convient de choisir attentivement car la dimension de la monture doit être parfaitement adaptée au poissonnet que l’on utilise. Si cette condition n’est pas remplie cela complique énormément l’installation du vairon et compromet la qualité de la nage de la monture. Il faut en effet, que la bouche du vairon soit parfaitement fermée par l’axe métallique central de la monture : sans quoi le poisson-appât se gorgerait d’eau et s’arracherait très rapidement.

Bouleverser ses habitudes et adapter les montures aux postes pêchés

Ce bref descriptif est particulièrement significatif des différences fondamentales que possèdent les nombreuses montures existantes et met en évidence que la monture "passe partout" n’existe pas. L’habitude d’un montage, même si on le maîtrise parfaitement, nous priverait à l’évidence de l’efficacité que nous recherchons tous. Alors surtout n’hésiter pas, changer, chaque fois que cela est nécessaire, le poids et la monture au cours de votre partie de pêche. Même si vous jugez, à tort, que vous perdez quelques précieuses minutes ou si vous n’avez pas envi de vous lancer dans du "bricolage" au bord de l’eau : que cela ne tienne, préparez vos montures à l’avance avant de partir. Car c’est en pêchant plus "Juste" que notre plaisir sera d’avantage décuplé... et que les truites seront probablement beaucoup plus coopératives.

 
 
 

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