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La pêche à la vaironnée
Publié en ligne le jeudi 27 mars 2003
 

La cuiller à vaironner n’évoque probablement pas grand chose pour nombre de pêcheur de salmonidés. Pourtant, ce leurre-appât, méconnu en dehors de sa région d’origine, permet mieux que tout autre de piéger ces grosses et belles fario sauvages qui nous font tant rêver tout au long de notre "carrière" halieutique. Cette drôle de cuiller-monture est un mariage subtil qui, judicieusement, allie dans un compromis redoutable, l’attrait naturel d’un poissonnet et l’illusion artificielle d’un leurre métallique. En outre, ce qui n’est pas sans intérêt, la cuiller à vaironner offre le double avantage d’être d’une part d’une efficacité indéniable et d’autre part de pouvoir s’exporter aisément dans toutes les eaux de notre beau pays. Encore faut-il la connaître, la posséder ....... et bien sûr savoir l’utiliser.

Texte et Photos Christophe BOUET

 

Curieux mariage que celui des cuillers à vaironner : cette étrange association, unissant une monture à vairon mort manié et une cuiller tournante, arrive à combiner à merveille l’attrait naturel d’un poissonnet fraîchement tué et le côté excitant et exubérant que peut exercer un leurre métallique sur tous les poissons carnassiers. Et croyez-moi, ce n’est pas par hasard si ce leurre-appât arrive à supplanter dans sa région d’origine le classique vairon mort manié, tant au niveau des pratiquants qu’au niveau du nombre de prises réalisées. Mais ce qui est plutôt surprenant c’est que l’efficacité incontestable de la cuiller à vaironner se soit si peu répandue en dehors des frontières de la Franche-Comté. En effet, combien de pêcheurs connaissent l’existence même de cette cuiller à vaironner ? Allez-y, posez des questions autour de vous et vous serez édifié du résultat !

Une tradition.

S’il est effectivement un leurre traditionnellement utilisé par les pêcheurs francs-comtois pour tenter les plus belles truites, et Dieu sait s’il y en a dans les eaux calcaires de cette belle région, c’est bien la cuiller à vaironner. Uniquement fabriquée artisanalement chez quelques spécialistes du département du Doubs, ce leurre n’est pas aussi simple à concevoir qu’il n’y paraît au premier abord. Il est bien évident qu’il doit être solide pour résister à une grosse truite - sa vocation - sans craindre la casse, mais il doit surtout nager parfaitement. C’est pourquoi la fabrication de ce leurre étonnant est le fruit d’une longue expérience de terrain que savent mettre à profit les quelques rares détaillants en articles de pêche qui la commercialisent. Sa conception ne doit bien sûr rien au hasard et se doit de suivre quelques principes fondamentaux qui vont favoriser l’alignement parfait du vairon derrière la cuiller pour éviter le vrillage lors de la récupération mais aussi pour maintenir et stabiliser ce curieux tandem.

Loin et profond.

Comme pour la pêche au vairon mort manié traditionnelle, la pêche à la vaironnée est une pêche visant à séduire les grosses fario : on se doit donc bien sûr d’agir en conséquence. Je ne vous ferai pas aujourd’hui un article sur les postes que peuvent occuper les plus belles truites de nos rivières, ce n’est pas le sujet de cet article et je pense que quelques lignes n’y suffiront pas. On peut cependant synthétiser les choses en disant qu’elles se tiennent en général dans des postes profonds, là où les courants s’engouffrent dans des goulets, entre des blocs rocheux ou en aval d’une rupture de pente, et pratiquement toujours au beau milieu de la rivière, assez loin de la berge. Hors, l’avantage de la cuiller à vaironner est de pouvoir réunir différentes qualités qui vont nous permettre de prospecter efficacement ce genre de poste lointain et profond, souvent inaccessible avec une monture à vairon mort traditionnelle. En effet, les montures classiques sont souvent trop légères et, pour être propulsées plus loin, la majorité des pêcheurs au vairon mort manié effectuent des lancers en travers en direction de la berge opposée. Ainsi, l’essentiel de la dérive s’effectue vers l’aval et le vairon évolue à moins d’un mètre sous la surface. Cela peut en effet convenir, même pour prendre de gros poissons, mais uniquement lorsque les eaux sont basses ou quand les truites sont actives et chassent entre deux eaux. Le reste du temps les grosses mouchetées sont calées sur le fond, sous un rocher, et ne s’intéressent à rien. C’est là qu’intervient la cuiller à vaironner : suffisamment lourde, elle peut être propulsée loin, même en lançant ¾ amont, et sera capable de travailler très près du fond. En outre, elle va nous permettre, avec un appât naturel, d’insister en raclant le fond des fosses profondes tout en jouant de l’effet mécanique de la palette pour pouvoir déclencher l’instinct de prédation des plus gros sujets, essentiellement piscivores.

Pêche vers l’amont pour une dérive réussie.

