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De l’ouverture à l’étiage
Publié en ligne le dimanche 30 mars 2003
 

Tout pêcheur au toc s’est un jour posé la question suivante : "Pourquoi aujourd’hui les truites ne mordent-elles pas ?". Nombreux sont les facteurs qui vont influencer sur l’activité alimentaire des truites et donc notre partie de pêche. Parmi ces facteurs, un des plus importants dans la pêche aux appâts naturels est la plombée. En effet c’est elle qui va amener d’une façon naturelle ou pas l’appât dans la gueule du poisson : il convient donc d’y apporter la plus grande attention. Combien de pêcheurs voulant s’initier à cette technique ont été rebutés par la tâche délicate qu’est de monter une plombée adaptée à la situation du moment ?

Texte et photos Stéphane DELPEYROUX

 

Pour fabriquer une bonne plombée plusieurs éléments doivent être pris en compte : la vitesse du courant, le volume et la puissance de l’eau, la taille de l’appât et la température de l’eau. Ces quatre facteurs, qui vont évoluer et se modifier au cours de notre saison de pêche, vont déterminer le comportement de nos chères compagnes de jeu et ce fait va induire notre pêche. En avançant dans la saison, les niveaux d’eau vont normalement baisser, la température va logiquement croître et les proies de notre belle mouchetée vont changer, entraînant ainsi un comportement alimentaire adapté au moment.

C’est pour ces différentes raisons que nous allons voir ensemble comment doit évoluer la plombée pendant la saison de pêche pour coller au plus près au comportement des truites. En découpant notre saison de pêche on peut distinguer trois grandes périodes.

De l’ouverture à la fonte des neiges (de mars à avril)

Cette première période est avant tout marquée par l’ouverture de notre loisir favori. Le nouveau matériel est à l’honneur, les rêves de poissons démesurés nous ont fait tenir jusqu’à ce jour tant attendu, mais nous devons aussi reprendre la technique en main. En ce début d’année les températures extérieures sont souvent basses et les gelées ne sont pas à exclure en régions montagneuses. La neige commence à fondre et de ce fait les eaux sont froides. Il n’est pas rare de pêcher dans des eaux avoisinant les 5°C mais la plupart des rivières se situent dans les 7°C et 10°C. Sachant que la température favorable à une activité maximale des truites est environ de 13°C, ces températures de début de saison nous semblent bien loin de l’idéal et ne vont donc pas être propices à la pêche. De plus, les truites sortant de leur période de reproduction sont affaiblies et amaigries. Tous ces facteurs vont amener notre belle mouchetée à rester près du fond dans les coins calmes de la rivière et à faire le moins d’efforts possibles. Il va donc falloir pêcher les postes au courant relativement lent et présentant peu de turbulences : les bordures, les remous, les amortis de courant, les trous et les arrières d’obstacles tels que les rochers ou autres éléments naturels venant briser le courant. La truite ayant tendance à rester près du fond et à faire peu d’efforts ; il faudra pêcher assez lourd surtout dans les zones profondes pour amener l’appât dans la gueule du poisson sans qu’il n’ait à faire trop d’efforts. Dans les zones où il y a peu d’eau comme les bordures, une plombée trop lourde ne fera qu’augmenter les chances de dragage. Attention cependant, une plombée lourde ne veut pas signifier qu’il faut pêcher avec 100g de plomb mais qu’il faut simplement concentrer sa plombée vers l’hameçon. Nous devons donc pêcher avec une ligne compacte, regroupée, qui passera lentement près du fond. Il faut pêcher précis car les truites ne feront pas l’effort de se déplacer pour se nourrir si l’appât est trop loin. En ce début de saison il ne faut pas hésiter à insister sur un poste susceptible de cacher une truite. N’oublions pas toujours de respecter la croissance du grammage des plombs plus on va vers le haut de la ligne. L’espacement entre les plombs sera croissant plus on va vers l’hameçon. On construira un modèle de plombée de la manière suivante : un premier plomb n°8 à 7-8 cm de l’hameçon, le deuxième n°7 à 4 cm du premier plomb, le troisième n°6 à 2 cm du deuxième, le quatrième n°5 à 1 cm du troisième et le cinquième n°4 à 0,5 cm du quatrième. Au niveau de l’appât le vers est tout indiqué car c’est un appât lourd et représentant un apport énergétique considérable pour la truite qui préfèrera manger des bouchées volumineuses.