Comme je viens de l’évoquer dans le paragraphe précédent, la technique de pêche à la vaironnée nécessite, afin de pêcher creux, des lancers franchement amont. Car en lançant en travers, ou pire en aval, un leurre aussi lourd soit-il à toujours tendance à passer très au-dessus du fond. Si le courant est assez puissant le leurre pourra même remonter presque sous la surface. C’est pourquoi il est nécessaire de se placer quelques mètres en dessous de l’endroit que l’on désire pêcher et de lancer une dizaine ou une quinzaine de mètres en amonts de ces postes. Dès que la cuiller vaironnée à touché le fond il est indispensable de lever la canne pratiquement à la verticale et de commencer à récupérer, toujours canne haute, à la vitesse du courant. La bannière doit être toujours en tension, sans excès pour ne pas faire décoller la cuiller du fond, mais suffisamment pour ne pas perdre le contact avec le leurre et agir sur la rotation de la palette. Toutefois, plus la rivière est large et plus le contrôle de la ligne est difficile. Pour le pêcheur néophyte ou bien même le pêcheur initié, cette absence de tension marquée, à la limite du travail de la cuiller, n’est pas forcément facile à appréhender mais c’est important si l’on veut que le leurre pêche bien au ras du fond.

Un matériel approprié.

Je sens bien la question qui plane et que vous m’auriez déjà posée si nous étions face à face en discutant de cette étonnante cuiller : Si le leurre racle en permanence le fond il doit évidemment s’accrocher sans cesse ? Et bien pas du tout ! Si toutefois vous rencontrez un obstacle lors de la dérive, la ligne va se détendre et vous percevrez parfaitement cette rupture de dérive. Il suffit souvent de donner juste un tout petit coup de poignet et la cuiller va culbuter par-dessus l’obstacle sans s’y accrocher. Cependant, pour arriver à réaliser avec succès ce type de manœuvre le matériel a sa part à jouer. C’est là qu’une canne longue est indispensable. L’idéal est une canne de 3 mètres à 3 mètres 40 avec une action de pointe assez prononcée pour garder un contact constant avec la cuiller. Le contrôle de la dérive est bien sûr grandement facilité par ce genre de canne qui, je ne vous le cache pas ne sont pas sans rappeler les cannes employées pour la pêche du sandre au poisson mort manié. Pour ce qui est du leurre, quelles que soient les conditions je préfère utiliser les cuillers à vaironner fabriquée à partir d’un corps de Mepps Aglia ou de Blue-Fox Vibrax en taille 3. Je sais que ce modèle est un peu gros pour la truite mais avec le poids de la monture et du vairon une cuiller plus petite risquerait de déséquilibrer l’ensemble. Cependant, vous pouvez descendre jusqu’à la taille 2 si vous utilisez vraiment de petits vairons .... ou si vous hésitez à utiliser de trop gros leurres. Comme pour la pêche à la cuiller tournante classique vous choisirez la couleur de la palette, or ou argent, en fonction de la luminosité : Le ton argent par temps clair et ciel bleu et le ton or pour les lumières chaudes de l’aube, du crépuscule et par temps nuageux.

Un véritable aimant à grosses fario.

On peut sans crainte de se tromper affirmer que les meilleures conditions de pêche sont réunies lorsque les eaux sont légèrement hautes et moyennement "piquées", ce qui est le cas généralement en mars, avril voir même pendant le mois de mai. Cependant, les vaironnées peuvent être utilisées en toutes saisons, même si l’eau est plutôt basse. Là, comme pour les autres techniques de pêche d’ailleurs, c’est au lever et au coucher du jour que les résultats seront les plus éloquant. Vous verrez par vous-même que la cuiller à vaironner est vraiment le leurre à belles truites car il est bien rare qu’un petit poisson se laisse prendre. Prudent de nature, je ne vous affirmerai pas que l’on prend de plus grosses truites qu’en pêchant classiquement au vairon mort manié, surtout lorsque la hauteur d’eau, le profil de la rivière ou encore les conditions climatiques se prêtent particulièrement bien à la réussite avec une méthode traditionnelle. Mais, sans trop prendre de risque je veux bien attester que le nombre de poissons capturés et la taille de ceux-ci ne laissent jamais regretter l’emploi de la vaironnée, car on ne prend que rarement des truites de moins de 35 cm en pêchant de cette manière. Un bon pêcheur à la vaironnée, en Franche-Comté, arrive au moins à chaque sortie à capturer ainsi un ou deux poissons pesant entre 500 grammes et 1 kilo, voire même 2 ou 3 kilos.

Efficace partout !

Depuis le temps que ce curieux leurre-appât existe en Franche-Comté, il paraît étonnant qu’il ne se soit jamais expatrié en dehors de sa région natale. Serait-il efficace uniquement sur la Loue, le Doubs ou le Dessoubre, belles rivières calcaires qui l’ont vu naître ? Les truites Franc-Comtoises voueraient-elles un culte particulier à cette cuiller-monture que ses cousines Auvergnates, Pyrénéennes ou Normandes refuseraient de partager ? Ou bien ces bougres de pêcheurs Franc-Comtois auraient-ils sournoisement conservés le secret, si bien préservé depuis plusieurs décennies ? Sans vouloir réellement répondre à l’une ou à l’autre de ces questions, je vous confirmerai simplement les résultats positifs que j’ai obtenus la saison dernière sur les belles sauvages Auvergnates du Haut-Allier, les grosses farios Méditerranéennes du Verdon ou encore les splendides mouchetées Italienne du Tannaro.

Alors surtout n’hésitez pas à emprunter la cuiller à vaironner à nos chers pêcheurs Franc-Comtois ! Eux qui ont la chance de posséder de si belles rivières à pêcher, de si belles truites sauvages à capturer ...... et des leurres si efficaces à utiliser.

 
 
 

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