De la fonte des neiges au début de l’étiage (de mai à juillet)

Cette deuxième période annonce l’arrivée des beaux jours donc une hausse de la température de l’eau. Ceci va réveiller tout l’environnement aquatique et notre belle partenaire des eaux vives. En effet l’eau se réchauffe un peu ; elle s’éclaircit aussi avec la disparition des eaux de neige et baisse en conséquence. La truite va se nourrir un peu plus, se décoller peu à peu du fond, elle évoluera entre deux eaux. On pourra donc pêcher moins lourd et moins en profondeur. Les appâts évolueront aussi avec la possibilité de pêcher avec des esches plus petites tels que des petits vers, la teigne, le porte-bois ou d’autres larves aquatiques. On pêchera toujours des postes assez calmes ; les eaux étant encore assez hautes, mais on osera un peu plus les abords de courant. La plombée sera moins regroupée vers l’hameçon donc un peu plus fluide avec un écartement entre les plombs plus important. On construira un modèle de plombée de la manière suivante : un premier plomb n°8 à 10 cm de l’hameçon, le deuxième n°7 à 8 cm du premier plomb, le troisième n°6 à 4 cm du deuxième, le quatrième n°5 à 2 cm du troisième et le cinquième n°4 à 1 cm du quatrième.

L’étiage (août et septembre)

Troisième et dernière ligne droite de la saison : l’étiage. C’est une période des plus difficiles car les eaux sont très claires et souvent très basses. Mais comme nous aimons notre passion, il faut se donner les moyens de réussir dans ces conditions. En premier lieu, il faudra soigner l’approche sur les postes car les truites seront très méfiantes. En effet les eaux sont basses et claires surtout dans les petites rivières et ruisseaux. Dans les grands cours d’eau, un débit encore important n’est pas rare. Dans tous les cas les truites seront cette fois au plus haut de leur forme et seront très vives. Elles n’hésiteront pas à se déplacer pour se saisir d’une proie. Elles seront partout dans la rivière et dans toutes les couches d’eau. Nous pouvons maintenant pêcher tous les postes y compris ceux mouvementés, c’est à dire les courants où la truite trouvera le plus d’oxygène en cette période chaude. Ce changement de comportement doit bien sûr faire évoluer notre plombée. Il faut aller dans le sens des truites et donc donner une plus grande liberté à notre appât. Ceci se traduira sur notre plombée par un espacement important entre les plombs donc une plus grande fluidité de la ligne et une plus grande liberté de l’esche. Cette dernière donnera l’impression d’une plus grande vie, aura plus de mouvement ce qui aura la faculté de plaire à notre chère mouchetée. Nous construirons un modèle de plombée du type suivant : le premier plomb n°8 à 12 cm ou 15 cm de l’hameçon, le deuxième n°7 à 8 cm du premier, le troisième n°6 à 6 cm du deuxième, le quatrième n°5 à 4 cm du troisième et le cinquième n°4 à 2 cm du quatrième. Une ligne aussi légère prendra en compte la nature des appâts car une ligne légère doit pêcher avec les appâts du moment, particulièrement légers, puisque la truite s’intéressera maintenant aux insectes terrestres telles que la mouche naturelle ou la sauterelle. La truite ayant beaucoup de nourriture à cette époque, elle ne prendra que les aliments dont elle a besoin. Seule exception à cette saison est l’orage en montagne. En effet il fera monter les eaux brutalement et rendra les truites hystériques. Il faudra dans ces cas là pêcher plus lourd et avec des vers, réussite garantie !

Comme nous l’avons vu ensemble, le comportement de la truite va se modifier au fur et à mesure des changements climatiques, thermiques et physiques de la rivière. Cela ira bien sûr de paire avec une adaptation de la construction de notre plombée et de notre manière de pêcher puisque c’est cette évolution de comportement qui va dicter notre pêche. S’il fallait ne conserver qu’une règle dans tous ces propos, retenez que plus on avance dans la saison et plus la plombée sera souple (grâce à l’étalement des cendrées), plus nous pêcherons avec des appâts légers et plus notre dérive s’éloignera du fond pour gagner la surface. Avec tous ces éléments en main, la pêche au toc ne devrait plus sembler un casse tête au niveau de l’évolution de la plombée au cours de la saison.

 
 
 

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